FOURRIER Jacques, André

Par Jacques Girault

Né le 12 mars 1923 à Montélimar (Drôme), mort le 25 février 2004 à La Tronche (Isère) ; professeur ; militant communiste de l’Isère ; maire de Vizille (Isère), conseiller général.

Fils d’un cheminot, Jacques Fourrier, après une scolarité à Montélimar, entra à l’École normale d’instituteurs de Valence (Drôme). Instituteur dans des villages près de Montélimar, il obtint un détachement pour préparer des concours au lycée de Reims (Marne) et entra à l’École normale nationale d’apprentissage de Lyon. Il fut nommé professeur au collège d’enseignement technique (français, histoire, géographie) de Vizille en 1951 et pratiquait des méthodes pédagogiques actives. Il termina sa carrière au lycée Guynemer à Grenoble en 1983.

Jacques Fourrier avait été envoyé aux Chantiers de Jeunesse dans la Drôme en 1943 et ne partit pas en Allemagne pour le Service du travail obligatoire. Il constitua par la suite des dossiers sur la Résistance dans le Vercors à laquelle il avait dû participer.

Militant du Parti communiste français, Jacques Fourrier trouva à Vizille une bonne réceptivité. Élu maire de Vizille en 1953, il fut réélu en 1959. Avec son équipe, parfois autoritaire, il fut « le moteur d’une transformation et d’une modernisation, sans précédent dans cette ville » (construction de logements sociaux, d’écoles, d’une cantine, gratuité des fournitures scolaires, travaux d’urbanisation, d’hygiène, embellissement, amélioration de la desserte électrique et de l’éclairage public, aides sociales diverses, subventions aux associations locales, aux pompiers, acquisition de réserves foncières etc., avec une modification des charges fiscales communales). Son refus de participer à toute cérémonie officielle lors de la visite du général de Gaulle, président de la République, qui passa une nuit, les 6-7 octobre 1960, au château des Lesdiguières, résidence des Présidents de la République, défraya la chronique.

Élu au Conseil général de l’Isère en 1961, Jacques Fourrier fut battu au renouvellement en 1964.

À la suite du transfert de l’école nationale professionnelle de Vizille, où son épouse enseignait, à Grenoble en 1961, Jacques Fourrier habitait Grenoble. Il annonça sa démission, pour des raisons personnelles, de son mandat de maire à la fin de 1963. La fédération du Parti communiste français lui demanda d’attendre les élections et de donner sa démission après celles-ci. En mai 1964, après sa défaite aux élections cantonales, il demandait à la fédération d’être « relevé de mon mandat de maire avant les prochaines grandes vacances ». La réaction de la section communiste de Vizille, parlant des « ravages » que sa candidature avait provoqués, après sa défaite aux élections cantonales, dut être une des raisons supplémentaires pour précipiter sa décision.
Par la suite, Jacques Fourrier fut candidat aux élections municipales de Grenoble sur la liste « démocratique et laïque » présentée par le PCF, le 14 mars 1965 qui, arrivée en quatrième position, avec 6 583 voix, se retira « pour battre l’UNR » alors que seule la liste d’« Union socialiste et d’action municipale », dirigée notamment par Hubert Dubedout, s’opposait à la municipalité sortante.

Jacques Fourrier s’était marié en septembre 1955 à Vizille avec une professeure de sciences physiques. Il mourut à l’hôpital de La Tronche.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article24708, notice FOURRIER Jacques, André par Jacques Girault, version mise en ligne le 24 février 2009, dernière modification le 1er juillet 2009.

Par Jacques Girault

SOURCES : Arch. Mun. Grenoble. — Arch. comité national du PCF. — Presse locale et nationale. — Renseignements fournis par l’épouse de l’intéressé et par Gérard Mingat.

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