Né le 22 octobre 1928 à Biesles (Haute-Marne), mort le 3 février 2018 ; instituteur ; secrétaire général de la section de Haute-Marne du Syndicat national des instituteurs (1964-1970) et de la Fédération de l’éducation nationale (1959-1964) ; secrétaire général du SNI devenu SNI-PEGC (1976-1983).

Guy Georges, secrétaire général du SNI-PEGC, vers 1980
Coll. privée Guy Georges
Fils d’un ouvrier coutelier et d’une ouvrière gantière, Guy Georges, élève du cours complémentaire de garçons de Chaumont (Haute-Marne), entra à l’École normale d’instituteurs de Chaumont en 1945. En raison des conséquences de la guerre sur les bâtiments, il effectua sa scolarité dans les locaux de l’EN de Troyes (Aube). Il fit partie pendant sa scolarité des équipes de hand-ball, de volley-ball et constitua un orchestre. À sa sortie, en 1949, instituteur, musicien et sportif, détaché à la Fédération des œuvres laïques à la demande de son secrétaire général James Marangé*, qui était aussi le secrétaire de la section départementale du SNI, il anima dans le département l’Union française des œuvres laïques d’éducation artistique.
En août 1951 à Saint-Jean-des-Vignes (Saône-et-Loire), Georges épousa Monique Vitteau, institutrice. Le couple eut deux enfants.
En 1952, les Georges furent nommés en poste double rural à Lanques-sur-Rognon où il fut secrétaire de mairie. Il avait quitté volontairement la FOL « pour vivre réellement la fonction d’enseigner à des enfants ». Il pensait pouvoir revenir à l’animation par la suite. Il fut alors désigné comme délégué du canton de Nogent au conseil syndical de la section départementale du SNI. Après avoir exercé dans tous les niveaux de l’enseignement primaire, nommé au cours complémentaire de Nogent, il y enseigna le français, la musique et le dessin. Il dirigea en outre l’Harmonie municipale.
Son engagement syndical se précisa. Militant du SNI depuis la quatrième année d’école normale, délégué cantonal depuis 1952, membre du conseil syndical de la section départementale, intéressé par l’éducation populaire, il devint membre du bureau, à majorité de tendance « autonome », chargé des jeunes en 1962. Appelé à remplacer Edmond Mouillet au secrétariat général, il obtint en 1962 sa mutation pour le cours complémentaire Voltaire de Chaumont. Élu en 1959 secrétaire de la section départementale de la Fédération de l’Éducation nationale, dont 90 % des effectifs étaient des instituteurs, il présida et anima le comité de lutte pour la défense des libertés, créé à l’initiative de la section SNI au moment de la guerre d’Algérie et comprenant les partis de gauche, les organisations syndicales du département (CGT, CGT-FO, CFTC, FEN) ainsi que des associations dont la Ligue des droits de l’Homme. « J’y ai constaté que l’unité était possible avec quelques précautions. C’est ce que j’ai tenté plus tard », commentait-il.
Son accession au secrétariat général de la section de Haute-Marne du SNI en 1964 l’obligea à n’avoir qu’un demi-service d’enseignement jusqu’en 1970, année de son détachement complet. Participant à toutes les réunions des instances nationales, il fut élu au bureau national du SNI en 1969, puis rejoignit le secrétariat national en 1970, chargé du secteur pédagogique à la suite de Jeanne Lordon. Détaché à temps complet, il vint alors habiter Montrouge (Hauts-de-Seine) avec sa famille.
À la suite des réformes de 1959 et de 1963, le cours complémentaire Voltaire à Chaumont fut transformé en collège d’enseignement général puis fut absorbé en 1966 par le collège d’enseignement secondaire Bouchardon « où j’ai vécu la caricature de la démocratisation, bien réelle jusque-là à Voltaire ». Pendant cette période, Guy Georges acquit la conviction que l’enseignement donné par les instituteurs devenus professeurs d’enseignement général répondait aux besoins des jeunes adolescents et que ces établissements devaient devenir le lieu d’acquisition des outils nécessaires pour les enfants du peuple entrant dans la vie active. Il constata dans le même temps que la secondarisation de la formation scolaire pouvait conduire à des échecs.
Les traditions du SNI, dans le domaine pédagogique, depuis les années 1930, privilégiaient ce qu’on appelait l’enseignement primaire supérieur et, après la guerre, des débats suivis d’actions visaient à défendre les cours complémentaires, multipliés depuis la Libération au nom de la démocratisation de l’enseignement, menacés depuis 1953 et condamnés par la réforme de 1959. Depuis le début des années 1960, après les diverses réformes mises en œuvre, après ce que le SNI analysa comme une victoire des forces conservatrices avec l’aide apportée à l’enseignement privé catholique par la loi Debré, il poursuivit avec ténacité ses réflexions sur la formation des maîtres de l’enseignement public et laïque. Il rencontra de sérieuses divergences dans la FEN en raison des conséquences de « l’explosion scolaire » qui se traduisait par une forte augmentation des effectifs des enseignements de second degré, notamment dans le premier cycle (11 à 15-16 ans). Les syndicats de professeurs, toutes tendances confondues, tenaient à la formation universitaire des enseignants, complétée par une année de formation dans les Centres pédagogiques régionaux, alors que le SNI et des mouvements pédagogiques insistaient sur leur préparation professionnelle et pédagogique.
L’arrivée de Georges à la responsabilité pédagogique du SNI apparut comme une réponse aux concessions impulsées par Jeanne Lordon* notamment en ce qui concerne la formation universitaire des instituteurs. Une réponse cohérente du SNI paraissait nécessaire d’autant que les partis de gauche, notamment le Parti communiste français, élaboraient des plans de réforme de l’enseignement. L’idée de procéder à une continuité de la scolarité de l’école maternelle à la fin du premier cycle du second degré progressait.
Ainsi fut élaboré le projet d’« école fondamentale » sous la double impulsion du secrétaire général André Ouliac et de Georges. Au congrès de 1970, ce dernier proposa, dans un rapport présenté conjointement avec André Henry, « une nouvelle conception de l’éducation et de l’école ». Sur cette base, il conçut et rédigea le projet d’« école fondamentale de la maternelle à la fin du collège » débattu lors du congrès de Nantes (1971) et complété lors du congrès de Pau (1973) et par les sessions d’études de 1972 et 1974. Le projet, publié dans L’École libératrice en mars 1973, fut présenté à la presse en juin comme la réponse du SNI aux réformes du gouvernement. Il fut ultérieurement opposé à la réforme Haby qui créait le collège unique. La plaquette École fondamentale, co-rédigée par Guy Georges et Pierre Chevalier diffusée en 1973 à plus de 20 000 exemplaires, constitua la base de la doctrine du SNI sur les plans corporatif et pédagogique. Pour la promotion du projet, le SNI recueillit l’avis de personnalités, dont trois prix Nobel. Par la suite, le SNI la présenta aussi comme l’étape la plus importante d’une scolarisation jusqu’à dix-huit ans préconisée par des organisations syndicales et laïques depuis le plan Langevin-Wallon. Georges rappela ces orientations dans la presse syndicale et dans une brochure en 1976 sous le titre Les finalités de l’éducation qui synthétisait les conclusions d’un colloque international organisé par le SNI puis, à la veille des élections législatives de 1978, dans une autre brochure sous le titre Pour qu’il soit encore temps.
Ce projet souda et mobilisa la majorité « autonome » devenue « Unité, Indépendance, Démocratie » du SNI, menacée devant la progression du courant minoritaire « Unité et Action » entre 1968 et 1970. Son enjeu paraissait multiple : empêcher les ruptures entre scolarité primaire et secondaire, assurer la promotion des instituteurs, disputer au SNES la place dans les collèges qui conduisait à des stratégies d’appareils syndicaux, renforcer le caractère laïque des institutions scolaires en précisant notamment que cette conception de l’école permettrait le renforcement de la laïcité, lutter contre les conséquences pour les élèves des inégalités sociales. Le SNI prévoyait une formation universitaire des maîtres (licence d’enseignement) avec intervention de l’Université dans le cadre des écoles normales devenues instituts de formation des maîtres. Précisant le premier projet de 1973, il le situait maintenant dans la scolarité jusqu’à 18 ans, ce que le congrès du SNI de 1979 confirma, tout en l’inscrivant, dans l’immédiat, dans le cadre légal de la scolarité obligatoire à 16 ans, qui, selon la réforme Berthoin, se généralisait à partir de l967. Il n’envisageait pas la formation professionnelle pour les élèves, relevant, selon les dirigeants du SNI, des autres syndicats de la FEN. Il résumait l’enjeu pour les instituteurs par un triple mot d’ordre : « même responsabilité, même dignité, même traitement » que les autres enseignants. Sur divers points (obligation scolaire, formation des maîtres…), tout au long des années 1970, il rencontra l’hostilité de militants de la tendance « autonome » des syndicats des enseignements de second degré (SNES classique, moderne, technique, et syndicat des écoles normales) et de l’enseignement technique court (Syndicat national de l’enseignement technique apprentissage autonome). Parmi les militants de la FEN de la tendance « Unité et Action », des oppositions se manifestèrent, avec des nuances chez les instituteurs, ce qui eut des conséquences sur la vie de la FEN qui engagea une recherche pour un projet global « L’école de l’éducation permanente » adopté en 1977, replaçant « l’école fondamentale » dans un déroulement éducatif allant jusqu’à la formation continue.
En février 1976, Guy Georges succéda à André Ouliac* comme secrétaire général du SNI qui devint, la même année, au congrès extraordinaire de Paris, le SNIPEGC. Il avait lui-même refusé en 1969 le statut de « professeur d’enseignement général des collèges », et fut pérennisé comme « professeur de cours complémentaire ».
Outre la promotion de l’« école fondamentale », Guy Georges, tout au long de son mandat de secrétaire général du SNI, milita pour promouvoir l’unité syndicale, élément indispensable, selon lui, de la vie syndicale. Il avait constaté en Haute-Marne une forte aspiration à l’unité chez les instituteurs. Dans l’optique de son élection au secrétariat général, au congrès du SNI de Saint-Étienne en 1975, il présenta un rapport sur le thème anniversaire de la Charte d’Amiens, où il précisait les relations entre syndicalisme et politique, les moyens de l’efficacité syndicale par la recherche de l’unité et les conditions de la réalisation de cette dernière. Il fit voter au congrès une « déclaration pour l’unité syndicale » rappelant les thèmes développés depuis la fin des années 1940 par les directions à tendance « autonome ». Cette orientation qu’il impulsa, en liaison avec la direction de la FEN, cherchait à établir des relations différentes avec les centrales syndicales françaises dans un contexte de rapprochement des forces de gauche, marqué notamment par l’élection présidentielle de mai 1974 et la signature du programme commun de la gauche. Il fallait selon lui que le syndicalisme puisse se présenter comme une force indépendante de contestation et de proposition. Devant le refus notamment de la CGT et de la CGT-FO, il s’orienta en 1977 et en 1978 vers des discussions avec des responsables des confédérations. Après la déclaration du ministre Auroux, le 16 mars 1982, sur la nécessité du pluralisme syndical, héritier de la démarche « Pour un mouvement syndical uni et démocratique », initiée par Denis Forestier, il fut le principal rédacteur d’un appel à l’unité co-signé par la Fédération autonome des syndicats de police, le Syndicat national unifié des impôts, la Fédération générale des syndicats de salariés des organisations professionnelles de l’agriculture et de l’industrie agro-alimentaire, le Syndicat national des journalistes. Mais il refusa d’engager le SNI dans un processus de construction d’une organisation nouvelle autonome proposée par ses partenaires.
Au cours de son mandat de secrétaire général du SNI jusqu’en septembre 1983, Guy Georges impulsa la principale revendication du SNI d’une école laïque nécessitant une revalorisation de la fonction d’instituteur de l’enseignement public. Selon les propositions de l’école fondamentale, il fallait assurer une rémunération identique pour les maîtres formés, depuis une décision de 1979, après trois ans d’études universitaires. Une première revalorisation de la fonction d’instituteur intervint en 1982. Un tel succès survenait dans le contexte des luttes pour obtenir du gouvernement un grand service public et laïque, appelé SPULEN, prévu par le programme du candidat François Mitterrand en 1981.
Des liens s’étaient établis depuis plusieurs années entre les dirigeants du Parti socialiste et du SNI. Georges accompagna, le 20 janvier 1972, une délégation du SNI avec André Ouliac, Pierre Chevalier et Jean Battut, à l’invitation de Mitterrand pour présenter la doctrine éducative du syndicat en train de devenir « l’École fondamentale ». Par la suite, plusieurs rencontres se déroulèrent entre les dirigeants du SNI, de la FEN et le premier secrétaire du Parti socialiste. Ces relations suivies avec les dirigeants du PS, précisées, au début de 1975 avec la FEN et le SNI, devaient notamment aider à définir les modalités de la politique d’éducation nationale d’un gouvernement de gauche à direction socialiste. Le secrétaire général du SNI appelait le renforcement de l’enseignement public et laïque dans toutes ses interventions publiques.
Guy Georges, membre de la commission administrative nationale et du bureau fédéral de la FEN, assura, en tant que responsable du principal syndicat de la FEN, l’intérim du secrétariat général quand André Henry* fut nommé ministre en mai 1981, tout en précisant qu’il n’était pas candidat à sa succession. Avec les résistances des responsables de l’enseignement catholique et des forces qui l’appuyaient, le contexte devenait tendu. Le 15 mai, Le Figaro « lui fit déclarer » que la création d’un système unique d’enseignement public et laïque ne pouvait se résoudre dans l’urgence. Les organismes dirigeants de la FEN et du SNI avaient défini des objectifs revendicatifs. Le 26 mai 1981, lors de la première réception de la délégation de la FEN conduite par Georges par le nouveau président de la République, ces revendications furent présentées. Le 2 juillet, lors d’une rencontre avec une délégation du Comité national d’action laïque, qu’il conduisait alors qu’il ne le présidait plus depuis le 30 juin, le projet d’unification du système éducatif n’apparut plus prioritaire pour le Président de la République qui renvoya la question vers le Premier Ministre. Lors du congrès de Toulouse du SNI, en juillet 1981, son rapport accordait un long développement à la question laïque et au projet de réorganisation du système scolaire et peu de place à la revendication corporative. Les objectifs laïques exprimés lors du congrès demandaient l’abrogation de toutes les lois antilaïques. Après plusieurs rencontres avec l’équipe ministérielle, notamment après celle avec le Premier Ministre Pierre Mauroy*, le 3 juillet, selon son témoignage, Georges « constata de sérieuses réticences » devant la réalisation de l’ensemble du projet d’ « l’école fondamentale » et du dossier laïque à la différence de la revalorisation des instituteurs.
Guy Georges « présenta au nom du SNI-PEGC », à la commission administrative, le 18 juin, la candidature de Jacques Pommatau* au secrétariat de la FEN, « tout en pensant que le plus important syndicat de la FEN ne pouvait assumer cette fonction ». Quelques dirigeants exprimèrent, notamment, Pommatau*, des divergences avec le secrétaire du SNI qui se traduisirent, dès 1981, de diverses façons. Ils indiquaient notamment que le secrétaire général du SNI n’avait pas alors soutenu (selon Louis Astre) ou pas soutenu avec force (selon Michel Bouchareissas) le dossier laïque tout en obtenant la revalorisation des instituteurs. Georges, à plusieurs reprises, dans les années 1990-2000, mit en évidence des textes montrant qu’il avait, lors de ces mois décisifs, défendu les positions du SNI pour que les réformes prévues renforcent le caractère public et laïque de l’enseignement en France.
Au terme de son mandat syndical en 1983, Georges souhaita, avec la majorité du secrétariat national du SNI, que son successeur soit Alain Chauvet et non Michel Bouchareissas. Les membres « UID » du bureau national étant également partagés entre les deux candidats, son projet ne se réalisa pas et Jean-Claude Barbarant fut désigné comme secrétaire général.
Sur le plan international, Georges occupa des responsabilités dans les regroupements d’organisations syndicales enseignantes. En 1965, la Confédération mondiale des organisations de la profession enseignante, inégalement représentative selon les états de l’Europe géographique, créa un comité européen, présidé par André Ouliac*, secrétaire général du SNI, pour intervenir en direction du Conseil de l’Europe sur les questions professionnelles (pédagogie, libertés notamment). Le Secrétariat professionnel international de l’enseignement créa également un Comité syndical européen des enseignants en 1969 pour avoir, lui aussi, une structure syndicale auprès de l’Europe du Marché commun en train de s’élargir. Georges était présent lors de la première réunion auprès de James Marangé*, secrétaire général de la FEN, qui en devint le président, puis passa le relais au SNI. En 1976, le CSE des enseignants se transforma en CSE de l’Éducation qui s’élargit, en 1981, à 58 organisations syndicales européennes appartenant aux trois internationales (CMOPE, SPIE et CSM) présidé par Georges jusqu’en 1983. Il obtint la reconnaissance du CSEE par la Communauté européenne et par la Confédération européenne syndicale (congrès de Munich, mai 1979).
Guy Georges fut à l’origine, souvent en harmonie avec la FEN, de plusieurs initiatives, dont en 1976, à Paris, un colloque international sur les finalités de l’Éducation, en 1980, à Tel Aviv, avec la participation d’André Henry* à la tête d’une délégation de la FEN, un séminaire contre le racisme, l’antisémitisme et les violations des droits de l’Homme, co-organisé par la National Education Association (USA), le Syndicat des enseignants israéliens et le SNI-PEGC, dont la résolution finale fut présentée par Georges, en 1981, à Tunis, un colloque regroupant des représentants des enseignants du bassin méditerranéen en vue d’œuvrer à la paix au Moyen-Orient, en collaboration avec le Syndicat des enseignants tunisiens, en octobre 1982, à Hiroshima, une conférence mondiale sur le désarmement, conjointement avec le NIKIOSO (Japon).
Sur le plan politique, méfiant vis-à-vis des partis politiques, ayant une « rancune tenace » à l’égard du Parti socialiste SFIO pour sa politique algérienne et sa « démission sur le dossier laïque », Georges se rapprocha du Parti socialiste après 1970. Pour mieux lutter contre les militants socialistes du groupe « Démocratie et Université » qui, dans le syndicalisme enseignant, animaient, aux côtés des enseignants communistes, le courant « Unité et Action » et contestaient avec force le projet d’école fondamentale, il participa au lancement d’« École et socialisme », le 13 février 1973, lors d’une conférence de presse dans les locaux du SNI mais ne signa pas le Manifeste. Après avoir refusé d’être membre de son bureau, il pensait que l’entreprise serait « un outil de clarification au sein du PS » qui ne pouvait, selon lui, se faire que sur la base d’une adhésion des socialistes au projet pédagogique du SNI. Il participa à l’organisation du colloque de Cachan (23-24 février 1974) et présida la dernière séance où Mitterrand, dans son intervention, ne se prononça pas ouvertement pour « l’école fondamentale ». Au printemps 1975, il prit l’initiative, avec des militants et d’anciens militants du CERES et d’autres socialistes (parfois adhérents du Syndicat général de l’éducation nationale-CFDT), d’organiser un nouveau courant « Unité et Rénovation » dans le SNES, pour lutter contre la direction « Unité et Action » en se substituant aux anciens militants UID du SNES. Cette initiative officialisée lors du congrès de Touquet du SNES, en mai 1975, provoqua une crise dans le courant majoritaire de la FEN. Il adhéra officiellement à la section des isolés du Parti socialiste après les élections législatives de mars 1978, « par solidarité et à condition de n’avoir aucune activité dans le parti ». Il le quitta en 1990.
Guy Georges fut nommé en janvier 1984 membre de la Commission nationale Informatique et Libertés jusqu’en janvier 1989 puis à nouveau de novembre 1992 à janvier 1994.
En mars 1984, Georges succéda à James Marangé* comme président du Comité de coordination des œuvres mutualistes et coopératives de l’Éducation nationale et prit également à cette date la présidence de Solidarité laïque, organisation non gouvernementale, jusqu’en mai 1999.
D’avril 1988 à août 1992, Guy Georges exerça les fonctions de Conseiller d’État en service extraordinaire. De septembre 1994 à septembre 1996, il fut nommé membre de la section du Travail du Conseil économique et social.
Guy Georges témoigna sur son action par écrit et à plusieurs reprises oralement dans le cadre du séminaire sur l’histoire du syndicalisme enseignant et universitaire organisé par le Centre Aigueperse (UNSA-Éducation) et le Centre d’Histoire sociale du XXe siècle (Université de Paris I).

ŒUVRE : L’École fondamentale, Paris, Sudel, 1973. — La Formation des maîtres, Paris, ESF, 1973. — Pour qu’il soit encore temps, Paris, Sudel, 1977. — Les Chemins de l’école, Paris, Plon, 1991. — Chronique (aigre-douce) d’un hussard de la République, Paris, Romillat, 2002. — Laïcité, pierre angulaire de la République ou faux-nez ?, Paris, Al’Orient, 2005. — La Bataille de la laïcité 1944-2004. De la République « une et indivisible » au communautarisme, Paris, Sudel, Les Cahiers du centre fédéral Henri Aigueperse, 2008. — Alain Azouvi et Guy Georges, La Guerre scolaire, Paris, Max Milo, 2015

SOURCES : Notice biographique rédigée par Martine Le Gal dans le cadre du Centre Henri Aigueperse (UNSA-Education). — Presse syndicale. — Renseignements fournis par l’intéressé. — Sources orales.

Jacques Girault

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