ESCARGUEL Gaston

Par Jean Sagnes

Né le 15 novembre 1903 à Belvianes-et-Cavirac (Aude), mort le 22 avril 1973 à Montpellier (Hérault) ; avocat ; socialiste SFIO ; maire de Sète (Hérault).

Dès 1923, alors qu’il était étudiant et n’avait que vingt ans, Gaston Escarguel était trésorier de la section socialiste SFIO de Cette (plus tard Sète) et secrétaire adjoint de la Fédération de la Ligue des droits de l’Homme de l’Hérault. Il écrivait alors régulièrement dans Le Languedoc socialiste, hebdomadaire dirigé par le député socialiste Jean Félix*. Il fut délégué au XXIe congrès national du Parti socialiste tenu à Marseille en février 1924 et, en mai 1924, il devenait délégué fédéral à la propagande. De l’automne 1924 au mois d’août 1926, il disparut de la vie politique héraultaise en raison de ses obligations militaires ou professionnelles.

En mai 1927, avocat à la Cour d’appel, il fut délégué au congrès national du Parti socialiste de Lyon. Depuis le début de son activité politique, il était proche des députés J. Félix et E. Barthe* et, comme eux, appartenait à l’aile droite du Parti favorable à la participation ministérielle aux côtés des radicaux. En 1930, il était à nouveau propagandiste de la Fédération socialiste et présidait les Jeunesses laïques républicaines de Sète. Le 15 mars 1931, au cours d’une élection partielle, il fut élu conseiller municipal et, le 22 mars, maire de Sète bien que les conseillers socialistes fussent en minorité. Le 13 décembre de la même année, à la suite du décès du conseiller général socialiste de Sète, il était élu au conseil général ; il fut réélu en 1934.

Il fut secrétaire du conseil général de 1932 à 1934. Durant cette période, il fut délégué à deux congrès nationaux du Parti socialiste : celui d’Avignon en avril 1933 et celui de Paris en juillet. Il était alors membre du conseil fédéral du Parti socialiste élu ou réélu en 1933, en 1934 et encore en février 1935. Durant ces années, s’approfondissait dans l’Hérault la scission néo-socialiste dans laquelle entraient les députés E. Barthe* et J. Félix*, ses amis. Gaston Escarguel demeurait pourtant au sein de la SFIO où il se situait à l’extrême droite, en désaccord avec les directions nationale et départementale du Parti. En fait, il agissait depuis plusieurs années en franc-tireur : en novembre 1932, déjà, le congrès fédéral des Jeunesses socialistes de l’Hérault avait voté contre lui un blâme public pour avoir refusé la venue à Sète des propagandistes des JS pour ne pas gêner l’activité des JLR.

Le 11 décembre 1934, la section socialiste de Sète, sous son influence, prenait publiquement position contre le Pacte d’unité d’action socialiste-communiste. Lorsque se produisirent les élections municipales de mai 1935, G. Escarguel était pratiquement en état de rupture avec le Parti socialiste. La liste qu’il conduisait, très hostile à l’alliance avec le PCF, fut combattue au second tour par ce dernier et ce fut une liste radicale qui l’emporta. Gaston Escarguel passa alors au PSDF néo-socialiste. En avril 1937, à la suite de la mort du député socialiste de la circonscription, Lucien Salette*, G. Escarguel fut candidat de l’USR mais il fut battu par le candidat SFIO Jules Moch*.

Après la guerre, il fut candidat socialiste-indépendant aux élections cantonales de septembre 1945 mais fut battu par le maire communiste Pierre Arraut*. Élu au conseil municipal de Sète, il devint maire de la ville le 25 octobre 1947, élu par une coalition anticommuniste allant de la SFIO au RPF. Il fut réélu en 1953 mais battu en 1959 ainsi qu’en 1965. Sous la IVe République, il appartint à l’UDSR. Candidat isolé au Sénat le 8 novembre 1948, il ne regroupa que 70 voix sur 1 019 suffrages exprimés. En 1956, aux élections législatives, il fut tête de liste UDSR et obtint 7 598 voix (moyenne de sa liste : 5,545 voix).

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article24478, notice ESCARGUEL Gaston par Jean Sagnes, version mise en ligne le 9 février 2009, dernière modification le 7 novembre 2010.

Par Jean Sagnes

SOURCES : Le Languedoc socialiste, 1923-1939. — Le Cri Socialiste, 1930. — Arch. Mun. Sète.

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