ESCURE Karl, dit aussi Charles ESCURE

Par Claude Pennetier

Né le 11 avril 1913 à Lyon IIIe arr. (Rhône), mort le 6 mars 1996 à Fleury-Mérogis (Essonne) ; dirigeant des Jeunesses communistes ; volontaire en Espagne républicaine ; journaliste communiste.

Fils d’un mécanicien aux chemins de fer (Victor Escure*, dirigeant communiste d’Oullins) et d’une couturière, Karl Escure devait son prénom à Karl Marx, mais il signa parfois Charles pour éviter cette référence. Il était le frère de Violette Escure qui épousa Julien Airoldi*, celui-ci était par ailleurs son cousin germain. Il suivit une scolarité jusqu’à dix-sept ans aux cours complémentaire puis à l’École professionnelle de Vienne (Isère) et obtint un CAP d’ajusteur ainsi qu’un certificat d’études pratiques industrielles ; "Je fus sans interruption premier à tous les classements dans les différents cours que je suivis", écrit-il en 1939. Il aurait voulu entrer aux Écoles nationales des arts-et-métiers. Son entrée au travail coïncida avec la crise économique, il fut embauché six mois comme monteur de TSF à Lyon, puis comme ajusteur monteur chez Berliet et comme manœuvre dans les usines électro-chimiques à Pierre-Bénite.

Entré au Parti communiste en 1930 à Ternay (Isère), élève à l’école central du PC, à Ivry-sur-Seine, en 1933, il fut affecté à la JC en 1934 à Oullins (Rhône) et devint permanent puis journaliste à l’Avant-Garde à Paris. Il avait fait entre temps un an de service militaire à Colmar. Son père l’avait orienté vers une lecture intense des ouvrages d’éducation politique dans la "belle bibliothèque" familiale.

Il fut volontaire en Espagne républicaine de novembre 1936 à novembre 1937 et commissaire politique au bataillon franco-belge de la 15e Brigade internationale. Il participa à la bataille de Brunete en juillet 1937. Il resta quelque temps en Espagne comme correspondant permanent de l’Avant-Garde. Il fut membre du bureau des Jeunesses communistes après le Xe congrès de l’organisation en septembre 1938. Il fut réélu dans la direction à l’issue du congrès d’Issy-les-Moulineaux en avril 1939.

Le 25 décembre 1938, il se maria à Paris (XIIe arr.) avec Paulette Feuillebois, dactylo à l’Union des syndicats de la région parisienne, membre de bureau régional de l’Union de jeunes filles de France et vécut chez ses beaux-parents.

En 1940, il fut fait prisonnier. Entre le 15 novembre et la fin du mois de janvier 1945, une centaine de prisonniers français sont arrêtés par les Allemands pour avoir tenté d’organiser un groupe de résistance et de sabotage. Karl Escure était parmi eux, il fut transféré au camp de concentration de Gross-Rosen et libéré du camp de Thekla le 18 avril 1945.

Karl Escure fut rédacteur en chef du journal Alger républicain, de juillet 1947 à février 1951. Pour l’information internationale, Alger républicain était déjà lié à l’Union française d’information (UFI) sous obédience communiste, mais un seul communiste, Karl Escure qui avait pris la suite de Michel Rouzé, participait à la direction du journal qui était né en 1938 de l’entente du Front populaire. Henry Alleg* lui succéda. Escure revint en France, travailler dans la presse communiste, en particulier à l’Humanité.

Karl Escure était membre de l’AVER en 1963, il habitait alors Aubervilliers (Seine).

Il s’était remarié le 14 février 1949 à Alger avec Solange Langenin. Il publia en 1978 un témoignage sur sa déportation sous le titre Hirschberg, des PG se souviennent aux éditions Peuples amis.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article24637, notice ESCURE Karl, dit aussi Charles ESCURE par Claude Pennetier, version mise en ligne le 19 février 2009, dernière modification le 11 février 2018.

Par Claude Pennetier

SOURCES : RGASPI, 495 270 1434, autobiographie du 14 avril 1939. — Arch. AVER — Arch. comité national du PCF. — Arch. PPo, activités communistes pendant l’Occupation, carton 6— La Fondation pour la Mémoire de la Déportation, Le Livre mémorial...op cit— J. Varin, Jeunes comme JC, op. cit. — État civil de Lyon, 25 janvier 1984 : pas de mention de décès. — Boualem Kalfa, La Grande aventure d’Alger républicain, Messidor, 1987, p. 49. — Notes de René Gallissot et Jean-Pierre Besse. — Gallissot, DBMOA , op. cit. — Etat civil de Lyon IIIe arr. (extrait d’acte de naissance).

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