LLANTE Jean, Joseph, Vincent

Par Robert Debant

Né le 9 décembre 1914 à Saint-Laurent-de-Cerdans (Pyrénées-Orientales), mort le 28 octobre 1985 à Toulouse (Haute-Garonne) ; employé puis ouvrier ; secrétaire des Jeunesses communistes de l’Aude ; résistant ; député de l’Aude puis de Haute-Garonne ; membre du comité central du PCF de 1945 à 1964.

Fils de Sébastien Llante* et d’un couturière, Jean Llante obtint le certificat d’études et fréquenta pour peu de temps un cours supérieur de Narbonne. Il travailla comme garçon de courses avant d’être recruté par le dirigeant communiste Jacques Grésa* comme aide receveur buraliste. Après le départ de celui-ci à Paris, il fit divers métiers manuels et fut chauffeur.

Il faisait partie depuis 1930, au titre des Jeunesses communistes, du comité de rayon local du Parti communiste. Il fut l’un des fondateurs des JC dans l’Aude, en devint le premier secrétaire en 1933 et fut, en même temps, choisi comme secrétaire départemental du Secours rouge. A partir de 1936, il consacra une grande part de son activité politique à nouer des liens avec les nombreux républicains espagnols réfugiés dans la région. Il créa ainsi, deux ans plus tard, un comité franco-espagnol du Rassemblement populaire. Il était, à cette époque, responsable de la cellule Dimitrov du Parti communiste. Il avait participé, en 1937, à une école centrale du parti à Arcueil. Il se maria à Narbonne en 1938.

Interné à la prison de Toulouse le 26 novembre 1940, il fut condamné par le tribunal militaire de Toulouse à deux ans de prison et 100 francs d’amende pour infraction au décret loi du 26 septembre 1939 à Albi et Narbonne. Libéré le 26 novembre 1942, il reprit contact avec le Parti communiste clandestin qui l’envoya à Grenoble où il mit en place des groupes FTP. À nouveau arrêté en zone italienne, en 1943, incarcéré au fort de Modane, Llante parvint à s’évader et à rejoindre la Résistance lyonnaise où il joua un rôle important aux côtés d’Hubert Ruffe*, Raymond Guyot* et Léon Mauvais*. Il fut envoyé dans le Var où il organisa la grande manifestation du 11 novembre 1943 qui regroupa, selon lui, 10 000 personnes. En janvier 1944, il fut envoyé comme instructeur dans le Gard, en Lozère,dans le Vaucluse et dans la Drôme. La mort du responsable régional de l’Ain, Guidicelli, le 12 août, conduisit le Parti communiste à le charger de la direction régionale. Lllante fut très actif dans la libération de Lyon.

Après la Libération, il devint maire adjoint de Lyon (Ve arr.) tout en gardant de solides attaches dans l’Aude où il dirigeait le Travailleur de l’Aude. Mais, dès l’été 1945, devenu membre suppléant du comité central, il quitta Lyon pour représenter le Parti communiste français en Algérie. Lors des élections législatives de novembre 1946, il figura en seconde position, derrière Joseph Cerny*, sur la liste audoise du PC. Seul Cerny fut élu, mais lorsqu’il dut se démettre de son mandat pour raisons de santé, en mars 1947, Llante fut appelé à le remplacer. Devenu adjoint au maire de Carcassonne, il fut battu aux élections législatives de 1951 mais retrouva son siège à l’Assemblée nationale, en 1956, en Haute-Garonne. Il le perdit en 1958. Conseiller municipal de Toulouse de 1959 à 1965 puis de 1977 à 1983, il fut candidat, sans succès, à toutes les élections législatives de 1962 à 1973.

Jean Llante dirigea la Fédération communiste de la Haute-Garonne de 1953 à 1972. Il siégea au comité central du PCF de juillet 1945 à 1964 et à la commission centrale de contrôle politique (CCCP) de 1949 à 1964.
En novembre 1981, il exprima, des réflexions critiques sur le « retard stratégique » qu’avait pris le Parti communiste à la fin des années cinquante et au début des années soixante.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article24498, notice LLANTE Jean, Joseph, Vincent par Robert Debant, version mise en ligne le 11 février 2009, dernière modification le 27 mai 2012.

Par Robert Debant

ŒUVRE : Libertat. 50 ans pour un espoir, Éditions sociales, 1982.

SOURCES : Arch. comité national du Parti communiste. — Archives de la justice militaire au Blanc, registre du tribunal militaire de Toulouse.— Arch. Dép. Aude, 2 et 5 M. — Le Monde, 1er novembre 1985. — Note de Jean-Pierre Besse.— État civil.

Version imprimable Signaler un complément