ESCANDE Paul, Antoine, Joseph

Par Gilles Morin

Né le 11 août 1910 à Agen (Lot-et-Garonne) ; fonctionnaire préfectoral puis directeur commercial ; préfet à la Libération ; élu socialiste indépendant du Lot-et-Garonne, maire (1959-1971) et conseiller général de Fumel (1955-1961).

Fils de Jean-Marie, Georges Escande, sénateur et maire radical-socialiste de Fumel, élu en 1936, puis conseiller départemental de Vichy, et de Marie Elisabeth Martin, Paul Escande suivit des études au lycée d’Agen, puis aux facultés de Droit de Bordeaux, Toulouse enfin de Paris. Licencié en Droit et titulaire d’un certificat d’aptitude à la profession d’avocat, il accomplit son service militaire du 15 octobre 1934 au 15 octobre 1935.

Escande, tout en poursuivant ses études entra dans la carrière administrative le 20 juin 1929, comme chef de cabinet du préfet du Territoire de Belfort. Il fut ensuite en poste dans le Gers, la Manche, le Tarn-et-Garonne, où il accéda aux fonctions de secrétaire général en mai 1936, l’Aube, puis fut nommé sous-préfet à Bagnères-de-Bigorre le 29 mars 1939. Mobilisé du 2 octobre 1939 au 30 juillet 1940, il fut nommé secrétaire général de la préfecture d’Oran (décembre 1941-janvier 1942), puis sous-préfet de Nantua en avril 1942. Il rejoignit Alger et fut directeur de cabinet d’André Philip, commissaire à l’Intérieur et au Travail le 27 mars 1943, puis fut nommé directeur de la Sécurité générale et des Renseignements généraux le 3 mai suivant. À l’occasion de la Libération de la Corse, il fut désigné sous-préfet et secrétaire général de la Corse le 24 novembre 1943. Il accéda enfin au titre de préfet de troisième classe en juillet 1943.

Lors de la Libération, Escande fut nommé Préfet adjoint au Commissaire régional de la République à Marseille, Raymond Aubrac, chargé de l’assister. Le préfet des Alpes-Maritimes nommé par le commissaire régional étant entré en conflit avec le Comité départemental de Libération (CDL), Aubrac désigna Escande pour le remplacer, avec pour consigne “Débrouillez-vous !”. Il devait y demeurer jusqu’en juillet 1946, parvenant à s’entendre avec le CDL et à collaborer en bonne intelligence avec l’armée américaine des Alpes pour rétablir la légalité républicaine. Son dernier poste fut à la direction de la préfecture de Loire-Atlantique, puis il fut mis en disponibilité le 10 août 1946 et entama une carrière de directeur commercial et se lança en politique dans son Lot-et-Garonne natal.

Escande fut élu conseiller général de Fumel en 1955, battant à cette occasion le député SFIO Jean Nenon. Les communistes, après avoir tenté de négocier avec Nenon avaient appelé à voter pour Escande au 2e tour. Mais Nenon lui reprit son siège en 1961.

Escande se présenta comme candidat indépendant de gauche aux élections sénatoriales de 1955. Il obtient 69 suffrages sur 783 inscrits et 772 votants, en l’absence de candidat SFIO. Il devait, sans plus de succès être candidat en 1959 et 1965.
Hostile au retour au pouvoir du général de Gaulle, Escande fut candidat UFD dans la 3e circonscription du Lot-et-Garonne aux élections législatives de novembre 1958. En dépit de ses échecs au plan départemental, il gagna en 1959 la mairie de Fumel et fut réélu en 1965 avec le soutien des communistes. Les socialistes, présents dans son conseil municipal, se présentèrent contre lui avec Nenon.
Notable de par ses origines familiales, fonctionnaire bénéficiant d’une image de résistant et appuyé régulièrement par les communistes, Escande vit sa place se fragiliser avec le rapprochement de la gauche. Secrétaire de l’Association nationale des élus républicains municipaux et cantonaux, dominée par les communistes, en 1964, il était l’un des cinq présidents en 1968. Son éventuelle candidature au Sénat était contesté par les militants de la CIR et de la SFIO qui lui reprochait, en 1967, de ne pas s’être investi dans la FGDS, ni d’avoir soutenu ses candidats aux législatives. En 1971, il devait être battu à la mairie de Fumel par le gendre de Nénon.

Escande s’était marié le 16 septembre 1937 à Allouis (Doubs), à Francine Catherine, Marie, Lachaze, née à Mehun-sur-Yèvre (Cher) le 31 janvier 1918, ils eurent cinq enfants.
Il ne doit pas être confondu avec Paul Escande, greffier à la Cour d‘Appel de Montpellier, membre de combat et l’AS depuis 1943, évadé de camp de prisonniers en Allemagne, nommé à la Cour d’Appel à Grenoble, en contact avec les membres de Combat pour soustraire les réfractaires au STO et les diriger vers les maquis. Il livra du matériel et des renseignements en 1944 (F2/AJ/fonds Nathan-Murat).

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article24455, notice ESCANDE Paul, Antoine, Joseph par Gilles Morin, version mise en ligne le 6 février 2009, dernière modification le 23 mai 2018.

Par Gilles Morin

SOURCES : Arch. Nat., F/1cII/255, 312 et 703 ; F/1cIV/157. — Archives de l’OURS, dossiers élections et correspondance Lot-et-Garonne. — Panicacci J.-Louis, in Les pouvoirs en France à la Libération, Le rétablissement de la légalité républicaine, 1944, Bruxelles, éd. Complexe, 1994, pp. 253-257. — Simon Dijol, Le Parti socialiste en Lot-et-Garonne, 1971-1981, TER de maîtrise, Université de Bordeaux 3, 2004-2005. — René Bargeton, Dictionnaire biographique des préfets, op. cit.

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