AMAND Antoine, Joseph

Né le 3 décembre 1806 à Condé-sur-l’Escaut (Nord) ; Docker ; Combattant de février 1848 ; dirigea à Paris l’association des ouvriers des ports. Dans ce cadre il afficha des idées d’organistion du travail ; serait remonté sur les barricades à l’annonce du coup d’état du 2 décembre.

Antoine Amand vint habiter en 1839 à La Villette, près Paris, où il devint chef ouvrier débardeur. En février 1848, à la tête de 25 volontaires, il combattit sur les barricades, puis occupa le poste de la Rotonde, contribuant puissamment à ramener l’ordre à La Villette. Membre du club de cette localité, il fut bientôt délégué de sa corporation auprès de la Commission du Luxembourg. Le marchandage étant aboli, et les ouvriers du port échappant à l’exploitation des entrepreneurs de débarquement, ils se constituèrent en association sous sa direction. Amand obtint d’un commun accord entre négociants et ouvriers l’institution d’un tarif qui fut approuvé par arrêté préfectoral du 9 avril et en application duquel plusieurs procès-verbaux furent dressés contre des professionnels qui refusaient de s’y conformer. Aussi rencontra-t-il quelque hostilité lors des élections de la garde nationale et de l’Assemblée, auxquelles il prit une part active, se faisant le propagandiste des idées d’organisation du travail. Brigadier des Ateliers nationaux, ses critiques contre la façon dont le travail était exécuté provoquèrent sa révocation.
Signalé par un entrepreneur de transport comme étant venu en juin 1848 enlever chez lui des bouteilles d’acide nitrique pour provoquer des incendies, il fut arrêté, et, semble-t-il, confondu avec un autre personnage, Amant, commissionnaire de la barrière de la Courtille, remarqué sur la barricade de la rue Saint-Maur. Il fut en tout cas condamné à la transportation, dont il revint en janvier 1849.
En décembre 1851, Amand aurait figuré à la barricade du faubourg Saint-Martin ou à la barricade de la Chapelle et aurait proféré des menaces contre le chef de l’État. Arrêté en mars 1852, il fut à nouveau condamné à la transportation et à la détention en Algérie (Algérie plus). Sa condition sociale s’était, avant sa transportation, bien améliorée : il était devenu entrepreneur de débarquement, faisait le courtage des vins et la commission des bois. Voir Louis Blanc*.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article25078, notice AMAND Antoine, Joseph , version mise en ligne le 20 février 2009, dernière modification le 20 février 2009.

SOURCE : Arch. Min. Guerre, A 8558 et B 1931.

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