LERICHE Fernand

Par Jacques Girault

Né le 28 décembre 1914 à Paris (VIe arr.) ; instituteur ; militant syndicaliste ; militant communiste ; conseiller municipal de Montrouge (Seine, Hauts-de-Seine) de 1947 à 1953, d’Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne) de 1965 à 1983 et adjoint au maire (1965-1977).

Fernand Leriche en URSS
Fernand Leriche en URSS

Fils d’un employé de chemin de fer devenu ouvrier forgeron dans l’industrie automobile (Renault), communiste, et d’une couturière à domicile, catholique, gardienne d’immeubles HBM, Fernand Leriche reçut les premiers sacrements catholiques. Malade, il vécut chez ses grands-parents à Saint-Malo (Ille-et-Vilaine) et y fut élève dans un établissement tenu par des Jésuites (1926-1929). Il continua sa scolarité au cours complémentaire du XVIIIe arrondissement de Paris, puis à l’école primaire supérieure Colbert. Titulaire du brevet supérieur en 1935, il enseigna comme instituteur à Fresnes (Seine, Val-de-Marne), à Gentilly (Seine, Val-de-Marne), à Bayeux (Calvados) où sa classe fut envoyée à la déclaration de la guerre, et, à partir de 1940, à Paris (XIVe arr.) dans l’école de garçons Denfert-Rochereau.

En 1929, Leriche, après avoir pris connaissance des analyses de la nécessité de la guerre du général Mordacq, écrivit un article pour le journal des jeunesses laïques et républicaines qui fut reproduit en partie dans L’Œuvre. Membre des Étudiants socialistes, adhérent au comité Amsterdam-Pleyel, il fréquenta fréquenta l’Université ouvrière de 1933 à 1935 et adhéra aux Jeunesses communistes en 1933 puis au Parti communiste en 1935. Membre du bureau de la section des JC du XIVe arrondissement en 1934-1935, du comité régional de Paris, responsable de l’éducation, il fut le secrétaire de la cellule communiste Montsouris par la suite. Lié à Georges Cogniot, il participa à toutes les initiatives des militants de l’Internationale des travailleurs de l’Enseignement. Membre du groupe de Jeunes, puis de la commission des Jeunes de la section départementale de la Seine du Syndicat national des instituteurs (SNI), il fut gréviste le 30 novembre 1938. Candidat au conseil syndical, en janvier 1939, sur la liste d’unité confédérale, il obtint 447 voix sur 2 858 votants. Non élu, il participa comme auditeur au congrès du SNI à Montrouge au début de l’été 1939.

Leriche fut initié avec son épouse en 1934 dans la loge maçonnique « Raspail du XVIIIe » (Droit humain). Léon Mauvais et Raymond Losserand lui conseillèrent de démissionner à la fin de 1935 alors qu’il venait d’adhérer au Parti communiste. Il cessa alors d’appartenir à la loge.

Non-mobilisé au début de la guerre, Leriche, sans être lui-même clandestin, participa à l’activité des communistes de la région parisienne (responsabilité de la section communiste clandestine du XIVe arrondissement sous le pseudonyme de « Pascal », naissance de l’Organisation spéciale du secteur P2 en 1942-1943 sous le pseudonyme de « Bastien », réunions d’instituteurs syndicalistes et responsabilité politique des instituteurs de la Seine sous le pseudonyme de « Picard »). Adjoint du responsable à la propagande du Front national pour la rive gauche de Paris, en septembre 1942, membre de la direction du Front national universitaire de la région parisienne, il assura le contact avec la direction des intellectuels de la zone Sud et collabora à la parution des Lettres françaises en 1943-1944. Membre de la direction clandestine de la section syndicale départementale, il collaborait à la rédaction de L’École laïque (organe du Front national). Quand se créa la société éditrice de L’École laïque, le 22 mai 1945, il en possédait cinq actions.

À partir d’avril 1944, Fernand Leriche, craignant l’arrestation, mena une vie clandestine sur laquelle il s’expliqua à plusieurs reprises à la demande de la commission des cadres du PCF. En juillet 1944, parti dans l’Allier, il exerça des responsabilités dirigeantes pour le Front national des Intellectuels dans le centre de la France. Lors de la libération de Saint-Étienne, il participa à la mise en marche du journal Le Cri du Peuple. Revenu en région parisienne, en 1944-1945, membre du bureau de la section départementale du SNI reconstitué, il fut responsable de L’École du Grand Paris.

Leriche, membre du comité de la section Montsouris du Parti communiste français en 1945, obtint en 1947 sa mutation pour une cellule communiste de Montrouge où il fut instituteur pendant peu de temps et responsable de la sous-section du SNI dans le canton de Montrouge. Pendant quelques mois, adjoint d’André Voguet, responsable aux intellectuels du PCF, il représenta le Front national au comité supérieur d’épuration de l’Université.

Leriche se maria uniquement civilement en août 1936 à Montrouge avec Élise, Jeanne Obriot, fille d’un ouvrier graveur et d’un couturière, institutrice communiste en 1947. Le couple eut un fils puis divorça. Leriche se remaria en janvier 1951 à Ivry-sur-Seine avec Reine dite Régine Gurfinkiel, communiste, employée comme journaliste par la fédération CGT des métaux, ancienne compagne de Maurice Lacazette, fusillé.

Leriche quitta alors l’enseignement pour faire partie, à la fin de 1945, de l’équipe de rédaction de La Vie ouvrière, hebdomadaire de la CGT. Rédacteur en chef de 1947 à la fin de 1951, il tenait une rubrique régulière en 1950 « La bataille du livre ». Le 17 juin 1949, il fut un des orateurs du meeting de La Grange-aux-Belles organisé pour célébrer la parution du premier tome des Communistes de Louis Aragon. Il resta par la suite pendant quelques années membre du comité de rédaction, tout en étant conseiller municipal communiste de Montrouge (1947-1953). A la fin de 1947, il s’installa à Ivry-sur-Seine avec Régine Gurfinkiel. Dirigeant, avec Gaston Monmousseau, de Servir la France, revue théorique de la CGT, il devint rédacteur en chef de 1952 à 1954 de la revue de la Fédération syndicale mondiale, installée à Vienne (Autriche), Le Mouvement syndical mondial. Adjoint au secrétariat comme directeur des services de propagande, responsable des publications de l’organisation, il enseigna à l’école syndicale internationale. Expulsé de Vienne, il reprit ses fonctions à La Vie ouvrière (février 1955-décembre 1956) et représenta la CGT au Conseil économique de 1955 à 1957.

Pendant l’été 1949, Leriche dirigea la colonie de vacances des Mathes de la municipalité d’Ivry. Il en fut à nouveau responsable en 1951, puis en 1952, pour la dernière année, celle du Bréau. En 1956, il reprit un poste d’instituteur à l’école Jean-Jacques Rousseau d’Ivry. Membre du conseil syndical de la section d’Ivry et du conseil de la section départementale de la Seine du SNI, du conseil syndical du Syndicat des enseignants de la région parisienne, il participa à trois congrès nationaux et intervint à celui de Paris, le 19 juillet 1957 dans la séance consacrée aux questions internationales où il déposa une motion opposée à la ligne majoritaire sous le titre « Pour un renouveau efficace de l’internationalisme prolétarien ». Il intervint lors du congrès de Brest (Finistère) en juillet 1958 dans la discussion sur le rapport moral, souhaitant une position du SNI en faveur du « non » au prochain référendum. Lors du congrès de 1959, le 8 juillet, dans son intervention lors de la séance consacrée aux « conditions de la rémunération ouvrière », il critiqua les analyses du rapporteur qu’il estimait insuffisantes, dangereuses, reflétant les « vieilles plateformes réformistes. » Dans la discussion du rapport sur la question laïque, le 14 juillet 1962, ia congrès du SNI, il apporta son soutien à la résolution proposée par Clément Durand et suggéra de demander aux forces laïques qu’elles élaborent « un plan d’action commun concret ».

Membre de la direction de l’Union française universitaire, Leriche assura la rédaction en chef de son bulletin Dialogues universitaires (1964-1966). Il termina sa carrière comme professeur d’enseignement général des collèges, en décembre 1979, détaché auprès du ministère de l’Éducation nationale depuis 1962.

Au PCF, Leriche occupa diverses responsabilités après la guerre dans les comités fédéraux de Paris (membre du comité fédéral en 1945) et de Seine-Sud dont il fut membre de 1958 à 1962. Collaborateur du comité central, il appartenait depuis 1957 au comité de rédaction de la revue communiste consacrée aux questions d’enseignement, L’École et la Nation. Il fit partie en 1959 de la commission de l’enseignement primaire auprès du comité central.

À Ivry, Leriche devint conseiller municipal en avril 1959. Réélu en 1965, il assura en tant qu’adjoint au maire, la responsabilité du secteur scolaire. À partir de mai 1971, deuxième adjoint, il fut chargé du secteur culturel. Pendant toute cette période, le Théâtre des quartiers d’Ivry dirigé par Antoine Vitez, se développa. Redevenu conseiller municipal en 1977, il fut chargé de la mise en place du secteur des archives et de l’histoire locale. Le conseil municipal le désigna, le 24 mars 1983, comme maire adjoint honoraire.

Leriche exerça diverses responsabilités dans des associations locales, départementales (président de l’Association nationale des anciens combattants de la Résistance (ANACR) depuis 1980), ou nationales (membre du conseil national de l’ANACR depuis octobre 1982). Il rédigea des ouvrages, parus anonymement ou en collaboration : deux « livres blancs » pour les assises locales de l’enseignement et de la culture, une histoire de la Fédération Seine-Sud du Parti communiste (1980) ; une histoire de La Vie ouvrière (1979), un ouvrage d’histoire locale, Ivry-sur-Seine, le souffle de l’histoire, Paris, Messidor, 1984, 301 pages.

Veuf de Régine Gurfinkiel, Leriche, père d’un enfant, se remaria en octobre 1974 à Ivry-sur-Seine avec Yvette Brutinot.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article24509, notice LERICHE Fernand par Jacques Girault, version mise en ligne le 11 février 2009, dernière modification le 19 décembre 2016.

Par Jacques Girault

Fernand Leriche en URSS
Fernand Leriche en URSS

SOURCES : Arch. Com. Ivry-sur-Seine. — Archives du comité national du PCF. — RGASPI, 495 270 248, consulté par Céline Barthonnat. — Presse syndicale, locale et nationale. — Renseignements fournis par Kurt Kunde et par l’intéressé.

ICONOGRAPHIE : Leriche en URSS en 1954.

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