BARDIN Libre, Irmond

Né le 18 novembre 1794 à Montargis (Loiret), mort le 20 décembre 1867 à Passy (Seine). Officier, professeur, homme politique républicain.

Fils d’un maître de poste chargé de famille, Bardin fit ses études comme boursier au lycée d’Orléans et entra en 1813 à l’École polytechnique. De là, il passa à l’École d’application d’artillerie et du génie de Metz. Démissionnaire de l’armée au début de la Seconde Restauration, il revint à Metz, ville par où transitaient les marchandises françaises vers la Prusse et les Pays-Bas, pour y faire du commerce. On songe au polytechnicien Enfantin partant pour la Russie comme placier en vins. Bardin ne réussit pas, se fixa à Metz en qualité de professeur de dessin et de fortifications à l’École d’application.
En 1823, il entreprit un enseignement de la géométrie pour les travailleurs manuels dans le cadre des « Cours libres industriels » qui venaient d’être créés. En 1825, il organisa la Société de prévoyance et de secours mutuel de Metz. Il se maria avec une Messine en 1830, adhéra à la Société patriotique et populaire d’Émile Bouchotte, qui réunissait les républicains et les hommes du parti du Mouvement. Il fut élu conseiller municipal de Metz en 1831, en qualité de porte-parole de toute l’opposition. Considéré par l’administration orléaniste comme un dangereux adversaire, aux tendances sociales inquiétantes, il fut d’abord envoyé en disgrâce à Strasbourg pour être ensuite contraint de renoncer sans retour et à son enseignement et à Metz.
Bardin s’établit à Paris. Il devint directeur des études à l’École centrale, alors absolument indépendante de l’État. Il s’efforça de favoriser Metz dans la construction des chemins de fer et agit en 1844 comme représentant accrédité du commerce et de l’industrie de la Moselle à l’Exposition de Paris. À la veille de la chute de Louis-Philippe, Bardin enseignait comme répétiteur à l’École polytechnique.
Élu représentant de la Moselle sur la liste républicaine démocratique qui passa en entier, il siégea à l’Assemblée constituante. Ses votes le situent parmi les républicains de la veille qui s’étaient assagis et que la « question sociale » inquiétait. Il accepta les poursuites contre Louis Blanc et approuva Cavaignac le 25 novembre 1848. Après l’élection de Louis-Napoléon à la présidence de la République, il se rapprocha des Montagnards et désapprouva l’expédition de Rome (16 avril 1849).
Les idées de Bardin en 1849 revenaient, selon ses dires, à « quelques formules réalisables », tirées « du chaos des idées sociales de notre époque ». Il voyait la réforme de la société « s’accomplir par les conquêtes de la raison, progressivement, expérimentalement... et non par la force, par un saut brusque qui effrayerait la France, compromettrait certainement l’avenir de la République et tromperait les prétentions légitimes des classes maltraitées par des injustices séculaires... ». (Profession de foi... Arch. Mun. Metz, 1 K 105).
Il était finalement le plus à gauche des sortants de la Constituante dont aucun ne fut réélu.
Battu aux élections à l’Assemblée législative, il réintégra l’École polytechnique, comme répétiteur, puis comme chef des travaux graphiques. De 1856 à 1860, il retrouva au Conservatoire des Arts et Métiers de Paris un public ouvrier qui lui rappela ses jeunes années à Metz.
Il fut connu à la fin de sa vie par son ouvrage monumental Topographie enseignée par des plans en relief et des dessins, paru en 1842, dont le manuscrit déposé à l’École nationale des Mines de Paris est encore consulté avec profit par les spécialistes de cette discipline. Il le fut aussi comme un des promoteurs français de l’alpinisme. Son passé politique, au cours duquel il avait côtoyé le socialisme, n’était pas évoqué. Il pouvait passer pour rallié à l’Empire qui le fit officier de la Légion d’honneur quand il prit sa retraite en 1860.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article25750, notice BARDIN Libre, Irmond , version mise en ligne le 20 février 2009, dernière modification le 16 novembre 2017.

SOURCES : Arch. Mun. Metz, 2 I 137, 1 K 105. — Profils critiques et biographiques des 900 représentants du Peuple, par un vétéran de la presse, Paris, Garnier frères, 3e éd. 1848. — A. Robert, E. Bourleton, G. Cougny, Dictionnaire des Parlementaires français, 1789-1889, Paris, Borl, 1891. — Henry Contamine, Metz et la Moselle de 1814 à 1870, Paris 1932, t. I, p. 267 et q. — Émile Bouchotte, « Notice sur L.-I. Bardin », Mémoires de l’Académie de Metz, 1867-1868, 1re partie, p. 161-186.

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