AUDRY de PUYRAVAULT [AUDRY Pierre, François, dit] (ou Puyraveau ou Puyravaud)

Par Jean Risacher, Ronen Shapira

Né le 27 septembre 1773 à Puyravault, (Charente-Inférieure, Cherente-Maritime), mort le 6 décembre 1852 à Maisons-Laffitte (Seine-et-Oise) ; propriétaire et entrepreneur ; républicain démocrate, membre de diverses sociétés secrètes et républicaines ; député de gauche.

Membre de la Charbonnerie et propriétaire dans son département, Audry de Puyravault fut élu député de Rochefort, le 28 janvier 1822 et le 17 novembre 1827. Opposant opiniâtre à la Restauration, il fut l’un des 221 députés qui votèrent l’adresse hostile au gouvernement Polignac et fut réélu les 23 juin et 3 juillet 1830. Il dirigeait une entreprise de roulage à Paris dans laquelle il avait entreposé des armes qu’il distribua dès le 28 juillet et qu’il ferma pour permettre à ses employés de descendre dans la rue. Dès le 27 juillet, étant parmi les cinq ou six députés les plus décidés, il participa aux réunions de députés qu’il tenta d’orienter vers une action immédiate. Il organisa une nouvelle réunion des députés de gauche, chez lui, le 28 en faisant venir des ouvriers et des étudiants pour faire pression sur ses collègues. Mais il ne put obtenir la formation d’un gouvernement provisoire demandée par Mauguin, et c’est la protestation proposée par Guizot qui prévalut. Désespéré par la pusillanimité des dits collègues, il fit afficher, la nuit, la nomination de Lafayette comme commandant en chef de la Garde nationale. Le 29, il fut le cinquième des six membres de la Commission municipale installée à l’Hôtel de Ville. Il en constituait la gauche avec Mauguin.
Il fut proche de la Société des Amis du Peuple. Demeurant à Paris, Audry de Puyravault fut réélu député de Rochefort le 5 juillet 1831 et le 20 septembre 1834, après avoir perdu son siège pendant trois mois. Il publia une brochure, Lettre de Monsieur Audry de Puyraveau et discours prononcé le 17 janvier 1832, à l’occasion du budget. Membre de l’Association pour la liberté de la Presse, de la Société des Droits de l’Homme, il participa en 1833 avec Godefroy Cavaignac, Guinard, Kersausie et Voyer d’Argenson à l’élaboration de son programme, d’après Paul Louis, véritable « mélange de jacobinisme et de préoccupations sociales », en signa le Nouveau règlement et la déclaration des principes en novembre 1833, et le défendit le 7 janvier 1834 devant la Chambre des députés, mais s’en éloigna peu à peu. En 1833 ou 1834, parurent à Paris, dans les publications du Populaire, journal d’Étienne Cabet, les Discours énergiques des citoyens d’Argenson et Audry de Puyraveau, en réponse aux attaques du ministère de Louis-Philippe. Avec l’accord des autres députés qui lui reprochaient sa fermeté, il fut condamné, en tant que défenseur libre, par la Chambre des pairs au procès des signataires de la défense des accusés d’avril 1834, le 4 juin 1835, à 1 mois de prison, qu’il effectua à Sainte-Pélagie du 19 septembre 1835 au 18 octobre, et 200 F d’amende. Non réélu de 1837 à 1848, il fut plus ou moins ruiné à cause de son action politique et dut se débattre contre la misère en « mettant ses biens en loterie ». Selon certaines sources, on aurait trouvé sa trace dans les environs de Lausanne (Conversationslexikon...) en 1841, sans que l’on connaisse les causes de sa présence à cet endroit. Il ne semble pas que ce soit pour fuir des poursuites judiciaires.
Le 23 avril 1848, toujours dans son département, il fut élu représentant du peuple à l’Assemblée constituante, dont il présida les premières séances en tant que doyen d’âge. Il vota presque toujours avec la gauche.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article25411, notice AUDRY de PUYRAVAULT [AUDRY Pierre, François, dit] (ou Puyraveau ou Puyravaud) par Jean Risacher, Ronen Shapira, version mise en ligne le 20 février 2009, dernière modification le 20 février 2009.

Par Jean Risacher, Ronen Shapira

SOURCES : Arch. Dép. Paris (Seine), Registre d’écrous, DY8/9-2106. — La Gazette des Tribunaux, 29 mai au 5 juin 1835. — Conversationslexikon der neuesten Literatur-, Völker- und Staatengeschichte, 2 vol., Otto Wigand, Leipzig, 1841. — Louis Blanc, Histoire de Dix ans, Paris, 1877. — Robert, Bourloton, Cougny, Dictionnaire des Parlementaires, Paris, 1891. — Cour des pairs. Procès politiques, 1830-1835, Inventaire dressé par J. Charon-Bordas, Paris, Archives Nationales, 1983. CC 614. — Cour des pairs. Procès politiques, 1835-1848, Inventaire dressé par J. Charon-Bordas, Paris, Archives Nationales, 1984. CC 681. — Paul Louis, Histoire du Socialisme en France, 5eédition, Paris, 1950, p. 108. — J. L. Bory, La Révolution de Juillet, Paris, Gallimard, 1972. — Les Révolutions du XIXe siècle. 1830-1834 (catalogue), Paris, EDHIS, s. d. — Ph. Matthey, Les Membres des sociétés secrètes républicaines parisiennes sous la monarchie de Juillet, mémoire de maîtrise sous la direction de Philippe Vigier, Paris X, 1986 — L.-A. Blanqui, Œuvres I. Des origines à la Révolution de 1848, textes présentés par D. Le Nuz, Nancy, Presses Universitaires, 1993. — Notes de Jacques Grandjonc et Rémi Skoutelsky.

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