ANTONELLE Pierre, Antoine (marquis d’)

Né en 1747 à Arles (Bouches-du-Rhône), mort le 26 novembre 1817 à Arles, démocrate parisien et babouviste.

Officier dans l’armée royale jusqu’en 1782, le marquis d’Antonelle publia en 1788 ou au début de 1789 le Catéchisme du Tiers État, à l’usage de toutes les provinces de France, et spécialement de la Provence, brochure patriote qui joua son rôle au moins dans les élections provençales.

Maire d’Arles en 1790, Antonelle fut élu en 1791 par le département des Bouches-du-Rhône à l’Assemblée législative. Son élection était due à la position qu’il avait prise au printemps 1791 en faveur du retour d’Avignon et du Comtat Venaissin à la France, attitude dénoncée par les aristocrates de la Constituante le 2 mai 1791.

Commissaire de la Législative auprès de l’armée du Centre, le 10 août 1792, il rendit compte le 12 que la chute du trône avait été bien accueillie à Soissons, à Reims et tout le long de la route depuis Paris.

Assez connu des Parisiens comme patriote pour obtenir des voix aux élections municipales de l’automne 1792, Antonelle devint juré au Tribunal révolutionnaire. Il se déclara insuffisamment éclairé dans le procès des Girondins et s’était récusé lui-même dans le procès de la reine. Il fut arrêté sur ordre du Comité de Salut public, et à la demande particulière de Robespierre, s’il faut en croire Collot d’Herbois, à la Convention le 6 germinal an II. En tout cas, il fut libéré immédiatement après le 9 thermidor.

Ami de Félix Le Peletier, compromis comme lui dans le babouvisme (voir Gracchus Babeuf, il fut acquitté à Vendôme. Il n’avait pas cessé de collaborer au Journal des Hommes libres, principal organe des Jacobins de l’époque du Directoire.

Premier secrétaire général du Directoire, écarté très vite pour ses opinions démocratiques, il vint cependant en aide, à la veille du coup d’État du 18 fructidor an V (septembre 1797), à la majorité des Directeurs en affichant sur les murs de Paris un journal populaire, Le Démocrate constitutionnel, destiné à dresser les faubourgs contre les royalistes et contre la minorité du Directoire.

Élu au Conseil des Cinq-Cents en 1799, il fut invalidé pour irrégularité, en fait parce qu’il était Jacobin.

Expulsé de France au début du Consulat, Antonelle voyagea en Italie, puis rentra à Arles où il fut placé sous la surveillance de la police. Fouché ne se résolut pas à le faire arrêter en 1808, à propos de la première affaire Malet.

D’accord avec Félix Le Peletier pour faire des expériences « en vue du bonheur commun », Antonelle se sépara de son ami sur le plan politique en 1814-1815. Il se rallia à Louis XVIII dans sa brochure Le dernier rêve d’un vieillard, à la condition que la monarchie constitutionnelle assure aux Français définitivement les conquêtes essentielles de la Révolution, la liberté et l’égalité civiles, l’égale admission de tous aux emplois.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article25226, notice ANTONELLE Pierre, Antoine (marquis d'), version mise en ligne le 20 février 2009, dernière modification le 8 mai 2017.

SOURCES : Arch. PPo., A a/316. — Jean Dautry, « Les démocrates parisiens avant et après le coup d’État du 18 fructidor an V », dans Annales historiques de la Révolution française (1950), et « Saint-Simon et les anciens babouvistes de 1804 à 1809 », même revue (1960). —J. Balteau, M. Barroux, M. Prévost, R. d’Aman, T. de Morembert, Dictionnaire de Biographie française, Paris, Letouzey, 1933 sq.

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