Né le 6 avril 1915 à Brognard (Doubs), mort le 11 juillet 1995 à Cambo-les-Bains (Pyrénées-Atlantiques) ; instituteur puis directeur de collège ; syndicaliste ; espérantiste ; écrivain ; directeur de « L’Amitié par le Livre ».

Fils d’Ulysse Frossard, d’origine comtoise, qui exerçait le métier de photographe, et de Berthe Lecomte, d’origine normande, Henri Frossard, après l’école primaire, entra au cours complémentaire d’Audincourt (Doubs). Reçu en 1932 à l’École normale d’instituteurs de Besançon, il en sortit en 1935.
Militant de la Fédération unitaire de l’Enseignement, puis du Syndicat national des instituteurs après le congrès d’Angers, il allait être plusieurs fois délégué aux congrès de cette organisation et adhérera aux « Amis de l’École Émancipée ». En septembre 1938 à Saumur (Maine-et-Loire), il épousa Camille Bouët, fille des militants syndicalistes et pacifistes Louis Bouët et Gabrielle Bouët. Le couple eut deux enfants.
Instituteur avec son épouse à Arçey (Doubs), selon le rapport du Préfet du Doubs du 15 décembre 1940, à la demande du 2e Bureau, il furent mutés dans les Landes pour « propagande
communiste ». Camille Frossard fut même suspendue.
Espérantiste autodidacte, Henri Frossard devint membre de l’Union des Espérantistes de l’enseignement et de SAT, « Association espérantiste a-nationale », et, en 1948, enseigna l’espéranto à l’École espérantiste d’été de La Rochelle. Il collabora, avec des enseignants espérantistes de Tokyo, à un livre-album, La France, faisant partie d’une collection : Les Enfants du Monde et composée presque uniquement de textes d’enfants (huit mille textes dépouillés), réalisation qu’il présentera dans Faubourgs, L’École Émancipée, L’Éducateur, etc.
Henri Frossard ajoutait à ces nombreuses activités celles de conférencier, d’animateur culturel et d’écrivain. En 1949, il seconda Fernand Henry* dans la publication de Faubourgs et publia un roman, Le Fleuve et un recueil de poèmes (dont certains ont été mis en musique), – débuts d’une production littéraire importante et variée : romans, monographies, reportages, etc.
En 1958, le Prix Louis Pergaud lui fut décerné pour son roman Anatholia. Secrétaire du jury de « L’Amitié par le Livre » fondée par Camille Belliard en 1930, il devint directeur de cette Association en 1960. Adhérent à l’Association des « Amis de Louis Bouët », Henri Frossard travailla à l’édition et à la diffusion de Trente ans de combat de Louis Bouët, recueil paru en 1973. Depuis 1962, Henri Frossard était directeur du collège de Blamont (Doubs).

ŒUVRE : Le Fleuve (roman), Aurillac, éd. P. Clairac, 1949. — La Route (poèmes, éd. de Faubourgs. — Anatholia (roman), APLL, 1958. — L’Impasse du Laquet, d°-1963. — Il a suffi d’un moulin (reportage), d°. — Aspe la Fleurie, roman (d°-1968). — Georges Marconnet, peintre du pays de Montbéliard, essai (d°-1968). — Au pays de Louis Pergaud, essai. — Jean-Marc et l’espérance, roman (APLL, 1970). — Je m’appelle Colinet, reportage. Préface de Jean Rostand (d°-1972). — La Proclamation, roman (d°-1974). — Voyage autour de Jean Giono, essai (d°-1976). — Pour cause de printemps, roman (d°-1977).

SOURCE : Correspondance d’Henri Frossard. — Arch. Nat., F1a 3655, notes de Jacques Girault. — État civil de Brognard.

Jean Prugnot

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