GARGAM Marcel [dit Raoul]

Par Jean-Pierre Besse, Daniel Grason

Né le 25 février 1911 à Segrè (Maine-et-Loire), fusillé le 26 février 1943 au Mont-Valérien, commune de Suresnes (Seine, Hauts-de-Seine) ; menuisier ; résistant FTPF.

Marcel Gargam était marié ; le couple sans enfant vivait depuis 1937 au 25 boulevard Anatole-France à Aubervilliers (Seine, Seine-Saint-Denis). Il travaillait comme menuisier à la maison Sarbois à Montreuil-sous-Bois et son épouse était employée au comité des Pâtes alimentaires rue d’Artois à Paris (VIIIe arr.).
Sans engagement politique connu, il entra dans les FTP en 1942, et fut chargé de recueillir des renseignements sur la région nord qui regroupait alors les arrondissements nord de Paris, Pantin, Aubervilliers, Saint-Denis, Pierrefitte, Saint-Ouen, Épinay, Clichy, Stains, La Courneuve, Goussainville, Enghien, Deuil-la-Barre, Montmagny, Montmorency, etc. Il était en contact avec Gabriel Rabot et Marcel Berthelot.
Marcel Gargam (pseudonyme Raoul) eut pour mission de collecter et de transmettre des renseignements sur les emplacements et effectifs de garde des usines et établissements sous contrôle allemand, emplacements et effectifs de garde des cantonnements, postes de DCA, dépôts de carburants et de munitions, de gendarmerie, noms et adresses de fonctionnaires de la police ayant participé à la répression anticommuniste, noms et adresses des traîtres et collaborateurs membres du PPF et du RNP, etc.
Le 17 octobre 1942, quatre inspecteurs de la BS1 entraient sans frapper au domicile du couple, revolvers au poing. Le beau-frère et la belle-sœur du couple étaient présents ; les policiers cherchaient des armes, ils n’en trouvèrent point, mais emmenèrent Marcel Gargam pour interrogatoire.
Les proches de Marcel Gargam dont son épouse pensèrent que son arrestation était le résultat d’une vengeance. Dans une note du 28 octobre un inspecteur des Renseignements généraux écrivit que sa femme « était très jalousée en raison de l’aisance dans laquelle vivait le ménage ». L’un des frères de Marcel Gargam, René, qui demeurait à Gentilly (Seine, Val-de-Marne), s’adressa dès le 26 octobre au préfet de police : « il aurait été dénoncé anonymement comme communiste. Or, Monsieur le Préfet, je puis vous affirmer que celui-ci n’a appartenu, ni n’appartient à aucune association communiste ou Gaulliste ou extrémiste ».
Il précisait que parmi les dix enfants de la famille aucun n’était engagé dans ces associations. « Habitant Gentilly depuis 1928, j’ai été candidat aux élections municipales sur la liste antibolchevique du député Gratien et de Gazes, la deuxième fois mandaté à cette époque par l’association catholique des Chefs de famille de Gentilly et qu’actuellement je fais toujours partie de l’Association des cheminots catholique [...] J’ai actuellement un frère prêtre catholique à Angers. » Il demandait en conclusion les motifs de l’arrestation de son frère.
Interrogé dans les locaux des Brigades spéciales à la préfecture de police, Marcel Gargam fut sévèrement matraqué à de multiples reprise. Livré aux Allemands le 22 octobre, incarcéré à la prison de Fresnes, il comparut le 16 février 1943 devant le tribunal du Gross Paris siégeant rue Boissy-d’Anglas (VIIIe arr.). Condamné à mort pour « activité de franc-tireur », il fut passé par les armes le 26 février au Mont-Valérien à 16 h 25.
Après la Libération, sa femme témoigna à deux reprises devant la commission d’épuration de la police des conditions de l’arrestation de son mari. « Ils ont été très grossiers vis-à-vis de moi, vis-à-vis de mon mari. Fouillé, il ne portait rien sur lui. [...] Ces messieurs ont déclaré qu’ils avaient trouvé des armes ainsi que des documents importants, or ce n’est pas vrai. » Concernant son interrogatoire elle déclara : « Il a été frappé à coups de nerf de bœuf. [...] Lorsque je l’ai vu [...] Il était marqué partout et dans un triste état [...] Son visage était tuméfié. » Lorsque ses affaires personnelles lui furent rendues, elle constata qu’il manquait sa chevalière en or. Elle déposa plainte contre les inspecteurs qui arrêtèrent son mari.
Marcel Gargam fut homologué sous-lieutenant FFI à titre posthume en janvier 1947.
Sa dernière lettre, conservée à Caen, est empreinte d’une grande foi chrétienne. Il écrit « Nous soldats du Christ » ou encore « je viens de recevoir la sainte communion ».
Son nom figure sur les monuments aux morts d’Aubervilliers et de Segré. Depuis 1960, une avenue d’Aubervilliers porte son nom.
Depuis 1960, une avenue d’Aubervilliers porte son nom.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article24579, notice GARGAM Marcel [dit Raoul] par Jean-Pierre Besse, Daniel Grason, version mise en ligne le 15 février 2009, dernière modification le 31 décembre 2018.

Par Jean-Pierre Besse, Daniel Grason

SOURCES : Arch. PPo, activités communistes sous l’Occupation, carton 3, 77 W 357, KB 21, KB 74. – DAVCC, Caen, Boîte 5/B VIII 4, Liste S 1744-51/43 (Notes Thomas Pouty). – Site Internet Mémoire des Hommes. – Mémorial GenWeb.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
fiches auteur-e-s
Version imprimable Signaler un complément