Né le 2 avril 1899 à Loches (Indre-et-Loire) ; mort le 28 octobre 1987 à Saint-Maurice (Val-de-Marne) ; correcteur ; syndicaliste et militant anarchiste ; volontaire en Espagne républicaine.

Fils Narcisse Fortin, employé de commerce, et de Angèle Girard, Fernand Fortin fut admis au syndicat des correcteurs en juin 1928, et fit partie du comité syndical en 1941. Il anima La Revue anarchiste, tribune de libre discussion qui parut de décembre 1929 à 1936 et compta vingt numéros. Il eut, au titre de gérant de cette publication, à subir plusieurs condamnations : le 5 juillet 1935, six mois de prison et 200 F d’amende infligés par la 14e Chambre correctionnelle ; deux mois de prison et 200 F d’amende suivis d’une nouvelle condamnation à deux ans de prison et 1 000 F d’amende (d’après La Voix libertaire, 6 juin 1936) ; le 20 juillet 1936, pour avoir reproduit dans La Revue anarchiste des fragments du Manuel du Soldat d’Yvetot, il se vit infliger trois mois de prison et 100 F d’amende ; il s’agissait d’une opposition à un premier jugement, qui valut à Ferdinand Fortin une aggravation de peine (d’après Le Libertaire du 24 juillet 1936). Il intervint le 10 août 1935 au cours de la Conférence nationale contre la guerre, suite à la déclaration Staline-Laval et qui se tint à Saint-Denis (voir Louzon*).
Pendant la guerre civile espagnole, Ferdinand Fortin aurait combattu aux côtés des républicains. De retour en France, il fut secrétaire d’une Fédération de locataires.
La Voix libertaire, dans son numéro du 21 novembre 1936, signala la mort, survenue le 17 octobre, de Georgette, infirmière, « ancienne compagne de Fortin et vendeuse habituelle de la Revue anarchiste ». Très jeune, elle avait fréquenté les milieux libertaires où elle était alors connue sous le nom de Mimosa. Pendant la guerre d’Espagne, elle fit partie du groupe international de la colonne Durruti et fut fusillée par les franquistes à Perdiguerras, après une lutte au cours de laquelle périrent Berthoumieu, Boudoux et quelques autres.
Ferdinand Fortin s’était marié le 19 juillet 1930 à Gennevilliers (Seine, Hauts-de-Seine) avec Léa Feldmann, dont il divorça en 1935, et le 27 décembre 1951 à Paris (XXe arr.) avec Aurore Prats.

SOURCES : Journaux cités. — Y. Blondeau, Le Syndicat des correcteurs, op. cit. — État civil.

Jean Maitron

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