HAMON René, Louis, Joseph

Par Claude Pennetier, Nathalie Viet-Depaule

Né le 28 septembre 1910 à Paris (XIVe arr.), tué le 22 septembre 1938 dans le secteur de Corbera sur le front de l’Èbre (Espagne) ; employé de bureau ; dirigeant communiste de Villejuif (Seine, Val-de-Marne).

René Hamon
René Hamon

René Hamon naquit à la maternité de Port-Royal alors que ses parents demeuraient à Villejuif. Fils d’un menuisier et d’une ménagère, il fut adopté par la Nation en vertu d’un jugement rendu le 22 juin 1921.
Habitant depuis toujours Villejuif, jeune militant actif, il participa au renforcement du Parti communiste dans la commune qui avait été conquise en 1925 par le Bloc ouvrier et paysan et s’était donnée, à partir de 1929, Paul Vaillant-Couturier pour maire. Ainsi, dès 1927, il constitua un groupe de Jeunesses communistes et s’occupa de la troupe théâtrale « L’Églantine » qui adhéra à la Fédération du théâtre ouvrier de France en 1931. À son retour du service militaire, le maire fit de lui son secrétaire personnel et lui confia de nombreuses responsabilités. Il dirigea le patronage laïc, la caisse des Écoles, les colonies de vacances, les Jeunesses communistes et le sous-rayon communiste. En novembre 1932, il devint le secrétaire de rédaction de Front Rouge (hebdomadaire populaire d’informations locales édité par le PCF) où il signait « Titi ». De 1935 à 1937, il assura le secrétariat du rayon puis de la section communiste.

À la mort de Paul Vaillant-Couturier, survenue en 1937, René Hamon semblait destiné à jouer un rôle important dans la municipalité. Il fut élu conseiller municipal à l’occasion des élections complémentaires du 7 novembre 1937 mais la direction du PCF le désigna immédiatement pour encadrer les volontaires français en Espagne. Il partit à la fin du mois de janvier 1938. Commissaire de la 14e brigade mixte « La Marseillaise » et, en juillet suivant, chef du 4e bataillon Henri Barbusse, il trouva la mort dans une contre-attaque sur le front de l’Èbre.

Dans les archives de brigades figure une lettre du 20 septembre 1938, d’André Marty, sur René Hamon, envoyé en Espagne parce que le nouveau député, Raymond Guyot a pris un autre secrétaire ; Marty en fait l’observation à Emile Decaux, ancien secrétaire de la Région Paris Sud, le 1er septembre 1938. « À mon avis, cette façon d’expédier Hamon en Espagne fut la cause de son attitude passive au sein du bataillon de renfort de la 14e Brigade qui provoqua le scandale de Tremblecque, le 9 février 1938 ». (880/18. BDIC, communiqué par Daniel Grason).

Son corps fut exposé à la mairie de Villejuif le 8 octobre 1938.
Sa femme, Paulette Lafféré, vendeuse, qu’il avait épousée dans la commune le 16 mai 1936, reprit le flambeau politique et fut élue conseillère municipale communiste le 29 avril 1945. Réélue en 1947, 1953 et 1959, elle accepta les fonctions d’adjointe.

Une rue de Villejuif porte aujourd’hui le nom de René Hamon.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article24672, notice HAMON René, Louis, Joseph par Claude Pennetier, Nathalie Viet-Depaule, version mise en ligne le 22 février 2009, dernière modification le 1er mars 2010.

Par Claude Pennetier, Nathalie Viet-Depaule

René Hamon
René Hamon

SOURCES : Arch. Dép. Seine, DM3 ; versement 10451/76/1 ; listes électorales et nominatives. — Arch. Com. de Villejuif. — Arch. André Marty, T.V. — S. Roujeau, L’implantation du Parti communiste français à Villejuif pendant l’entre-deux-guerres, Mémoire de Maîtrise, Paris I, 1973. — Paloma Fernandez, Le retour et l’action des anciens volontaires français des brigades internationales en région parisienne de 1937 à 1945, Mémoire de Maîtrise, Paris I, 1983-1984. — Renseignements recueillis par Michèle Rault. — État civil de Paris (XIVe arr.) et de Villejuif.

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