GABELLE Félicien

Par Claude Pennetier

Né le 9 avril 1879 à Gaillac (Tarn), mort le 14 janvier 1955 ; docteur en médecine et pharmacien ; membre du Parti socialiste SFIO jusqu’au milieu des années 1930, puis du Parti communiste, président des Amis de l’Union soviétique du Mans (Sarthe) ; maire adjoint du Mans.

Sa mère mourut très jeune et Félicien Gabelle fut élevé par une tante. Il fit sa scolarité au collège de Gaillac puis fit ses études à la Faculté de pharmacie puis de médecine de Toulouse (Haute-Garonne). Il fut d’abord médecin à Champigny-en-Beauce (Loir-et-Cher) en 1921, puis acheta une pharmacie au Mans pour pouvoir se consacrer à l’éducation de trois enfants. Non mobilisable pendant la Première Guerre mondiale, il fut médecin de campagne « sans se faire payer » selon la mémoire familiale.

Félicien Gabelle adhéra jeune au Parti radical-socialiste, puis au Parti socialiste, par admiration de Jean Jaurès qu’il avait vu à Carmaux. À son arrivé au Mans, il fut initié à la franc-maçonnerie et fut vénérable de la Loge du Grand Orient de France, tout en militant à la Ligue des droits de l’Homme et à la Libre-pensée.

Pendant plus de vingt ans, Félicien Gabelle siégea au conseil municipal du Mans. Il devint premier maire adjoint socialiste de cette ville en mai 1935. Il donnait des conférences très suivies à l’Université populaire. Comme président des Amis de l’Union soviétique (AUS) du Mans, il visita l’URSS en août 1936 et déclara à la radio de Moscou « son admiration en constatant l’œuvre immense accomplie par nos camarades en URSS » (R. Jarry, op. cit.. I, p. 89). Dans le journal communiste L’Unité ouvrière et paysanne de la Sarthe, le docteur Gabelle approuva la « juste condamnation des terroristes trotskistes, zinoviévistes ». Membre du Parti communiste en 1937, ses articles publiés dans L’Unité ouvrière et paysanne amalgamaient les trotskistes, les syndicalistes révolutionnaires et les fascistes.

Fin septembre 1939, il envoya une lettre ouverte à La Sarthe (reprise dans Mamers républicain du 29 septembre 1939) pour condamner le Pacte germano-soviétique et ses suites : « Aujourd’hui, placé devant la réalité brutale des faits, je suis obligé de reconnaître que l’URSS n’a pas tenu parole. Envahissant la Pologne, notre alliée, elle se range parmi nos ennemis. Je tiens à dire publiquement que je cesse d’appartenir aux AUS ».

Son fils André Gabelle fut un résistant communiste actif. Est-ce pour cette raison que Félicien Gabelle séjourna un temps en prison avant d’être libéré après l’arrestation de son fils ? Celui-ci fut déporté et mourut à Mauthausen.

Félicien Gabelle adhéra une nouvelle fois au Parti communiste à la fin de sa vie, pour remplacer son fils.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article24943, notice GABELLE Félicien par Claude Pennetier, version mise en ligne le 11 mars 2009, dernière modification le 11 mars 2009.

Par Claude Pennetier

SOURCES : L’Unité ouvrière et paysanne de la Sarthe, 1930-1937. — R. Jarry, Les Communistes au cœur de la lutte des travailleurs sarthois, 1970. — Renseignements recueillis par Annie Gagneux auprès dans la presse locale et auprès de la famille de Félicien Gabelle.

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