VAILLANT Édouard [VAILLANT Marie, Édouard]

Par La biographie d’Édouard Vaillant a été élaborée en grande partie par Justinien Raymond.

Né le 29 janvier 1840 à Vierzon (Cher), mort le 18 décembre 1915 à Paris (XIIe arr.) ; ingénieur des Arts et Manufactures ; militant blanquiste de l’Association internationale des travailleurs et de la Commune de Paris ; en exil à Londres jusqu’en 1880. Dirigeant du Comité révolutionnaire central du Parti socialiste révolutionnaire puis du Parti socialiste de France. Conseiller municipal de Vierzon et du XXe arr. de Paris. Député socialiste SFIO.

Édouard Vaillant
Édouard Vaillant

À trente ans, Édouard Vaillant se lança dans l’action révolutionnaire avec une détermination qui suppose un choix de tout son être. Rien, dans ses origines, ne semblait pourtant l’y prédestiner. Son père, notaire et homme d’affaires, bourgeois très attaché à sa condition sociale, n’a pu inspirer un fils dont il se préoccupait d’ailleurs fort peu et dont il condamnera l’orientation. On ne voit pas davantage de filiation spirituelle de la croyance religieuse de la mère au socialisme athée du fils. Il fut tout au plus soutenu dans les épreuves de la vie par cette mère dévouée et aimée qui partagera son exil et qu’il rejoindra dans la mort au cimetière de Vierzon.

Édouard Vaillant tenait par son ascendance à plusieurs régions du centre de la France : au Nivernais par son père Michel né à Sauvigny-les-Bois, près d’Imphy : à la haute Bourgogne par sa mère, née Marie Lachenille et venue d’Ancy-le-Franc (Yonne) ; au Berry par sa naissance. Son enfance parisienne — il avait deux ans quand sa famille s’installa au quartier Latin — fut coupée de séjours en Touraine, à Salbris (Loir-et-Cher) où son père possédait une forge et où le jeune Édouard apprit d’un prêtre les premiers rudiments du latin.

Dix ans d’internat au collège Sainte-Barbe, le baccalauréat (1857), un an de préparation le conduisirent à l’École Centrale d’où il sortit ingénieur des Arts et Manufactures (1862). Pendant quatre ans, il compléta sa formation scientifique, en Sorbonne, au Collège de France, au Muséum d’Histoire naturelle, et fut reçu docteur ès-sciences en 1865. Passé à l’École de Médecine, il soutint sa thèse de doctorat. En 1866, il gagna l’Allemagne pour des études de chimie à la suggestion d’un beau-frère qui lui réservait sa fabrique de ciment. Mais la science le tentait plus que les affaires. Il étudia la philosophie, fréquenta tour à tour les universités de Heidelberg (1866-1867), de Tübingen et de Vienne (1868-1869) pour revenir à Tübingen (1869-1870).

L’étude, la réflexion, l’influence de quelques maîtres décidèrent dans ces années de l’orientation de Vaillant. Son professeur à l’École Centrale, Priestley, protestant à l’esprit indépendant et qui fut en rapport avec Saint-Simon, a pu jeter « dans l’esprit de son élève quelques semences de doute touchant la religion catholique, et aussi quelques aspirations au mieux-être social » (Dommanget, p. 118). Toujours est-il que Vaillant soutint avec la jeunesse des écoles la candidature populaire de Frédéric Morin contre Tolain* (mars 1864), qu’il fréquenta, à partir de 1865, Rogeard*, le polémiste des Propos de Labiénus. En mai 1866, il signa une adresse des étudiants de Paris à ceux d’Allemagne et d’Italie, message tout imprégné d’un proudhonisme dont Marx* se gaussa et de sentiments internationalistes dont il loua les auteurs. Pendant son séjour outre-Rhin, Vaillant évolua du proudhonisme à un socialisme politique révolutionnaire d’inspiration blanquiste. À Vienne, il côtoya l’ouvrier autodidacte Johann Most, alors social-démocrate, et Andreas Scheu, membre de l’Internationale. Il adhéra à cette dernière en s’inscrivant à sa section allemande de Genève. Vaillant ne perdait d’ailleurs pas contact avec le mouvement politique français, séjournait périodiquement à Paris, fréquentait Charles Longuet*, Félix Pyat*, son compatriote, et Jules Vallès*.

Quand l’heure de l’action sonna, il l’embrassa sous toutes ses formes : insurgé le 4 septembre, le 31 octobre 1870, et le 22 janvier 1871 ; soldat au 88e bataillon d’artillerie de la Garde nationale pendant le Siège de Paris ; patriote hostile à tout abandon.
Le 4 septembre, il signa, au nom des sociétés ouvrières et des sections françaises de l’AIT, l’adresse au peuple allemand pour qu’il mette fin à la guerre et fonde, avec le peuple français, les États-Unis d’Europe (cf. L’Internationale, 11 septembre 1870. Voir H. Bachruch*). Il fit également partie du Comité de défense constitué par l’Internationale et composé avec lui de Cluseret*, Flourens*, W. Fonvielle*, Ch. Lullier*, G. Naquet*, comité qui, le 11 septembre, avait Mangold* pour secrétaire (Fonvielle n’en faisait plus alors partie).
Le 15 septembre 1870, il présenta, avec ses amis du Comité central des vingt arrondissements auquel il appartenait, les mesures d’urgence que le gouvernement de la Défense nationale aurait dû, selon les signataires, se hâter « de transformer en décrets pour le salut de la patrie et de la République ». Ces mesures intéressaient la sécurité publique, les subsistances et les logements, la défense de Paris et des départements. Voir Ch. L. Chassin* En novembre, Vaillant contribua à la fondation de la Ligue de Défense à Outrance.
Le 6 janvier 1871, il fut un des signataires de l’Affiche rouge, proclamation au peuple de Paris pour dénoncer « la trahison » du gouvernement du 4 septembre et pour mettre en avant trois mots d’ordre : Réquisition générale, rationnement gratuit, attaque en masse. Elle se terminait par ces mots : « Place au peuple ! Place à la Commune ! » Voir Ansel*.

La capitulation signée, Vaillant fut un des promoteurs de la réunion générale de la Garde nationale du 6 février, en vue d’une union pour les élections. De ces contacts naîtra, le 15 février, le Comité central de la Garde nationale. Ces activités valurent à Vaillant de figurer parmi les 43 socialistes révolutionnaires présentés aux élections du 8 février par l’Internationale, la Chambre fédérale des sociétés ouvrières et la Délégation des vingt arrondissements de Paris. Il ne fut pas élu, mais réunit 49 340 suffrages.

Il était absent de Paris le 18 mars 1871 : il s’était rendu à Bordeaux avec Blanqui* dans l’espoir de ranimer la défense nationale. De retour, le 20 mars, il se mêla étroitement aux événements révolutionnaires et fut élu à l’assemblée communale par le VIIIe arr. avec 2 145 voix sur 4 396 votants et 17 825 inscrits (26 mars 1871). Le 29 mars, la Commune le nomma à sa Commission exécutive et, le 20 avril, le délégua à l’Instruction publique.

Vaillant, qui collabora au Journal Officiel de la République française sous la Commune, 19 mars-24 mai, fut une des têtes pensantes et agissantes de la Commune. Sa culture, sa personnalité accusée devaient l’imposer au cours d’événements tumultueux, au milieu d’acteurs parfois plus frénétiques que réfléchis. Il inspira quelques-unes des grandes décisions de l’Assemblée et figura toujours parmi les rédacteurs de ses proclamations de principes. Un de ses discours, le 4 avril, avança l’idée des otages, reprise le lendemain par Delescluze* et votée à l’unanimité. Mais quand sonna l’heure des représailles, le 26 avril, Vaillant rappela que l’essentiel était de « frapper la propriété par [des] décrets socialistes » (Dommanget, p. 33). On le trouva encore à l’origine du décret du 16 avril organisant la gestion ouvrière des ateliers abandonnés ou expropriés. Il s’intéressa de près aux questions militaires, défendit, contre les suspicions de la Garde nationale, le général Dombrowski* dont les compétences le rassuraient ; il seconda les efforts de Cluseret pour rétablir la discipline parmi les fédérés. Il combattit parfois les méthodes de travail d’une assemblée qui sacrifiait volontiers au verbe. Quand elle songea, le 28 avril, à nommer un comité de Salut public Vaillant mit ses collègues en garde contre le pastiche du passé, tout en se ralliant finalement à cette création.

À l’exécutif de la Commune, il eut toujours le souci des liaisons entre le pouvoir politique et le pouvoir militaire. Délégué à l’Instruction publique, Vaillant ne put, faute de temps, laisser de réformes tangibles. Sur le plan des principes, il n’en fut pas moins un précurseur : il s’efforça de hâter la transformation de l’enseignement religieux en enseignement laïque, jeta les bases d’un enseignement technique, d’un enseignement féminin, d’une réforme démocratique des études médicales. Il nomma Élie Reclus* directeur de la Bibliothèque nationale, facilita l’action de la Fédération des artistes constituée le 14 avril, fit rouvrir et surveiller les musées.

Au cours de la « Semaine sanglante », Vaillant fut sur la brèche. Au dernier carré d’élus réduits et errants, il suggéra de se rendre pour sauver les combattants parisiens (27 mai 1871). Sa proposition écartée, il participa avec ses camarades aux dernières escarmouches et réussit à échapper à l’étau qui se resserrait sur les vaincus. Il se cacha pendant deux jours, protégé parce que le bruit de sa mort avait couru, puis, par la Suisse, l’Espagne et le Portugal, gagna Londres. Le 17 juillet 1872, le 3e conseil de guerre le condamnait à la peine de mort.
Plus qu’à ses camarades tenaillés par le souci du pain quotidien, l’exil fut léger à cet intellectuel familier de l’étranger, à ce bourgeois à l’abri du besoin et auquel sa mère, généreuse et fortunée, assurait un foyer. Vaillant fit reconnaître ses titres médicaux, pénétra dans les milieux scientifiques londoniens, apporta réconfort, soins et aide matérielle à ses compatriotes moins fortunés.

Ses relations avec Marx commencèrent dès 1871. Vaillant lut Le Capital et fut admis dans l’intimité politique et familiale de son auteur. Sa formation scientifique, sa connaissance de la philosophie et de la langue allemandes, son passé politique, l’expérience de la Commune l’avaient sans doute préparé à un ralliement au « marxisme », encore que l’on puisse penser avec M. Molnar, op. cit., p. 109, que Vaillant prêta son concours à Marx dans sa lutte contre Bakounine* « non seulement pour des raisons de principe mais aussi pour accroître l’influence blanquiste au sein du conseil général ». Quoi qu’il en soit, l’accord semble avoir suivi si immédiatement leurs premiers contacts que Marx le fit entrer le 8 août (cf. Archives Bakounine, op. cit., vol. II) au conseil général de l’Internationale. À la conférence de Londres (17-23 septembre 1871), Vaillant défendit l’idée marxiste que la « constitution du prolétariat en parti politique est indispensable pour assurer le triomphe de la révolution sociale et de son but suprême : l’abolition des classes » (résolution IX de la conférence — voir J. Freymond*, La Première Internationale, op. cit., t. II, p. 236).

Au congrès de l’Internationale, ouvert le 2 septembre 1872 à La Haye, où il représentait la section de La Chaux-de-Fonds, une section française et la section de San Francisco (cf. J. Guillaume, l’Internationale, op. cit., t. II, p. 322), Vaillant insista sur la nécessité pour le prolétariat d’être fort dans un monde livré à la force et vota l’extension des pouvoirs du Conseil général. Il s’opposa en vain au transfert de son siège en Amérique et se retira du congrès sans prendre part au vote concernant l’éventuelle exclusion de Bakounine, J. Guillaume, Schwitzguébel. Ses relations avec Marx cessèrent alors presque complètement.

Il fit partie de la section d’une trentaine de membres constituée à Londres après le congrès — voir Dict., t. IV, p. 79 — et prit figure de chef de file parmi les blanquistes. Il rédigea pour l’essentiel, selon J. Guillaume, Internationale et Révolution. À propos du congrès de La Haye, manifeste daté 15 septembre 1872, qui précisait les raisons de la rupture avec les marxistes et que signèrent avec lui A. Arnaud*, F. Cournet*, Margueritte*, Constant Martin* et G. Ranvier*, et aurait été le principal rédacteur du manifeste communiste, révolutionnaire et athée Aux Communeux (juin 1874).
Les Syndicaux et leur congrès, violente attaque contre les positions réformistes et étroitement corporatives du congrès de la rue d’Arras à Paris (1876), fut rédigée par Vaillant lui-même selon ses déclarations au Congrès socialiste de Nancy (1907).
Quelques jours après la loi d’amnistie du 11 juillet 1880, Vaillant rentrait en France et reprenait sa place dans le mouvement socialiste renaissant.

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Dans l’espoir, vite déçu, de conquérir les milieux intellectuels, Vaillant s’installa rue Monge en plein quartier Latin, et collabora aux journaux blanquistes. Mais il milita surtout dans le Cher avec lequel il avait maintenu le contact par une correspondance suivie pendant son exil. Vierzon et Bourges offraient un milieu favorable à la propagande socialiste. Leurs arsenaux militaires, fonderies, tréfileries, chaudronneries, ateliers de chemins de fer, bonneteries, occupaient déjà de nombreux salariés dont quelques-uns peuplaient même les villages voisins. De l’une à l’autre ville, l’état d’esprit ouvrier semble d’ailleurs avoir été assez différent. La population ouvrière de Bourges, formée surtout par la clientèle des établissements militaires et tenue sévèrement, ne donne pas de signe de fermentation ; mais les ouvriers de Vierzon « sont un peu moins calmes », écrit le préfet du Cher qui en rend Vaillant responsable (Arch. Nat. F7/12 526). Ce dernier agissait par la propagande orale, par le journal, par le soutien des ouvriers en grève et par l’action électorale.

Aux élections municipales de Vierzon (janvier 1881), 600 voix sur moins de 1 800 électeurs portèrent sur son nom. Au premier tour des élections législatives de 1881, il recueillit, dans la 2e circonscription de Bourges, 3 578 suffrages contre 6 376 et 4 154 aux candidats républicain et conservateur. Candidat au conseil général du Cher, il obtint en 1882, dans le canton de la Guerche, 781 voix sur 1 990 votants, et en 1883, dans le canton de Charost, 1 021 contre 1 569 à Henri Brisson. Aux élections législatives de 1885, il figurait sur la liste socialiste et recueillit 16 086 voix contre la liste Brisson.

Ainsi Vaillant s’éloignait de la tactique traditionnelle du blanquisme, dépouillait l’esprit de secte pour mener l’action politique sous toutes ses formes. Il occupait une place de plus en plus grande dans le blanquisme renaissant, ce qui indisposa quelques-uns des fidèles de Blanqui, des tenants des méthodes insurrectionnelles. Blanqui mort le 1er janvier 1881, ses disciples, privés de leur chef, resserrèrent leurs liens : ainsi naquit en juin le Comité Révolutionnaire Central. Vaillant en fut un des leaders avec deux hommes un peu plus jeunes que lui, mais, plus que lui, blanquistes de stricte obédience : Émile Eudes et Ernest Granger. La mort de Eudes (août 1888), le départ de Granger, en désaccord avec ses amis, face au boulangisme (août 1889), consolidèrent la position de Vaillant et facilitèrent l’évolution du CRC, du blanquisme de tradition au blanquisme marxiste. Le 1er juillet 1898, il se transforma en Parti Socialiste Révolutionnaire qui était alors, pour l’opinion, le parti de Vaillant, tout comme le POF était celui de Guesde.

Élu conseiller municipal à Vierzon et dans le XXe arr. de Paris (quartier du Père-Lachaise), le 11 mai 1884, Vaillant opta pour Paris. Candidat du CRC, il avait été soutenu, en outre, par les guesdistes et quelques radicaux. Au 1er tour, il ne devançait que de 5 voix le possibiliste Rétiès (1 571 contre 1 566) devant l’opportuniste Lepelletier (1 119). Il l’emporta au second tour avec 2 508 suffrages contre 1 585 et 1 567 à ses deux adversaires. Il fut toujours réélu au 1er tour, en 1887 (par 5 645 voix sur 9 122 inscrits), en 1890 (par 3 952 sur 9 512), en 1893 (par 4 869 sur 9 512). Cette même année, il fut élu député et abandonna son mandat municipal. Il avait, auparavant, essuyé plusieurs échecs aux élections législatives. En 1885, déjà candidat dans le Cher, Vaillant figurait dans la Seine sur la liste de coalition socialiste révolutionnaire menée par H. Rochefort et sur la liste fédérative socialiste, à l’éventail politique très large. Il obtint 39 490 voix. Au premier tour d’une élection partielle à Lyon, le 8 juillet 1888, Vaillant rassembla 17 614 voix contre 37 133 et 10 144 à ses adversaires, l’opportuniste élu au second tour et le radical. En 1889, il ne recueillit que 2 995 suffrages dans la 2e circonscription du XXe arr. de Paris (Père-Lachaise et Charonne). Il y fut élu et réélu au second tour en 1893 et 1898 par 7 358 et 7 612 voix, et toujours réélu au premier tour en 1902 (8 745 voix), 1906 (9 897 voix), 1910 (8 632 voix), 1914 (9 357 voix). Il semble avoir été le seul conseiller municipal socialiste qui ne demeura pas dans le quartier qui l’avait choisi : il résida dans le Ve arr. puis dans le XIIe arr. sans que cela soit préjudiciable à ses résultats électoraux.

Édouard Vaillant fut un élu assidu et laborieux. Autant que d’un « socialisme agraire », il repoussait l’idée d’un « socialisme municipal » opposé au socialisme révolutionnaire, comme il l’a déclaré en 1909 au congrès de Saint-Étienne, mais il voyait dans la Commune un champ d’action pour la défense des intérêts populaires et la conquête des esprits. Il a contribué à transformer son quartier parisien. Il s’attacha à la création de boulangeries et de boucheries communales, à l’amélioration de l’enseignement primaire et à l’organisation sanitaire de Paris. Il obtint, le 1er décembre 1886, la création d’une Bourse du travail qu’il inaugura le 22 mai 1892 en célébrant le rôle unitaire et révolutionnaire des Bourses.

Au Parlement, Vaillant défendit les libertés communales et les droits de Paris, et étendit son action à l’échelle nationale. Malgré sa conception d’un socialisme révolutionnaire dans sa stratégie comme dans ses fins, il ne repoussait pas la réforme comme tactique d’action quotidienne. Mais il la reliait à sa conception générale en la présentant de façon critique, en l’améliorant autant que possible au cours des débats, et, quand il s’y ralliait, il en montrait toujours la précarité. Au cours de ses trois premières législatures seulement, en ne retenant que les plus notables, il intervint ou interpella deux cent trente-neuf fois : au cours des débats budgétaires, sur le commerce des blés, l’urbanisme, le travail des femmes et des enfants, le chômage, les attentats anarchistes. Le 12 juin 1899, au lendemain de la grande manifestation dreyfusarde de Longchamp, son interpellation provoqua la chute du cabinet Ch. Dupuy que remplacera Waldeck-Rousseau.

Vaillant proposa l’établissement de la journée de huit heures en janvier 1906 et en mars 1912. Avec Jaurès et Albert Thomas, et contre Guesde, il accepta, comme base de discussion, le projet Caillaux voté à la Chambre, repoussé au Sénat et tendant à substituer aux « quatre vieilles » un impôt sur le revenu : mais il demanda un large dégrèvement à la base pour les salariés et les petits bénéfices agricoles. Avec Jaurès et Sembat, Vaillant défendit, toujours contre les guesdistes, le projet de loi de 1910 portant création des retraites ouvrières. Il y voyait une « reconnaissance par le Parlement du droit à l’existence du prolétaire atteint par l’âge ». (C.r. congrès de Nîmes, p. 435). Mais il réclama l’abaissement de l’âge de la retraite, l’amélioration des prestations par l’augmentation des versements de l’État, la gestion ouvrière pour éviter les dangers de la capitalisation dans les caisses publiques, enfin l’extension de l’assurance à l’invalidité, au chômage et à la maladie. Il ne faisait que reprendre les idées essentielles d’une proposition d’« Assurance sociale », qu’il élabora en 1898, qui ne vint en discussion qu’en 1900 et 1902 et qui fut finalement repoussée par 362 voix contre 240. Précurseur, Vaillant le fut encore par ses propositions de création d’un ministère du Travail, de l’Hygiène et de l’Assistance publique (30 octobre 1894 ; 1898 et 1903). Comme il l’avait fait dans le cadre de la nation pour l’action municipale (congrès de Saint-Ouen, septembre 1892), Vaillant s’efforça d’organiser sur le plan international l’action des parlementaires socialistes : il préconisa une Conférence interparlementaire socialiste dont il fut le secrétaire et l’animateur.

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Le travail parlementaire ne retint pas, dans ces années, toute l’activité de Vaillant. Il pensait, en effet, que « c’est la Révolution — non le suffrage — qui, émancipant le prolétaire, délivrant l’homme, fera l’égalité » (Ni Dieu ni Maître, 26 novembre 1880). Il ne cessa jamais de poursuivre la conquête de l’opinion par la presse et continua à militer activement dans les organisations socialistes, et aussi dans les ligues qu’il créa successivement.

Au cours des grandes crises qui ont agité la vie politique française à la fin du XIXe siècle, Vaillant prétendit toujours rester sur le terrain de la lutte de classes. En août 1889, il se sépara de ceux de ses amis du CRC qui suivaient le général Boulanger par haine de l’opportunisme, sans cependant confondre sa lutte contre le césarisme avec celle du gouvernement républicain. Il ne voulait « ni Ferry ni Boulanger » et, contre les aspirations présidentielles du premier, il organisa la Ligue pour la Défense de la République (1887). Il chercha à canaliser en faveur de l’idée socialiste l’émotion soulevée par le scandale de Panama en créant la Ligue d’action révolutionnaire pour la conquête de la République sociale, qui rassembla huit groupements ouvriers, professionnels et politiques, pendant quelques mois (fin 1892). Il fut un des signataires et peut-être le rédacteur d’une déclaration du 17 décembre 1897 par laquelle le PSR, première organisation socialiste à s’émouvoir du cas Dreyfus, dénonçait les obstacles mis par l’état-major à la découverte de la vérité. Mais il se gardait d’agir avec les révisionnistes « bourgeois ». Par contre, il fut un des plus fermes artisans de l’unité d’action, révisionniste et antimilitariste, réalisée un moment par toutes les organisations socialistes. Il fut membre de leur Comité de vigilance (octobre 1898), puis du « Comité d’entente » (décembre 1898).

Vaillant se trouvait aux côtés des grévistes de Montceau-les-Mines quand Millerand entra dans le cabinet Waldeck-Rousseau. En son absence, le Comité directeur du PSR, à l’exception de Zimmer, en avait accepté l’éventualité si Millerand agissait en son nom, sans engager les socialistes. Alors la présence de Gallifet à ses côtés n’était pas connue. Quand elle le fut, Vaillant éclata et, sans attendre l’avis du Comité d’entente, quitta le groupe socialiste parlementaire et forma un groupe socialiste révolutionnaire. Avec le groupe du POF, il lança le Manifeste du redressement (14 juillet 1899) repoussant la transformation du Parti socialiste en un parti ministériel. Lors du vote de confiance du 26 juin 1899, il s’était abstenu, par tactique, pour ne pas, expliquait-il, aider la droite nationaliste à renverser un gouvernement qui pouvait libérer Dreyfus, mais il restait sur son opposition de principe. Au premier congrès des organisations socialistes à Japy (3-8 décembre 1899), il s’opposa à toute participation ministérielle, se séparant des guesdistes eux-mêmes qui l’admettaient dans certaines circonstances exceptionnelles. Il s’y opposa encore au deuxième congrès à Wagram (28-30 septembre 1900) où il demeura, par souci d’unité, malgré le départ des guesdistes. Mais, avec son parti, Vaillant quitta le troisième congrès de Lyon (26-28 mai 1901) qui refusait d’exclure Millerand.
Alors le PSR et le POF se rejoignirent dans une Union socialiste révolutionnaire qui s’appela bientôt le Parti socialiste de France et dont Vaillant fut un des leaders avec Guesde. À son deuxième congrès tenu à Reims (27-29 septembre 1903) Vaillant fit décider la fusion totale des organismes jusque-là fédérés. Il fut délégué au Congrès international d’Amsterdam (14-20 août 1904) comme à tous les congrès internationaux, sauf à celui de Zurich (1893). Il y exprima le désir d’unité du Parti socialiste de France, appuya les appels à la fusion socialiste en France et, comme Jaurès, s’attacha à lever les obstacles à l’union, mais la tâche lui était plus aisée car ses thèses l’emportaient.
Parmi les militants, « il n’en est pas qui souhaitaient plus sincèrement cette fusion et travaillèrent plus passionnément à sa réalisation que le citoyen Vaillant... », a écrit J.L. Breton, son farouche adversaire de tendance, sur le plan national et dans le Cher (L’Unité socialiste, op. cit. p. 3).

L’unité réalisée, Vaillant confondit les dix dernières années de sa vie avec celles du Parti socialiste (SFIO), fut membre de son groupe parlementaire, de sa CAP, délégué à tous ses congrès, se passionnant « aux moindres détails où l’intérêt du Parti et du mouvement peut être engagé en quelque mesure » (Jaurès, l’Humanité, 30 janvier 1911).

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La Commune, neuf ans de séjour à Londres, la connaissance de Marx et du marxisme, la participation à la vie de l’Internationale, son action de militant et d’élu avaient peu à peu composé la figure du théoricien et de l’homme d’action. Sa personne physique, intellectuelle et morale revêtait alors tous les traits sous lesquels elle va s’intégrer à l’imagerie du socialisme français.

« On ne trouvait chez lui ni abandon ni fantaisie. C’est avec respect et comme avec reconnaissance qu’en parlant de lui on disait : le « Père Vaillant » [...] Personne parmi les citoyens du Parti n’aurait songé à le tutoyer. Ses manières, son aspect, non point bourru, mais froid sans être distant, n’y prêtaient pas. S’agissant d’une autre société, on eût été tenté en le saluant, de dire : Maître ! [...]. La tête dans les épaules [...], toujours en jaquette noire strictement boutonnée, coiffé, dans la rue, non point du feutre à large bord des guesdistes, mais du plus bourgeois des melons [...], Vaillant, à la petite barbe blanche et drue, aux cheveux gris taillés en brosse, aux lunettes sombres à monture de fer chevauchant son nez épais et dérobant à tous un regard qui semblait perçant [...], donnait bien l’impression du doyen qu’il était — et du docteur qu’il était aussi [...] Il parlait peu et, en public, il parlait mal. Il s’imposait alors, non par son éloquence — il avait le débit monotone, la phrase longue et l’élocution mauvaise — mais par l’autorité de sa personne elle-même, si digne — tout à la fois légendaire et simple... » (J. Texcier, Populaire-Dimanche, 25 novembre 1956).
On l’accueillait rituellement dans les assemblées socialistes au cri de « Vive la Commune ! », cette Commune qui l’avait marqué pour la vie. Il espéra toujours sa revanche, mais il la jugeait avec la clairvoyance d’un praticien et ne s’en cachait pas les faiblesses. Dans la trinité du socialisme unifié, à côté de Guesde, le marxiste, de Jaurès, venu de la démocratie bourgeoise, on le disait blanquiste. C’était certainement, à cette date étriquer son personnage et le réduire à des dimensions dépassées ; et lui-même ne l’acceptait pas. Sa pensée, parvenue à maturité, se nourrissait de multiples courants. Sa passion républicaine s’était aiguisée dans les luttes contre l’Empire. Son socialisme prenait racine chez les précurseurs français, de Saint-Simon à Proudhon, dans les groupements de la Première Internationale et dans l’expérience révolutionnaire vécue sous la Commune. Bien qu’il n’appartînt jamais à ses phalanges de combat, il subit l’ascendant de Blanqui dont il admirait le patriotisme républicain et le goût de l’action. Le marxisme avait recouvert ses apports antérieurs. Vaillant était, mieux que quiconque, préparé à l’assimiler, s’il est vrai qu’il soit une synthèse des enseignements que la vie lui prodigua, la leçon de l’évolution économique anglaise, de la philosophie allemande et du mouvement révolutionnaire français. Enfin, depuis l’amnistie, il avait vécu toutes les phases de la remontée chaotique du mouvement ouvrier français.
Ainsi, au moment où les divers courants socialistes confluaient dans un parti unifié, la pensée de Vaillant présentait les caractères d’un syncrétisme socialiste. Or, ce parti ne l’a jamais mis, de son vivant ni surtout après sa mort, au même rang de gloire que Guesde et Jaurès. Ses qualités étaient plus secrètes, sa personne et son verbe moins communicatifs. Mais la pénombre qui a estompé son visage venait peut-être aussi de ce que n’étant pas l’homme d’une tendance, il n’a pas été exalté par elle comme l’ont été ses deux émules. Nul, en effet, n’était mieux préparé à une unité pour laquelle Vaillant pencha toujours. Au sein de la Commune, il prétendait n’être « ni de la majorité ni de la minorité » (Dommanget, p. 35). Malgré tout ce qui le séparait d’eux, il engloba toujours les anarchistes dans le mouvement socialiste. Déjà, dans la Première Internationale, il défendit Most qui les avait rejoints et, dans l’éphémère Union Révolutionnaire qu’il créa, fin 1884, il accueillit les libertaires. À plusieurs reprises, il s’efforça, par le moyen des ligues, de conjuguer les efforts de tous les groupements socialistes quand la conjoncture sociale et politique offrait un terrain propice ; outre les ligues déjà citées, Vaillant fut l’initiateur de la Ligue pour la suppression des armées permanentes et l’organisation des milices (1885) et de la Ligue pour la révision par le peuple (mai 1895). En 1905, il s’identifia sans effort au parti nouveau.

Son attitude à l’égard du mouvement syndical découlait du même souci d’unité étendu à l’ensemble du mouvement ouvrier. Il limitait l’action du Parti socialiste au seul terrain politique pour la combiner sans heurts et dans le respect de leur indépendance réciproque avec un mouvement syndical cantonné, pour le même motif, sur le plan corporatif et dont l’apolitisme lui semblait, en outre, la condition de sa propre unité. Ce socialisme non salarié, non syndicable a pu être appelé « le grand-père de la CGT » (Dommanget, p. 140). Il ne subordonnait pas, comme Guesde, l’action syndicale à l’action politique, le syndicat au parti. Il ne versait pas dans l’ouvriérisme d’Allemane et des syndicalistes révolutionnaires et, s’il acceptait, comme eux, le principe de la grève générale, il n’en faisait pas le moyen miraculeux de la révolution, dispensant de la conquête de l’État par l’action politique.
Quand il confiait sa pensée, Vaillant aimait à en confesser les aspects divers, à justifier tous les mobiles de son comportement. Il se disait athée parce que matérialiste, républicain parce qu’il estimait que la République offrait à la classe ouvrière le cadre le plus favorable à son action ; socialiste parce que, maîtres du pouvoir, les travailleurs « arracheront à la classe possédante [...] la matière et les instruments de production, rendus propriété sociale » (A. Marchal, op. cit., p. 120) ; révolutionnaire, parce que « les révolutions éliminent les éléments vieillis de l’ordre social et mettent en œuvre [...] pour une évolution nouvelle » les forces qui n’ont pu se manifester sous le régime capitaliste (Ibid, p. 121) ; patriote et internationaliste parce que, persuadé que la société socialiste ne sera viable qu’autant qu’elle sera internationale, il affirme que « les nations sont le milieu naturel nécessaire de notre action » et que « c’est une réalité que nous devons reconnaître ». si « nous voulons en changer les conditions » (Ibid, pp. 93-94).

L’attitude belliqueuse de Vaillant au début de la première guerre mondiale, dans la dernière année de sa vie, surprit ses compagnons de lutte. Cet étonnement, qu’il fût critique ou approbateur, révélait une connaissance superficielle de l’homme. Vaillant n’avait pas le sentiment de se renier. Comme Blanqui, il avait toujours brûlé de la même passion pour la Patrie qu’il voulait libre que pour la République qu’il voulait sociale. Même au temps où la paix semblait assurée, jamais le souci de la défense du pays ne l’abandonna. Toutes ses professions de foi de candidat à la députation témoignent d’un double souci : assurer à la nation une armée populaire garante de son indépendance et respectueuse de ses libertés. La continuité de cette préoccupation, l’ampleur et la vigueur qu’il donne chaque fois à l’expression de sa pensée attestent qu’il ne s’agissait pas de formules rituelles, mais d’une conviction profonde. En 1893, il veut « que le peuple soit réellement maître de sa destinée, qu’il assure l’indépendance de son territoire [...] par une transformation de son organisation militaire qui, loin de le désarmer, accroisse sans cesse ses forces, en substituant progressivement à l’armée permanente les milices nationales et sédentaires du peuple entier, militairement instruit et organisé pour une défense invincible ». Ainsi armé, le peuple n’aura pas plus « à craindre les attaques de l’étranger monarchique que celles de la réaction intérieure ». À cette profession de foi de sa première élection fait écho, après toutes les autres, celle de 1914, la dernière, à la veille de la guerre. Il y prône une « politique pacifique et uniquement défensive qui, par l’armement général du peuple, militairement éduqué et organisé, assure la sécurité des frontières, la garde et la conquête des libertés politiques et sociales »... Il s’était opposé à la loi de trois ans qui lui paraissait contraire à ce double objectif. Et s’il avait écrit, en février 1904, « plutôt l’insurrection que la guerre » (Le Socialiste, 14-21 février), ce n’était pas une profession de défaitisme qu’il aurait reniée en 1914, mais, en plein conflit russo-japonais, un cri d’angoisse à l’idée que d’imprudentes clauses secrètes de l’alliance franco-russe, qu’il avait combattue, auraient pu entraîner la France dans une guerre où son sort ne se jouait pas.

Jusqu’à la rupture irrémédiable, Vaillant lutta pour préserver la paix. Il travailla à la mobilisation de l’opinion dans les grandes manifestations publiques comme au Pré-Saint-Gervais (1912) et à la salle Wagram (1913). Avec Keir Hardie, il poussa l’Internationale à conjurer une guerre d’agression par la menace de la grève générale. Il fit adopter cette tactique par la SFIO au congrès extraordinaire de la Bellevilloise (novembre 1912) et regretta publiquement de ne pas la voir explicitement retenir par le congrès International de Bâle (24-25 novembre 1912) où il parla au nom des socialistes français.

La guerre déchaînée, l’invasion réveillèrent en lui le disciple de Blanqui de la Patrie en danger. Il se jeta de toutes ses forces dans la politique de défense nationale, exalta l’union sacrée et la cohésion des alliés. Lorsque le mouvement minoritaire pacifiste se leva dans le Parti socialiste, il le combattit sans relâche, au groupe parlementaire contre les élus de la Haute-Vienne et de l’Isère, à la CAP et dans la Fédération de la Seine contre les pèlerins de Zimmerwald. Il en devint la cible, en fut combattu sans ménagement parce qu’il incarnait la politique de la majorité. Entouré jusqu’ici d’un respect unanime dû à son passé et à son âge et aussi aux qualités de l’homme, Vaillant vit se dresser devant lui la jeune génération qui lui reprochait de renier son passé. Ces déchirements, les malheurs du pays, l’écroulement des espoirs de toute une vie consumèrent ses forces déclinantes et il en eut conscience. Lui, qui aurait tant voulu assister à la victoire, s’éteignit alors que la guerre déclenchée depuis plus d’un an s’annonçait longue, et son issue incertaine.

Accompagné par les chefs et militants du Parti socialiste et de la CGT, au cours de deux journées sombres comme l’avenir, en décembre 1915, le corps de Vaillant quitta Paris pour son Berry natal, salué à la maison mortuaire par une compagnie de fusiliers marins, héros de Dixmude, et à la gare d’Austerlitz par Viviani, représentant du gouvernement.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article24386, notice VAILLANT Édouard [VAILLANT Marie, Édouard] par La biographie d’Édouard Vaillant a été élaborée en grande partie par Justinien Raymond., version mise en ligne le 30 janvier 2009, dernière modification le 10 septembre 2018.

Par La biographie d’Édouard Vaillant a été élaborée en grande partie par Justinien Raymond.

Édouard Vaillant
Édouard Vaillant
Couverture du livre de Gilles Candar sur Edouard Vaillant, 2018
Couverture du livre de Gilles Candar sur Edouard Vaillant, 2018
Au centre une œuvre de Morèje, alias Jérôme Gulon.
copyright Morèje

ŒUVRE : Collaboration à de nombreux journaux et revues. M. Dommanget (op. cit., pp. 325-328) a inventorié ses articles dans : Combat (1870) ; Ni Dieu ni maitre (1880-1881) ; Le Républicain socialiste du Cher (22 juillet 1883-14 juin 1884) ; L’Homme libre (1888) ; Le Cri du Peuple (1888-1889) ; Combat (1890) ; Le Parti socialiste (1891-1895) ; La Démocratie de l’Ouest (1892-1893) ; Le Socialiste du Centre (1893-1894) ; Le Tocsin populaire du Berry et Le Tocsin populaire du Centre (1895-1903) ; Le Petit Sou (1900-1902) ; La Dépêche de Lyon (1901).
En 1871, Vaillant fut gérant de l’éphémère L’Ouvrier de l’Avenir, organe des Chambres syndicales et des Associations ouvrières, 12-19 mars, trois numéros (cf. La Comune di Parigi, G. Del Bo, op. cit.).
Vaillant a écrit en outre dans les journaux suivants (ou figuré parmi leurs collaborateurs) : Le Mirabeau (1867-1880) ; L’Ouvrier de l’avenir (12-19 mars 1871 — Vaillant fut gérant du journal) ; Journal Officiel de la République française (19 mars-24 mai 1871) ; La Tenaille (1882-1883) ; Le Réveil des Travailleurs (1883) ; Le Branle-Bas (1884) ; La Question sociale (1885) ; L’Attaque (1888) ; L’Égalité (1889) ; La Carmagnole (1896) ; L’Émancipateur (1897) ; L’idée socialiste (1898) ; La Petite République ; Le Socialiste (occasionnellement avant 1905 ; plus régulièrement après l’unité) ; L’Humanité (à ce dernier journal, la collaboration de Vaillant jusque-là épisodique, devint très active après l’assassinat de Jaurès et le déclenchement de la guerre).
BROCHURES : M. Dommanget en a inventorié dix-neuf (cf. op. cit., pp. 338-340). S’y ajoutent quatre préfaces ou lettres-préfaces et deux traductions (ibid., pp. 340-341).

SOURCES ET BIBLIOGRAPHIE : Les archives personnelles d’Édouard Vaillant ont été détruites durant la seconde guerre mondiale, mais de très nombreuses lettres écrites par Vaillant sont conservées ici et là dans les archives des leaders socialistes de son temps et dans un fonds "vaillantiste" conservé aux Archives départementales du Cher.
Vaillant a témoigné sur lui-même dans Almanach de la Question sociale, 1892, et dans L’Humanité, 18 mars 1908 : récit de « la dernière séance de la Commune » le samedi 27 mai, reproduit dans P.V. Commune, op. cit. t. II, pp. 515-517.
Arch. Nat., BB 24/853, n° 880, F7/12526 (lettre du préfet du Cher, 31 octobre 1882) et C 5361 (dossiers électoraux). — Arch. Min. Guerre, 3e conseil, n° 548. — Arch. PPo., B a/200. — Arch. Ass. Nationale : dossier biographique. — P.V. Commune, op. cit. — Archives Bakounine... op. cit. — M. Molnar, Le Déclin de la 1er Internationale, op. cit., — Da Costa, Les Blanquistes, op. cit. — Comptes rendus sténographiques des congrès nationaux du Parti socialiste. SFIO — L. Valiani, « Dalla prima alla seconda Internazionale (1872-1889) », Movimento operaio, n° 2, mars-avril 1954. — Andreas Scheu, Umsturzkeine — Erlebnisse eines Kämpfers, Vienne, 3 vol. (notamment t. I, p. 153). — Arlette Marchal, Le Mouvement blanquiste, 1871-1905 (DES, Paris, 1949, 161 p.) — Denise Rossignol, Le Mouvement socialiste en France de 1906 à 1914 (DES, Paris, s.d., 110 p.). — Maurice Dommanget, Édouard Vaillant. Un grand socialiste, 1840-1915, Paris, 1956, 530 p. — Jolyon Howorth, « Édouard Vaillant », in Jacques Rougerie et al., 1871. Jalons pour une histoire de la Commune, Paris, PUF, 1973, pp. 408-420. — id., Édouard Vaillant. La Création de l’Unité socialiste en France. La politique de l’action totale, Paris, EDI/Syros, 1982. — Justinien Raymond, "Edoouard Vaillant", in Les Grands révolutionnaires, Éditions Martinsart, 1985, p. 73-169. — Claude Pennetier, Le Socialisme dans le Cher 1851-1921, Éditions Delayance, Éditions de la Maison des sciences de l’homme, 1982. — Gilles Candar Édouard Vaillant. Le socialisme républicain Fondation Jean Jaurès, 2015 . — Claude Pennetier, Jean-Louis Robert ( dir.) Édouard Vaillant (1840-1915) de la Commune à l’Internationale L’Harmattan, 2016. — Depuis 2018, l’ouvrage de référence est : Gilles Candar, Édouard Vaillant. L’invention de la gauche, Armand Colin, 248 p., 2018.

ICONOGRAPHIE : G. Bourgin, La Commune, 1870-1871, op. cit., p. 429. — Bruhat, Dautry, Tersen, La Commune de 1871, op. cit. p. 136.

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