SILLIAU Yves

Par François Prigent

Né le 18 novembre 1933 à Guimaëc (Finistère), mort le 25 avril 1998 à Morlaix (Finistère) ; cultivateur ; maire PSU-PS (1959-1977) puis conseiller municipal (1983-1995) de Guimaëc ; secrétaire de la section PSU de Guimaëc dans les années 60 ; militant socialiste et laïque.

Fils de petits agriculteurs laïques, Yves Silliau intégra en mars 1959 la liste socialiste conduite par Pierre-Marie L’Hermitte* (né en 1912, pensionné de la marine nationale). Ainsi, Yves Sillau fut directement propulsé premier adjoint, à tout juste vingt-six ans.
Située dans le canton de Lanmeur, tenu par Tanguy-Prigent* depuis 1935, la commune de Guimaëc avait été à la Libération le théâtre classique d’un glissement politique du radicalisme anticlérical (Pierre Périou 1904-1927 puis Jean-Marie Colas 1927-1944) au socialisme modéré à la Libération, incarné par l’officier de la marine, Gustave Coat maire SFIO entre 1944 et 1950.

Au décès de Pierre-Marie L’Hermitte, qui avait suivi dans la scission PSA le « ministre-paysan » Tanguy-Prigent, Yves Silliau était devenu en juillet 1959 le plus jeune maire de France. Secrétaire de la section de Guimaëc durant les années 60, il animait un substantiel noyau d’adhérents PSU, ancré sur les filières laïques. Réélu sous l’étiquette PSU en 1965 et 1971, Yves Silliau participait activement aux campagnes des candidats PSU aux législatives (Tanguy-Prigent en 1958 et 1962, Roger Prat* en 1967, 1968 et 1973) comme aux cantonales (Tanguy-Prigent jusqu’à son décès, Yves Moal* en 1970 et 1973). Le Trégor morlaisien concentrait l’essentiel des élus locaux du PSU (dont François Charles* à Plougasnou), formant un réseau de maires socialistes en contacts étroits dans les cantons de Lanmeur et Plouigneau.

Yves Silliau décrocha durablement du PSU au terme des déchirements socialistes des législatives de mars 1973 entre Roger Prat et Marie Jacq*, qui avait rejoint le PS. Sympathisant PS en 1973 et 1974, le maire de Guimaëc confirma son adhésion au PS au moment des Assises du Socialisme en 1975, dans le sillage de l’essentiel des filières militantes du PSU.

En 1977, suite à un conflit avec ses adjoints, qui montèrent une liste socialiste dissidente, Yves Silliau fut temporairement écarté de la vie politique locale, assistant à l’émergence d’un autre symbole du rajeunissement socialiste, Bernard Cabon* (professeur, né en 1948). Mais en 1983, Yves Sillau retrouva un siège de conseiller municipal, avant d’abandonner son mandat municipal en 1995, peu avant son décès en 1998.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article24594, notice SILLIAU Yves par François Prigent, version mise en ligne le 17 février 2009, dernière modification le 18 février 2009.

Par François Prigent

SOURCES : Arch. Dép. du Finistère. — Arch. de l’OURS, dossiers Finistère. — Le Breton Socialiste (1959-1977). — Christian Bougeard, Tanguy Prigent, ministre-paysan, PUR, 2002. — François Prigent et Jacqueline Sainclivier, « Les réseaux socialistes PSU en Bretagne (1959-1981) : milieux partisans, passerelles vers le PS, rôle des chrétiens de gauche », in Tudi Kernalegenn, François Prigent et alii, Le PSU vu d’en bas. Un parti dans les régions : réseaux sociaux, mouvement politique, laboratoire d’idées (années 50-années 80), PUR, 2009 (à paraître). — Mairie de Guimaëc. — Entretiens avec Yvette Silliau (sa femme) et Bernard Cabon.

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