FOUCARD Roland, André, Charles

Par Michel Dreyfus, Claude Pennetier

Né le 21 juin 1921 à Combs-la-Ville (Seine-et-Marne), mort le 22 juillet 1991 à Créteil (Val-de-Marne) ; ouvrier du bâtiment ; syndicaliste CGT et militant communiste, créateur et secrétaire général de l’UD-CGT du Val-de-Marne (1966-1979) ; maire adjoint de Champigny-sur-Marne (Seine, Val-de-Marne), conseiller général de la Seine (1953-1967).

Roland Foucard vint à Champigny-sur-Marne à l’âge d’un an et y resta toute sa vie. Fils d’une ménagère et d’un employé des chemins de fer (sur l’acte de naissance) devenu manœuvre du bâtiment syndiqué depuis 1936, il obtint le certificat d’études primaires à douze ans et entra en apprentissage dans l’alimentation aux magasins Damoy. Mais il changea plusieurs fois d’entreprise : « Il y avait des choses qui le révulsaient très rapidement, c’était quelqu’un qui était extrêmement vif et bouillant et il y avait des choses qu’il ne supportait pas et immédiatement cela prenait allure de conflit et il partait, ou il se faisait jeter dehors ou il partait de lui-même. Il m’a raconté ça plusieurs fois, cela lui est arrivé quatre ou cinq fois qu’il soit parti des entreprises en disant : “ce que vous faites n’est pas juste”, sans avoir de notion ou d’appartenance syndicale à l’époque » (témoignage de Denise Foucard).

Ouvrier du bâtiment depuis l’âge de dix-sept ans, il fréquenta les Jeunesses communistes en 1938. Il reprit contact avec Ricci, son responsable local, en 1941, mais dira-t-il, plus par amitié et par hostilité à la collaboration que par conviction politique communiste, et sans engagement précis. Réquisitionné par l’organisation Todt, il refusa de partir à Cherbourg mais travailla pendant six mois avec son entreprise à Soissons pour la construction de fortifications sous le contrôle des Allemands. Son hostilité à l’occupant le conduisit à partir un temps en zone sud, à Issoudun (Indre), pour échapper aux réquisitions. Revenu à Champigny, il prit contact début 1944 avec un camarade d’école qui appartenait à Libé-Nord. Il participa à des distributions de tracts, à des crevaisons de pneus avant d’entrer dans les FFI et de participer à la libération de Champigny. Il adhéra à la CGT en septembre 1944 (syndicat du ciment-maçonnerie), puis un mois plus tard au Parti communiste.

Élu en 1945 délégué syndical chez Caroni, une entreprise du bâtiment de cette commune, il devint en 1947 secrétaire de l’Union locale de Champigny, et fut à ce titre animateur des grèves de 1947 dans sa ville, « permanent propagandiste du bâtiment » à partir de février 1948, puis secrétaire général du syndicat des cimentiers maçons de la région parisienne en 1949, où il milita aux côtés de Jean Martre* et d’André Tanty*. Il devint secrétaire de la Fédération CGT du Bâtiment en novembre 1950 puis en 1952-1953.

Roland Foucard siégeait au bureau de l’Union des syndicats CGT de la Seine, mais, en 1953, les réserves des militants qui s’inquiétaient du temps que lui prenaient ses fonctions de conseiller général et de maire adjoint, contribuèrent peut-être à la réorientation de son action vers la politique pendant une douzaine d’années.

Après avoir suivi les écoles centrales communistes d’un mois (école centrale syndicale en 1951) et de quatre mois (mars-juin 1954), puis avoir été directeur adjoint d’une école d’un mois en 1956, il mena une activité politique importante jusqu’en 1966. En mars 1953, il fut élu au comité fédéral communiste de la Seine et entra peu après au bureau de la fédération Seine-Sud nouvellement créée. Dans les mois suivants, il fit preuve « d’une grande activité » et « d’une grande fermeté », selon les dirigeants fédéraux. Alors qu’il séjournait à l’école centrale depuis quatre mois, en mai 1954, il fut donc proposé comme membre du secrétariat fédéral, en remplacement de Gérard Lapaix*. Il y siégea jusqu’en 1964, chargé notamment de l’organisation puis des élus, avant de revenir au bureau fédéral de Seine-Sud puis du Val-de-Marne.

Aux côtés de Fernand Dupuy et de Louis Dolly puis de Georges Marchais*, Roland Foucard contribua au développement de la fédération, tout en exerçant des mandats électifs comme conseiller municipal de Champigny à partir du 26 septembre 1949 puis fut désigné 3e adjoint le 9 août 1950. Il fut réélu conseiller le 26 avril 1953 et nommé premier adjoint et conserva son siège jusqu’en 1965. À cette date, il renonça à se présenter sur la liste dirigée par Louis Talamoni. Il fut conseiller général de la Seine (39e secteur, Champigny, Bry-sur-Marne) de 1953 à 1967. Le Parti communiste le présenta aux élections législatives dans la 43e circonscription de la Seine (Alfortville) en 1962 (il se désista au second tour pour le maire PSU, Raoul Bleuse) puis en 1967 dans la 4e circonscription du Val-de-Marne. Cet « homme de masse » et « d’action », « modeste », « combatif », « franc », accrocheur, volontaire, bon vivant, ayant une « tendance au practicisme » (évaluation de ses diverses participations aux écoles), se situait dans la lignée des importants dirigeants communistes issus du bâtiment : Eugène Hénaff* et René Arrachard. Une délégation en Hongrie, en 1952, l’avait conduit à militer à l’association France-Hongrie, sans négliger France-URSS. Il était d’autre part membre de l’Amicale des élus républicains.

En 1966, la décentralisation de la région parisienne et la création des nouveaux départements de la couronne conduisirent à une réorganisation de la CGT et marquèrent son retour aux responsabilités syndicales. Avec Jean Dréan, Roland Foucard participa alors à la fondation de l’Union syndicale de la Région parisienne, devenue ultérieurement Union régionale d’Île-de-France. C’est lui qui mit en place l’Union départementale CGT du Val-de-Marne et qui en devint le premier secrétaire lors du premier congrès (novembre 1966). Il assuma cette responsabilité jusqu’en 1979, laissant alors le secrétariat à un jeune cadre d’Air France, Jean-Pierre Page. La même année, à cinquante-huit ans, il demanda à quitter le bureau fédéral du Val-de-Marne.

Roland Foucard poursuivit ensuite son militantisme à Tourisme et travail (secrétaire général pour la Seine-Saint-Denis) puis à Échanges vacances amitiés. En novembre 1987, il fut le premier président du centre CGT d’histoire sociale du Val-de-Marne (qui devint en 1992 Institut CGT d’histoire sociale), créé avec l’appui de madame Claire Berche, directrice des Archives départementale. Il s’impliqua activement dans la vie de cet organisme, notamment sous la forme d’un ouvrage, Ceux du Val-de-Marne qui parut en octobre 1991.

Roland Foucard avait épousé en 1944 Georgette Debruyne et le couple eut trois enfants ; il se remaria en 1962 avec Denise Séguy-Aubert (voir Denise Foucard), née en 1923, sœur de Georges Séguy, conseillère municipale communiste de Champigny, et ils eurent un fils. Il mourut le 22 juillet 1991 suite à une opération du cœur et fut enterré le 25 juillet au cimetière de Champigny.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article24886, notice FOUCARD Roland, André, Charles par Michel Dreyfus, Claude Pennetier, version mise en ligne le 7 mars 2009, dernière modification le 27 octobre 2009.

Par Michel Dreyfus, Claude Pennetier

SOURCES : Arch. du comité national du PCF. — Arch. Dép. Val-de-Marne, 1 Mi 2426 ; 3M 73-77 (listes électorales). — Allocution à ses obsèques de Georges Letellier, secrétaire de l’UD du Val-de-Marne et de Nicolas Marchand, premier secrétaire de la fédération du PCF du Val-de-Marne, Centre confédéral d’archives de la CGT. — Interview de Denise Foucard par Karine Bertrand-Massouf, 2001. — L’Humanité, 23-24 juillet 1991. — Bulletin officiel de la Ville de Paris, 10 septembre 1991, n° 71. — Philippe Nivet, Les Assemblées parisiennes de 1935 à 1953, IHTP, 1995. — Notes de Paul Boulland et d’Emmanuel Hagen.

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