GOURDEAUX Marie-Thérèse [GOURDEAUX Marie, Thérèse, dite Marie-Thérèse], née ROBIN Marie, Thérèse

Par Jean Maitron, Claude Pennetier

Née le 18 janvier 1882 à Chablis (Yonne), morte à Paris XVe arr. le 2 avril 1960, épouse à Paris XVe arr. d’Henri Gourdeaux depuis le 12 juillet 1915 ; employée des PTT ; syndicaliste ; membre du comité central du Parti communiste de 1926 à 1929.

Marie-Thérèse Gourdeaux, photographie dans sa fiche de police sous l’Occupation
Marie-Thérèse Gourdeaux, photographie dans sa fiche de police sous l’Occupation

Fille d’un tonnelier, standardiste aux PTT domiciliée dans le VIe arr. de Paris, 80, rue Vanneau, Marie-Thérèse Gourdeaux était en 1918, trésorière du Comité de défense du socialisme international et du Comité central d’action et de propagande des amis du Populaire. Ancien membre du Comité pour la reconstruction de l’Internationale de la 15e section socialiste de la Seine, elle signa la résolution Cachin*-Frossard* pour le congrès de Tours (décembre 1920).
Elle mena campagne pour la transformation de l’Association générale des agents des PTT en syndicat. À sa formation en décembre 1918, le syndicat l’élut secrétaire régionale parisienne et membre du conseil d’administration. Elle conserva ces fonctions jusqu’en août 1921. À ce titre, la justice la poursuivit en 1922 pour infraction à la loi de 1884 qui ne prévoyait pas le droit syndical des fonctionnaires. Le 10 mars, la 11e Chambre correctionnelle prononça la dissolution du syndicat et condamna chaque membre du conseil d’administration à 100 F d’amende. Elle participa à la création de la Fédération postale unitaire (CGTU) au début de l’année 1922.

Membre de la commission de contrôle du Parti socialiste depuis février 1920, elle adhéra avec son mari au Parti communiste. Le congrès de Marseille (décembre 1921) l’élut à la commission centrale pour le travail communiste parmi les femmes. Elle fut une des principales collaboratrices du journal L’Ouvrière en 1922-1924.
Peut-être était-elle révoquée des PTT comme son époux, car elle travaillait à l’Humanité en 1924. L’année suivante, le Parti communiste publia sa brochure Debout les femmes ! à bas la guerre ! Le congrès national de Lille (juin 1926) l’élut au Comité central. Elle représenta le section féminine à l’Agit-Prop. et écrivit la plupart des articles consacrés aux femmes pour le Bulletin hebdomadaire de la presse. En 1926, M.-Th. Gourdeaux donna une préface au livre de Marguerite Faussecave*, La femme dans la société capitaliste. Elle militait également au Secours rouge international qui la désigna à son congrès de juillet 1926, comme secrétaire de la main-d’œuvre étrangère. Membre de la commission centrale féminine de la CGTU en 1933, elle entra au secrétariat du comité féminin français de lutte contre la guerre.

Selon une lettre du comité central du PCF à l’Internationale communiste datée du 10 février 1927, elle était un des quatre membres du CC à avoir voté contre la résolution du VIIe Exécutif sur la question russe. Une lettre publiée par les Cahiers du Bolchevisme du 15 février 1927 confirma ses réticences sur « la réalisation du socialisme dans un seul pays », mais elle désavouait et condamnait « formellement le travail fractionnel » de l’opposition. Ainsi s’explique peut-être sa non-réélection en 1929 et son rôle effacé après 1927.
Retraitée des PTT le 9 janvier 1942, Marie-Thérèse Gourdeaux fut arrêtée le 22 juin 1942 à son domicile, 159, avenue de Suffren dans le XVe arr. et internée administrativement à la caserne des Tourelles, au Centre de séjour d’Aincourt (Seine-et-Oise) et à celui de Lalande à Monts (?) (Indre-et-Loire).

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article24416, notice GOURDEAUX Marie-Thérèse [GOURDEAUX Marie, Thérèse, dite Marie-Thérèse], née ROBIN Marie, Thérèse par Jean Maitron, Claude Pennetier, version mise en ligne le 2 février 2009, dernière modification le 26 janvier 2011.

Par Jean Maitron, Claude Pennetier

Marie-Thérèse Gourdeaux, photographie dans sa fiche de police sous l’Occupation
Marie-Thérèse Gourdeaux, photographie dans sa fiche de police sous l’Occupation

SOURCES : Arch. Nat. F7/13090, F7/13091. — Arch. PPo. 300. — I.M.Th., bobines 96, 100, 167, 227, 297. — Arch. Jean Maitron, fiche M.-Th. Gourdeaux. — L’Ouvrière 1922-1927. — Note de Jacques Girault. — Extrait d’acte de naissance, Chablis, 30 juin 1984. — Pas de dossier dans les archives du Komintern, RGASPI.

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