AUDOUIN Jean, Pierre

Né le 24 décembre 1764 à Paris, mort le 11 mai 1808 à Bayonne (Basses-Pyrénnées) ; Fondateur du Journal Universel, jacobin, député à la Convention, puis au Conseil des Cinq-Cents, fonctionnaire sous l’Empire.

Bourgeois fortuné, Audouin fonda le 23 novembre 1789 un journal démocratique, le Journal universel, dont la clientèle populaire fut importante. Audouin s’intitulait « citoyen soldat du district des Carmes » ou « sapeur du bataillon des Carmes », ces formules en vogue dans les milieux patriotes étant chargées de sens politique. Son succès semble avoir inquiété Marat*.
Élu par la Seine-et-Oise à la Convention, Audouin siégea sur les bancs de la Montagne. Le 13 avril 1793, s’opposant à la mise en accusation de Marat, réclamée par la Gironde, il déclara que Marat avait bien mérité de la patrie.
Le Journal universel, subventionné en l’an II par le Comité de Salut public, demeura républicain après le 9 thermidor. Audouin y défendit la mémoire de Saint-Just*, tout en accablant Robespierre*. Le Journal universel, interrompu volontairement par Audouin en janvier 1795, repris en février, mourut le 2 juin (14 prairial an III), après la défaite des sans-culottes parisiens. Audouin, pendant les derniers mois de la Convention, prit la parole à la tribune contre les aristocrates et les accapareurs, sur un ton très ferme qui lui valut, comme au Journal universel, la haine durable des réacteurs.
Député de la Haute-Vienne au Conseil des Cinq-Cents jusqu’en 1798, Audouin entra alors dans l’administration, comme consul à Messine (été 1798). Fonctionnaire de la police en 1799, il joua un rôle notable pendant l’été dans la recherche des activités contre-révolutionnaires. Sans emploi de 1800 à 1802, il redevint vice-consul ou consul en 1802-1803 à Nauplie, en Grèce. De 1804 à 1808, il fut employé dans les Droits réunis (Contributions indirectes) à Bayonne, après avoir été destitué de son poste consulaire.
Il n’est pas douteux que Audouin était mal noté, comme jacobin resté fidèle aux idéaux de 1793. Par contre, dans le souvenir des républicains, il conservait un prestige suffisant pour qu’un imposteur se soit fait passer pour lui jusque vers 1840.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article25401, notice AUDOUIN Jean, Pierre , version mise en ligne le 20 février 2009, dernière modification le 20 février 2009.

SOURCES : Arch. Nat. : Traces de l’activité d’Audouin dans divers cartons de la série F 7. — Arch. des Affaires étrangères. Dossier Audouin. — Kuscinski, Dictionnaire des Conventionnels.

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