AUDIGANNE Armand

Né en 1814 à Ancenis (Loire-Inférieure), mort le 9 janvier 1875 à Paris. Juriste, économiste, fonctionnaire, auteur d’enquêtes importantes sur la classe ouvrière.

Audiganne commença sa vie active, après ses études de droit, comme journaliste ou comme rédacteur de brochures politiques d’un libéralisme très modéré. Ayant ainsi développé ses connaissances en économie politique, il entra au ministère de l’Industrie et du Commerce en 1840.
En 1848, républicain des plus pâles, en relations peut-être déjà avec les catholiques sociaux, il prit la direction de la Statistique industrielle. Cette position lui permit de se livrer à des enquêtes ouvrières, dans l’esprit de la fraction catholique sociale du parti de l’ordre, c’est-à-dire dans un esprit voisin de celui de Le Play.
Il publia ainsi une grosse monographie en 1850 : Les Ouvriers en famille ou Entretiens sur les devoirs et les droits du travailleur dans les diverses relations de sa vie laborieuse, plusieurs fois rééditée de 1852 à 1877. En 1854 parurent en deux volumes Les Populations ouvrières et les Industries de la France dans le Mouvement social du XIXesiècle, un recueil d’articles de la Revue des Deux-Mondes, dont l’intérêt descriptif demeure encore aujourd’hui, et qui fera l’objet d’une seconde édition en 1860.
Commissaire de l’Exposition universelle de Paris en 1855, Audiganne était aussi à ce moment un des membres en vue de la Société d’Économie Charitable d’Armand de Melun et des catholiques sociaux. Il continuait également ses publications : Les Ouvriers d’à présent et la nouvelle économie du travail est une forte brochure de 1865 ; il consacrait, en 1868, à Une société coopérative d’ouvriers dans les montagnes du Bugey, une courte monographie parue d’abord dans Le Correspondant, la revue des Jésuites.
En 1869, Audiganne démissionna de ses hautes fonctions administratives. Ce fut pour se présenter comme candidat de l’opposition libérale dans une des circonscriptions de la Loire. Il fut battu et ne se signala plus désormais que comme publiciste et comme catholique social, s’intéressant à la mutualité et à la coopération.
Son livre le plus utilisé par les historiens anticommunalistes, Mémoires d’un Ouvrier de Paris 1871-1872, Paris, Charpentier, 1873, in-18, atteste que pendant la Commune, il y avait des ouvriers parisiens qui n’éprouvaient aucun attrait pour les hommes de l’Hôtel de Ville et qui étaient uniquement soucieux de salaires, d’économies, voire de respectabilité bourgeoise. On croira sans peine Audiganne sur tout cela, d’autant plus que, comme les précédents, cet ouvrage est construit à partir d’une documentation étendue, mise au compte du contremaître d’ajustage Pierre Bruno.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article25395, notice AUDIGANNE Armand, version mise en ligne le 20 février 2009, dernière modification le 20 février 2009.

SOURCE : J.-B. Duroselle, Les débuts du Catholicisme social en France (1822-1870), Paris, 1951.

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