LONGHI Jean [LONGHI Hyacinthe, Jean]. Dans la Résistance : GRANDJEAN

Par Jean-Pierre Besse, Claude Pennetier

Né le 9 août 1911 à Corte (Corse), mort au début de 2006 ; dessinateur d’études puis ingénieur ; militant communiste de Montreuil, en Espagne puis résistant FTP dans l’Yonne et la Nièvre.

Jean, Hyacinthe Longhi, frère de Pierre Longhi, quitta la Corse avec des parents pour la banlieue Est de Paris. Sa mère venait de mourir et son père était mobilisé pour la Première Guerre mondiale. Ses oncles moururent au front. Un voyage organisé par la municipalité de Vincennes lui fit découvrir le Morvan à l’été 1918.

Son père, Antoine Longhi, fut mécanicien-ajusteur à la Cartoucherie de Vincennes ; veuf, ou chômage, il vivait avec Pierrette Doucet, pensionnée par l’État, son mari ayant été tué dans un accident du travail (explosion d’une caisse d’amorces) à la Cartoucherie. Jean Longhi obtint le certificat d’études primaires avec la mention très bien, fit une année de cours supérieur, puis entra à l’École primaire supérieure Arago, place de la Nation à Paris. Il y resta de 1925 à 1930 pour préparer l’École nationale d’Arts et métiers de Paris. Admissible, il fut recalé à l’oral, puis, sans revenu, abandonna les études. Son frère aîné, militant des Jeunesses communistes eut une influence politique sur lui à partir de 1928 et semble avoir orienté ses lectures vers le marxisme. En mai 1937, il disait avoir lu « des extraits du Capital, les Luttes de Classes en France, Le Manifeste communiste de Marx, Socialisme utopique et socialismes scientifique d’Engels, La Commune, l’État et la Révolution de Lénine ». Il pratiquait le théâtre.

Dessinateur industriel chez Geneste-Herscher à Paris en 1930, il entra par concours à la Cartoucherie de Vincennes puis au bureau des fours et appareils Stein à Aubervilliers.Il fit son service militaire à Toul d’octobre 1932 à octobre 1933 et sortit maréchal des logis radio-électricien de réserve dans l’Artillerie. Il reprit son travail aux établisssements Lauzanne-Hamerel à Vincennes d’octobre 1933 à décembre 1934. Après une période chômage, il trouva, en février 1935, du travail comme dessinateur aux « Bennes Pillot » de Colombes. Tout en conservant sa domiciliation à Montreuil, 62 rue de Romainville, il logea à l’hôtel à Colombes, 6 rue de Verdun.

Le Parti communiste reçut son adhésion en avril 1936 dans le contexte des élections législatives : « Sympathisant, il m’a paru nécessaire d’entrer au Parti pour parfaire mon éducation politique et augmenter l’efficacité de mon action de défense de la classe ouvrière ». Membre de la cellule d’entreprise Pillot et de la section de Colombes, il participa activement aux grèves de juin 1936 comme représentant des techniciens au comité de grève, puis fit un travail d’éducation des nouveaux adhérents. Il entra au comité de section et fut délégué à la conférence régionale. Le Parti communiste lui fit suivre une école de cadres.

Militant du syndicat des techniciens et employés de la Métallurgie, secrétaire du groupe interyndical de Colombes, il était délégué du personnel. Son militantisme s’orienta également vers Radio-liberté. En 1937, la municipalité communiste de Colombes le recruta comme secrétaire de l’Office public d’HBM.

À la demande de Jean Jérôme, Jean Longhi participa à l’implantation d’une usine d’armes (pistolet mitrailleur de type Beretta), à Albérique près de Valence (Espagne). J. Jérôme avait simultanément approché Paul Esnault pour lui faire la même proposition. C’est Jean Longhi qui fut choisi.

Jean Longhi parvint à s’échapper lors de l’avance des Franquistes sur Valence en se réfugiant dans les locaux du consulat de France de cette ville, puis fut rapatrié sur un bateau de guerre français en février 1939.

Il participa à la fin de 1940 à la constitution des premiers groupes de l’OS puis à la mise en place du Front national en 1941. Il quitta Paris en octobre 1941, avec son ami Paul Bernard, pour le Morvan. Bûcheron, il était en contact avec la résistance communiste parisienne mais aussi la résistance non communiste locale sous le pseudo de Lionel. Il réceptionna, le 22 novembre 1942, le premier parachutage allié dans la forêt-au-Duc (Yonne). Il gagna alors la Nièvre et au printemps 1943 avec Paul Bernard (Camille) y constitua l’un des premiers maquis.

Devenu « Grandjean », il fut nommé en novembre 1943 par le service national maquis responsable des maquis FFI de la Nièvre et coopéra avec les maquis FTP de Roland Champenier. À la Libération il avait le grade de commandant.

Démobilisé en mai 1945, il reprit son métier d’ingénieur à Fourchambault et épousa son agent de liaison au maquis, Yvonne Bonin. Il travailla par la suite en Afrique du Nord et devint en 1964, professeur à l’École nationale de construction aéronautique de Toulouse.

Son frère, Pierre Longhi, conseiller général communiste de Montreuil-sous-Bois, résistant était mort en déportation mais ne bénéficiait pas de la reconnaissance du PCF en raison de son opposition à la politique communiste en 1940. On ignore si cette situation contribua à son éloignement des responsabilités politiques.

Après la retraite, en 1978, il se retira dans la Nièvre à Saint-Martin-du-Puy. Il milita dans les amicales de résistants et à l’Association de recherche sur l’Occupation et la Résistance dans le Morvan (ARORM).
Il était commandeur de la Légion d’honneur.

Le journal de la Résistance, France d’abord annonça son décès dans son numéro de mars-avril 2006.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article24772, notice LONGHI Jean [LONGHI Hyacinthe, Jean]. Dans la Résistance : GRANDJEAN par Jean-Pierre Besse, Claude Pennetier, version mise en ligne le 1er mars 2009, dernière modification le 23 août 2016.

Par Jean-Pierre Besse, Claude Pennetier

SOURCE : RGASPI, 495 270 4257, autobiographie, Colombes, 12 mai 1937, classé A, "très bonne biographie". — Jean Jérôme, La part des hommes, op. cit.. — Témoignage de Paul Esnault. — AERI et ARORY, La Résistance dans l’Yonne, CD-ROM, 2004, fiche rédigée par Joël Drogland.— Dictionnaire historique de la Résistance, Bouquins, 2006, article Longhi Jean, par Jean Vigreux, p. 467-468. — Le journal de la Résistance, France d’abord, mars-avril 2006. — Des Morvandiaux de l’ombre à la lumière, Mérignac, 2011.

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