SOURDEAU Henri, Camille

Par Jean-Pierre Besse

Né le 27 février 1911 à Vincennes (Seine, Val-de-Marne), mort en déportation à une date inconnue à Flossembourg ; tourneur sur métaux ; militant communiste de Montreuil (Seine, Seine-Saint-Denis).

Membre du Parti communiste depuis 1936, Henri Sourdeau était domicilié 2 rue de la terrasse à Montreuil. Il avait épousé en mars 1933, Gilberte Thiébaut, née en décembre 1911, émailleuse. Le couple eut cinq enfants. Lors de son arrestation, il travaillait aux établissements Dubois à Paris.
Il fut arrêté le 16 février 1940 et inculpé pour « infraction au décret de dissolution des organisations communistes » et « détention en vue de leur distribution de tracts et d’écrits tendant à propager les mots d’ordre de la IIIe Internationale ». Lors de son interrogatoire, il déclara que « Au cours d’une réunion qui a eu lieu à la mairie avant la dissolution, il a été décidé qu’en cas de dissolution, ce que nous avions prévu, certains membres recevraient malgré tout des tracts à charge à eux de les distribuer ».

Toujours selon lui, il reçut au milieu de décembre 1939, cent tracts, autant à la fin du mois puis deux paquets en janvier. Ces tracts lui étaient remis par une personne inconnue. Une perquisition à son domicile permit de découvrir 29 exemplaires de l’Humanité, n° 15, 28 exemplaires du n°17 du 31 décembre 1939, 37 tracts intitulés « Les domestiques de de Wendel aux ordres des traîtres » et 43 exemplaires de La voix des travailleurs. Il aurait reçu ces derniers le 13 février.

Détenu à la Santé à partir du 16 février 1940, il fut condamné, le 25 avril 1940, par le premier tribunal militaire de Paris à cinq ans de prison, cent francs d’amende et cinq ans de privation de ses droits civiques.
Il fut déporté le 22 mars 1944 vers Mauthausen puis transféré à Flossembourg où il mourut à une date inconnue.

Dans son dossier figure un témoignage de Pierre Longhi dans lequel ce dernier déclarait qu’il était intervenu plusieurs fois auprès de Sourdeau pour le dissuader de distribuer les tracts. Devant le refus de Sourdeau, Longhi aurait essayé, en vain, de connaître la personne qui lui remettait les tracts.

Son fils Claude fut une des signataires de la lettre, au président Coty contre la présence du général Speidel à la tête des troupes de l’OTAN. Arrêté le 18 janvier 1958, il passa quatre mois à la prison de Fresnes avant d’être libéré et faire son service militaire à Fort Gouraud en Mauritanie.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article24775, notice SOURDEAU Henri, Camille par Jean-Pierre Besse, version mise en ligne le 1er mars 2009, dernière modification le 31 octobre 2016.

Par Jean-Pierre Besse

SOURCES : Archives de la justice militaire au Blanc. — La Fondation pour la mémoire de la déportation, Le livre Mémorial…op.cit.. — Châteaubriant, 30 septembre 2016.

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