AVRIL Félix [AVRIL Gustave, Constant, Félix]

Né le 15 février 1810 à Nanterre (Seine), mort le 6 janvier 1874. Animateur des luttes étudiantes et de sociétés républicaines. Préfet en 1848.

En tant qu’étudiant en droit, il participa activement aux journées de Juillet, dont il avait reçu la médaille, et fut l’un des premiers étudiants à adhérer dès sa création à la Société des Amis du Peuple dont il fut secrétaire en 1832. Il fut d’ailleurs inquiété en 1831, avec Olivier Thomas, pour port de la croix. En septembre 1832, au procès de Louis Leboeuf, insurgé de juin, on apprit qu’à une époque où Félix Avril avait cru devoir s’éloigner de Paris, Avril père était venu déposer chez Louis Leboeuf des archives de la SAP de son fils, ces archives ne reflétant donc pas une activité politique de Leboeuf. Après l’arrestation de Blanqui*, Plocque* et Sambuc*, il signe des protestations dans La Après l’arrestation de Blanqui*, Plocque* et Sambuc*, il signe des protestations dans La Tribune des 24 janvier et 6 février et La Gazette des Écoles du 10 février 1831, avec divers étudiants, dont Bixio. Cité comme témoin au procès des Dix-Neuf des 8 au 15 avril 1831, Félix Avril, incarcéré à La Force du 15 juillet au 2 août suivant pour rébellion, cris séditieux, port illégal de décoration, faisait partie des étudiants les plus engagés et ne cessa d’avoir des difficultés avec la justice louis-philipparde. En avril 1832, il fut arrêté à l’occasion de la « révolte des chiffonniers », puis au procès des saint-simoniens du 28 août auquel il assistait. Il avait entre-temps participé à la préparation de l’émeute des 5 et 6 juin 1832. Condamné par défaut, avec Desjardins et Carpentier, le 8 décembre 1832 par la cour d’assises pour une publication de la SAP à 2 ans et 3 000 F d’amende, inculpé dans le procès des Dix-Neuf de la SAP (16 au 19 décembre 1832), pour s’être réunis le 7 mai et le 1er juin, 20 rue Saint-André-des-Arts chez Denuant. Condamné le 20 février 1833 par un arrêt de la cour d’assises de la Seine pour « injures envers un dépositaire de l’autorité judiciaire par des faits relatifs à ses fonctions » à 15 jours de prison effectués à Sainte-Pélagie du 20 mars au 3 avril 1833 à 15 jours de prison et 50 F d’amende suite à l’insertion d’un article dans le journal républicain La Tribune du 8 mai 1832. A nouveau le 23 février pour la publication d’une nouvelle brochure, De la Civilisation, avec Carpentier et Desjardins.
Très tôt membre de la Société des Droits de l’Homme, Avril animait le comité d’affiliation de la Société populaire de Paris (mai 1833), sa section parisienne. L’une de ses lettres d’affiliation, datée du 23 mai 1833, fut trouvée dans le dossier d’un inculpé des journées d’avril 1834 (voir le tailleur Touzard*). Membre du Comité central d’affiliations républicaines de la Société des Droits de l’Homme avec A. Guinard en 1833 (juillet, décembre), il était aussi en relation avec la Commission de la Loterie patriotique. Arrêté préventivement dès le 26 juillet 1833, il fut incarcéré pour complot le 28 à Sainte-Pélagie jusqu’au 28 septembre 1833, continuant à signer les circulaires du comité central d’affiliation républicaines de la SDH. Arrêté ou inculpé en avril 1834, il obtint un non-lieu. Il fut ensuite rédacteur au Journal du peuple avec Godefroy Cavaignac*, Michel Dupoty et Etienne Arago* (1837-1842). Parallèlement, Félix Avril menait diverses activités professionnelles, travaillant dans diverses entreprises, notamment à partir de 1843 aux chemins de fer de Paris à Rouen. Ami de l’avocat démocrate Frédéric Deschamps et de Buchet-Bellanger, lui-même délégué démocrate, il refusa de participer aux banquets réformistes organisés par l’opposition dynastique. Voir aussi Buchet-Bellanger* Il devint, le 8 mars 1848, sur décision de Ledru-Rollin, commissaire au gouvernement provisoire dans le Calvados, puis préfet, du 1er mai au 10 janvier 1849.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article25503, notice AVRIL Félix [AVRIL Gustave, Constant, Félix] , version mise en ligne le 20 février 2009, dernière modification le 2 octobre 2016.

SOURCES : Arch. Dép. Paris (Seine), Registres d’écrou DY4/7-1875, DY8/7 n° 766, DY8/7 n° 883 bis. — Arch. Dép. Calvados, série M. — Le Moniteur Universel, 7 avril 1833. — — La Gazette des Tribunaux, vendredi 19 août 1831, p. 986, col. 3 ; mercredi 5 septembre 1832, p. 2, 3 col. --- Louis Blanc, Histoire de Dix ans, Paris, 1877. — Gabriel Perreux, Au temps des sociétés secrètes., La propagande républicaine au début de la monarchie de Juillet, Paris, Hachette, 1931 — Cour des Pairs. Procès politiques, 1830-1835, Inventaire dressé par J. Charon-Bordas, Paris, Archives Nationales, 1983 (CC 554 d 5 et d 6, 611 d 1 369, 728 ; 615 d 2). — Id. 1835-1848, A. N., 1984. CC 786 (2e liasse). — Bargeton, Bougard, Leclerc, Pinard, Les préfets du 11 ventôse an VIII au 4 septembre 1870, Paris, Archives Nationales, 1981. — J.-Cl. Caron, La société des Amis du Peuple (1830-1833), mémoire de maîtrise, sous la direction de Louis Girard, Paris IV, 1978. — J.-C. Caron, La Jeunesse des Écoles, Paris 1815-1848, thèse de doctorat, Paris I, 1989. — J.-C. Caron, Génération romantisme, Les Étudiants de Paris et le Quartier latin, Paris, A. Colin, 1991. — Ph. Matthey, Les membres des sociétés secrètes républicaines parisiennes sous la monarchie de Juillet, mémoire de maîtrise sous la direction de Philippe Vigier, Paris X, 1986. — L.-A. Blanqui, Œuvres I. Des origines à la Révolution de 1848, textes présentés par D. Le Nuz, Nancy, Presses Universitaires, 1993. — Notes de M. Cordillot, J. Grandjonc, J. Risacher, J.-C. Vimont.

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