DOMBROWSKI Jaroslaw

Né le 13 avril 1836 (ou le 12 novembre) à Zytomierz (Jitomir), en Volhynie (région polonaise alors rattachée à la Russie) ; aîné de trois frères Dombrowski ; général de la Commune de Paris ; membre de l’Internationale ; blessé mortellement le 23 mai 1871 à la barricade de la rue Myrha, XVIIIe arr., mort à l’hôpital Lariboisière.

Dès l’enfance, Jaroslaw fut pensionnaire dans un collège militaire de Saint-Pétersbourg. Il en sortit à 17 ans lieutenant d’artillerie et fit ses premières campagnes au Caucase. En 1859, il entra à l’Académie militaire. Il passa capitaine et fut nommé, en 1862, quartier-maître de la 4e division, en garnison à Varsovie. Membre dirigeant du comité patriote polonais et organisateur des forces insurrectionnelles de la Pologne, il fut arrêté et condamné à la peine de mort. Après deux ans de détention, sa peine fut commuée en quinze ans de travaux forcés et il fut transféré en Sibérie ; il s’évada pendant le trajet. Après avoir délivré sa femme déportée elle aussi, il passa à l’étranger et gagna Stockholm, puis Paris où il arriva en 1865.

Élu membre dirigeant de la Centrale de l’Union de l’émigration polonaise dont le siège était à Paris, il offrit, en 1866, ses services à Garibaldi, mais l’affaire ne put être menée à terme.

Poursuivi, avec son frère, en 1869, dans l’affaire des faux billets de banque russes, il fut arrêté, puis libéré le 20 octobre — voir biographie de Théophile.

Pendant le Siège, il voulut aider à la défense de Paris, mais l’offre fut déclinée. Il écrivit alors une brochure dans laquelle il critiquait les faiblesses et les erreurs de la défense française : Trochu comme organisateur et comme général en chef.

Jaroslaw Dombrowski habita en 1870 aux Batignolles, comme son frère (96, rue Nollet), puis 45, rue Vavin, VIe arr. Il appartint à la section du XIIIe arr. de l’Internationale (cf. Dictionnaire, t. IV, p. 67).

Durant la Commune, il joua un très grand rôle. Par ordre de la Commission exécutive du 6 avril, publié au Journal Officiel du 8, Dombrowski, commandant de la XIIe légion, fut nommé commandant de la place de Paris en remplacement de Bergeret. L’ordre fut exécuté par Cluseret. Par décision de Rossel, délégué à la Guerre, en date du 5 mai, il fut chargé de la direction des opérations sur la rive droite, le général Wroblewski commandant l’aile gauche et le général La Cécilia le centre, entre la Seine et la rive gauche de la Bièvre.

Des calomnies furent propagées selon lesquelles il aurait entretenu des intrigues avec Versailles et se serait engagé, moyennant finances, à livrer une ou plusieurs portes de Paris. Suspecté après l’entrée soudaine des Versaillais dans Paris, « il alla au devant de la mort », écrit Lepelletier.

Blessé mortellement, le 23 mai, à la barricade de la rue Myrha et de la rue des Poissonniers, XVIIIe arr., Jaroslaw Dombrowski mourut à l’hôpital Lariboisière où il avait été transporté. Il fut mis en bière « revêtu de son uniforme, et enveloppé dans un drapeau rouge », puis déposé, le 24, dans un tombeau du Père Lachaise. Le 18 février 1879, le propriétaire du caveau fit transporter le cercueil au cimetière d’Ivry et, en novembre 1884, la tranchée où le cercueil avait été déposée fut reprise, « c’est-à-dire bouleversée ». Nul ne sait ce que sont devenus les restes de ce général de la Commune.

Voir Walery Wroblewski.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article24611, notice DOMBROWSKI Jaroslaw, version mise en ligne le 18 février 2009, dernière modification le 30 mai 2019.

OEUVRE : Trochu comme organisateur et comme général en chef, Lyon, 1871, in-8°, 16 p. Bibl. Nat., 8° Lb 57/967.

SOURCES ET BIBLIOGRAPHIE : E. Lepelletier, Histoire de la Commune de 1871, 3 vol., op. cit. — Bronislas Wolowski, Dombrowski et Versailles, 4e édition, Genève, 1871, in-16°, 148 p., Bibl. Nat., 8°, Lb 57/1654 A. — M. Vuillaume, Mes cahiers rouges au temps de la Commune. — Procès-verbaux de la Commune de 1871, op. cit. — Bruhat, Dautry, Tersen, La Commune de 1871, op. cit.. — Les travaux parus de 1940 à 1961 sont mentionnés dans l’étude de J. Rougerie et G. Haupt, Le Mouvement social, n° 38, janvier-mars 1962.

ICONOGRAPHIE : Arch. PPo., E a/103 (1). — G. Bourgin, La Commune 1870-1871, op. cit., p. 326. — Bruhat, Dautry, Tersen, La Commune de 1871, op. cit., p. 235.

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