ÉMERY Léon [ÉMERY Paul, Léon]

Par Maurice Moissonnier

Né le 12 février 1898 à Lyon (Rhône), mort en décembre 1981 ; professeur à l’École normale de Lyon, publiciste ; syndicaliste CGT, militant pacifiste du Comité de vigilance des intellectuels antifascistes et de la Ligue des droits de l’Homme ; sous l’Occupation, s’engagea dans les milieux actifs de la « collaboration » et devint l’un des animateurs de l’École des cadres de la Légion des Combattants à Allevard.

Léon Émery était issu d’une famille très modeste. Son père, « tour à tour manœuvre, garçon de ferme et petit employé… possédait avec de solides vertus, une intelligence supérieure à la moyenne et un savoir acquis à l’école primaire jusqu’à sa onzième année, qu’on estimerait aujourd’hui remarquable ». Sa mère avait par contre des difficultés à lire couramment. Dans son recueil de souvenirs (Étapes et rencontres à travers les tumultes d’un siècle, les Cahiers libres, Villeurbanne, 1976), Léon Émery mentionna qu’il « commença la course en de mauvaises conditions ». Il indiqua aussi que « né dans la classe ouvrière déchristianisée, plus indifférente qu’hostile », il ne savait rien « des croyants et des Églises » et n’avait jamais entendu parler autour de lui « du Combisme et de la Séparation ». Après son certificat d’études, Léon Émery entra, vers 1911, à l’école primaire supérieure de la rue Neyret sur les pentes de la Croix-Rousse. Après l’obtention du brevet, il réussit premier à l’entrée à l’École normale d’instituteurs de Lyon en 1913. Il fit des études accélérées pendant la durée de la Première Guerre mondiale au cours de laquelle son frère fut tué. En 1916, à l’issue de sa troisième année (transformée pour les besoins du moment en quatrième année de formation), Léon Émery fut nommé instituteur intérimaire à l’École primaire supérieure de Marcigny (Rhône). C’est à cette époque, en lisant le Feu de Barbusse publié en feuilleton dans le journal local Le Progrès, que son nationalisme tranquille, conforme à son éducation, connut un premier ébranlement. Mobilisé dans les services auxiliaires, en mai-juin 1917, dans l’artillerie à Lyon, il fut rapidement réformé en raison de sa vue déficiente. Par la suite, sa vision se dégrada. Atteint d’un glaucome, il dut employer une secrétaire à partir de 1928.

En novembre 1917, nommé délégué rectoral à l’École normale de Lyon, Léon Émery obtint en juillet 1919 le certificat d’aptitude au professorat des écoles normales et des écoles primaires supérieures.

Léon Émery se maria en mars 1921 avec Marie Fraisse, une Ardéchoise qui en 1917 avait été élève de l’École normale supérieure de Fontenay-aux-Roses (lettres). Dans sa promotion, figurait aussi Léa Emery (peut-être une parente ?). Professeur à l’école primaire supérieure de Sisteron (Alpes-de-Haute-Provence) en 1920, cette dernière fut mutée par la suite à Chaumont (Haute-Marne).

Léon Émery passa en juillet 1919, son certificat d’aptitude au professorat et fut nommé successivement aux Écoles normales de Bourg (Ain) et Chaumont (Haute-Marne). Dès cette époque — si l’on en croit ses souvenirs — il était séduit par le spiritualisme hindou tout en éprouvant une attirance pour le christianisme. Ceci expliquerait « l’ambiguïté fondamentale de sa position » dans le domaine politique et syndical. Léon Émery était d’ailleurs assez peu attiré par le militantisme. Il refusa d’adhérer au Parti socialiste SFIO à Chaumont, quelques semaines avant le congrès de Tours, et préféra à cet engagement « la littérature qui était bien une sorte d’action socialiste, en un sens très général et parfaitement libre » (op. cit.). Il s’occupa en particulier de faire éditer quelques œuvres dues à Roger Pillet*, militant socialiste lyonnais et, à cette occasion, noua des relations avec Madeleine Vernet* responsable des éditions de « La Mère Éducatrice ». Léon Émery collabora à la revue de l’instituteur normand Camille Belliard et adhéra à la Ligue des Droits de l’Homme par fidélité au souvenir du même Roger Pillet qui avait été son professeur à l’École normale de Lyon. Selon lui, dès cette époque, il s’orienta vers un pacifisme dont le projet majeur résidait dans la réalisation d’une union occidentale à partir du « couple France-Allemagne ». Léon Émery entra dans l’action syndicale dès le début de son activité professionnelle. Il concevait cette action comme « un pragmatisme constructeur capable d’associer l’idéologie libertaire et la discipline consentie ». En ce sens, il se reconnaissait « vaguement proudhonien, jamais marxiste ». De fait, sa formation l’en éloignait fort : ses connaissances dans le domaine économique se réduisirent à l’assimilation du cours de Charles Gide lu avec ennui et son approche du monde ouvrier était surtout littéraire à travers l’œuvre de guides comme Fernand Pelloutier, Maxime Leroy, Albert Thierry, Alphonse Merrheim et Henri de Man. L’appréhension des problèmes et de la vie du prolétariat de Léon Émery fut améliorée par la fréquentation de Francis Million*, ancien secrétaire de l’UD-CGT du Rhône devenu libraire avant d’être appelé à Paris, à la direction du Peuple.
De nouveau nommé à l’École normale de Lyon en 1925, Léon Émery y fut deux ans plus tard chargé de la préparation à Saint-Cloud et Fontenay des élèves de quatrième année. Selon le témoignage d’anciens élèves, « il excellait dans tout ce qui touchait à l’art poétique, la musique et la peinture ». Les rapports sur son enseignement étaient fort élogieux ; l’inspecteur d’Académie en 1934 vantait ses « dons personnels de charmeur, une élocution aisée, précise et nuancée… une pédagogie originale et réfléchie mettant ses élèves à sa dévotion, peut être même pourrait-on dire trop à sa dévotion ». Mais l’année suivante, il notait que son action sociale « devient probablement néfaste ».
Ces activités de formation des instituteurs renforcèrent l’influence de Léon Émery sur la section départementale du SNI forte alors d’environ 2 000 adhérents mais dirigée en fait par des assemblées générales groupant tout au plus cent cinquante adhérents conduits par « quelques douzaines de militants qui, pendant une décennie suivirent ceux qui suivaient la même route que (lui) ». « Une équipe loyale et dévouée dont (il) était devenu le centre » (op. cit.). Sa notoriété s’étendit aux instances nationales et il entretint des relations suivies avec le secrétaire général Georges Lapierre. Léon Émery donna à l’École Libératrice de nombreux articles souvent groupés en série, comme celle intitulée Sages et apôtres où il analysait la pensée de Confucius, Isaïe, Jésus, Socrate ou le Boudah. Il édita à la coopérative du syndicat (SUDEL) un manuel intitulé Esquisse de l’évolution humaine et aux Presses Universitaires un livre de lecture Les aventures de deux enfants illustré par le peintre lyonnais Combet-Descombes. Son livre de morale Devant la vie ne fut pas sans provoquer, en raison d’un spiritualisme qui prenait ses distances avec la laïcité, un certain malaise chez ses amis de l’École Émancipée.

Le 18 juin 1933, Léon Émery devint président de la Fédération rhodanienne de la Ligue des Droits de l’Homme, responsabilité qu’il conserva jusqu’en 1939. Après le 6 février 1934, s’ouvrirent ce qu’il appelle « des années survoltées où la fièvre obsidionale tenait une large place » (op. cit.). Elles furent pour lui la période d’un réel engagement militant, celle de « centaines de discours du village à la grande ville en presque toutes les régions de France » (idem). Léon Émery accepta de collaborer avec Gaston Bergery pour lancer à Lyon le Front commun. Il en assura le secrétariat général, et mit au service de cette entreprise son influence au SNI de telle sorte que, lors de sa séance du 22 mars 1934, le conseil d’administration de la Bourse du Travail de Lyon, sur proposition des instituteurs, décida de donner son appui à la formation naissante. Léon Émery avait participé à la grève du 12 février 1934 et acquis à l’Union départementale CGT confédérée dirigée par Marius Vivier-Merle* une certaine autorité qui persista après la réunification. C’est ainsi que, le 1er mai 1936, il fut aux côtés de l’unitaire Serval, l’un des deux orateurs que la CGT délégua à Oullins (Rhône). Il assura, dans le cadre de l’activité des Collèges du Travail – filiales départementales du Centre confédéral d’éducation ouvrière – des séances de « journal parlé » au cours desquelles il commentait les événements nationaux et internationaux. Cette activité suscita d’ailleurs des protestations dans les rangs de la CGT en raison de l’orientation de ses propos de plus en plus favorables au « pacifisme intégral ». Léon Émery avait rencontré, au congrès de Nancy de la Ligue des Droits de l’Homme, le professeur de philosophie Michel Alexandre et, l’année suivante, avait décidé de lancer avec lui les Feuilles libres 1935-1939, revue de l’ultra-pacifisme dont l’instituteur lyonnais Léger* était l’administrateur. Au Comité de Vigilance des Intellectuels Antifascistes (CVIA) où il milita de 1934 à 1939 (les tracts, à Lyon, étaient souvent tirés à l’École normale) et où Michel Alexandre représentait souvent le coprésident Alain, Léon Émery participa à l’activité de la tendance dont les propos favorables à la non-intervention en Espagne amenèrent les démissions de Paul Langevin et de Romain Rolland. Il devint l’un des chefs de file de ce pacifisme dont on peut penser qu’il était favorable à la capitulation devant les États fascistes.

Le 10 février 1937, dans les Feuilles libres, Léon Émery prit position en faveur des revendications territoriales hitlériennes : « Se décidera-t-on enfin à reconnaître, non de façon spéculative, mais pratiquement, que l’Allemagne est très loin, en effet, d’avoir sa place au soleil, que l’expansion est pour elle une nécessité, que l’Histoire et le traité de Versailles lui-même lui ont assigné, comme zone d’influence et de peuplement, l’Europe danubienne et balkanique et qu’il faut concevoir, non comme une catastrophe mais comme un phénomène d’unification naturel et légitime, ce progrès du germanisme. »

Dès ce moment l’action militante de Léon Émery déclina à l’exception des efforts vigoureux qu’il déploya pour appuyer les résultats de la conférence de Munich. Il fut l’auteur du tract célèbre « non, il n’y a pas de guerre du droit ». Son conflit latent avec les communistes ne pouvait pas, dans ces conditions manquer de s’aggraver à tel point qu’en 1939 il intenta un procès à la Voix du Peuple, l’hebdomadaire régional du PC qui l’avait accusé d’avoir des relations avec Otto Abetz. Délégué au XXXIe congrès de la CGT à Nantes, en novembre 1938, Léon Émery apporta 35 mandats (enseignants de la Loire, de la Haute-Loire, du Rhône et de la Drôme) à la motion Delmas* en faveur du pacifisme intégral et de l’indépendance syndicale. Selon son propre témoignage, il se sentait de plus en plus mal à l’aise à la CGT : « Le congrès de Nantes et la grève générale du 30 novembre (1938) furent l’occasion de la rupture. Nullement à mon instigation, mais avec mon entière approbation, le syndicat des Instituteurs du Rhône prit la décision de ne pas faire grève et la rendit publique. Je le suivis. Nous aurions naturellement été exclus si la guerre n’était venue bientôt en se compliquant de l’accord Hitler-Staline, tout porter sur un autre plan » (Lettre du 16 mai 1976 à J. Girault).

Nommé professeur à l’école primaire supérieure de Chaponnay (Rhône), à la rentrée d’octobre 1939, Léon Émery fut suspendu de ses fonctions le 28 décembre 1939 pour avoir, selon l’inspecteur d’Académie, participé à la propagande défaitiste et signé l’appel pour la "Paix immédiate". Après avoir bénéficié d’un non-lieu, il réintégra un poste de professeur à l’école primaire supérieure de Bordeaux-Talence en septembre 1940, en raison, selon lui, « de l’épuration d’ailleurs peu féroce qui avait sévi dans l’Université » (op. cit.). Il protesta contre ce déplacement d’office. Gaston Bergery, maintenant ambassadeur, intervint. En mai 1941, il écrivit au secrétaire d’État à l’Instruction publique, pour demander réparation. Le secrétaire à l’information Marion intervint en demandant son retour à Lyon en raison notamment de ses articles maréchalistes qu’il joignait à sa lettre (« Le communisme et la vie sociale française », Le Progrès de Bordeaux, 6 juillet 1941, « La fin d’un monde », Mon Pays, 1er mars 1941, « La rénovation du sens politique français », Union française, 7 septembre 1941, et d’autre dont un titré « La collaboration franco-allemande »).

Son séjour à Bordeaux lui permettait notamment, parce qu’il était en zone occupée, de maintenir des liens avec ses amis parisiens en particulier Dominique Sordet dont la SEDIF publia la Troisième République.
Léon Émery fut réintégré à l’école primaire supérieure de Chaponnay (7 mai 1942) mais il ne rejoignit pas ce poste. Nommé à l’Institut de formation professionnelle (ancienne école normale) de Lyon en octobre 1943 grâce à la diligence de l’ex-secrétaire du SNI du Rhône André Lavenir* devenu attaché au cabinet ministériel d’Abel Bonnard, il n’exerça pas ses fonctions de professeur. En congé d’activité du 1er octobre 1943 au 30 septembre 1944, sans traitement, Léon Émery s’engagea à donner des cours à titre bénévole à l’IFP tout en étant salarié comme conférencier à l’École des cadres de la Légion des Combattants à Allevard (Isère). Cette fonction fit de lui une sorte de doctrinaire de la Révolution nationale cherchant à fonder les bases de l’ordre nouveau sur les philosophies de Proudhon, Auguste Comte et – accessoirement – Alexis Carrel. Disposant d’une voiture de fonctions et d’un chauffeur, Léon Émery faisait figure de personnage officiel lorsqu’il venait en 1943 animer tel stage d’instituteurs destiné à la formation idéologique des « Amis du Maréchal » dont l’ex-instituteur syndicaliste lyonnais Laplace* assurait la direction. In extremis, il collabora à l’hebdomadaire Germinal lancé en mars 1944 sous la direction de l’ex-socialiste Claude Jamet, grâce au financement du trust allemand Hirbelen.

Cette mise en vedette provoqua, en septembre 1944, l’arrestation de Léon Émery et son incarcération à la prison Saint-Paul à Lyon. Il obtint sa mise en liberté provisoire trois mois après, et se rendit à Paris, chez une amie, Germaine Decaris. Les poursuites engagées suivant leur cours, il connut pendant neuf mois une deuxième incarcération à Lyon à partir du 28 mai 1945. Dans des lettres, produites au procès de Georges Albertini* collaborateur de Marcel Déat, il s’affirmait « de plus en plus germanophile et plus convaincu que jamais que seule la tutelle de l’Allemagne peut sauver la France et l’Europe » (30 juin 1944). Faisant allusion à l’exécution par les Résistants de Jeanne Chevenard*, il constatait que « toute une partie de la jeunesse n’est plus qu’une hideuse canaille pour laquelle un système bien compris de travaux forcés serait le seul traitement curatif concevable ». (Texte repris d’une résolution de la Fédération de l’enseignement du Rhône, de la section académique du SNES et du Conseil syndical des instituteurs publié dans la Voix du Peuple du 14 mars 1945.) Cette vision d’une jeunesse dégradée, « preuve de l’échec de notre système éducatif » semble avoir poursuivi l’homme vieillissant, brisé par ses échecs, devenu aveugle à la fin de la guerre.

Frappé de dégradation nationale par décision du Conseil académique d’enquête du 12 mars 1945 et du Conseil supérieur d’enquête du 3 mai 1945, Léon Émery fut révoqué sans pension par arrêté du 19 juillet 1945. André Philip, député du Rhône au moment du Front populaire se laissa fléchir, intercéda auprès du général de Gaulle et obtint la promesse d’une grâce qui serait accordée au lendemain de son jugement. La Cour de justice de Lyon, le 28 novembre 1945, le condamna à 5 ans de prison, 12 000 F d’amende et à la dégradation nationale pour délit d’activité antinationale. A cause de la démission du général, Léon Émery dut attendre le début du mois de mars 1946 pour obtenir sa libération. Il quitta alors la ville du Lyon, résida pendant dix-huit mois à Rouen avant de se fixer, en octobre 1947, à Nîmes où sa femme, qui avait demandé sa retraite anticipée en 1943 « sous Pétain alors qu’il se flattait de subvenir à tout » (op. cit.), reprit un poste au collège de filles. Son amende fut « payée par des amis ». À la suite de l’amnistie du 5 janvier 1951 qui levait son indignité nationale, il fut rétabli dans ses droits par un arrêté du 28 mars 1951 et put récupérer ses droits à la retraite.

Léon Émery poursuivit alors ses études littéraires et musicales, dictant de nombreux essais, renoua ses liens avec G. Albertini*, Lemonnier* et Boris Souvarine*, qui « professaient et professent toujours un anticommunisme infatigable, vu de haut, solidement édifié sur une base documentaire et critique de très grande valeur » (op. cit.). Il fut associé à la création par Boris Souvarine du Contrat social auquel il collabora régulièrement. À partir de 1950, Léon Émery donna des conférences politiques et culturelles à des cercles assez fermés à Lyon et en Avignon et enseigna au grand séminaire de Nîmes et au lycée libre de la Sauque près de Bordeaux.

En 1951 Léon Émery fonda à Lyon avec le concours de ses amis lyonnais F. Giraud et Lieugme, les Cahiers libres, revue trimestrielle, conçus comme la continuation des Feuilles libres. À la fin de sa vie, il inclinait de plus en plus à un idéalisme qui n’était pas sans rapports avec l’empiriocriticisme : « Ma vanité est, si l’on veut, de donner à mes phobies, celles qui m’opposent au marxisme et au freudisme, l’assise d’une cosmologie en accord avec la haute pensée initiatique, tout autant avec les troublantes hardiesses de la microphysique qui paraît souvent composer des poèmes surréalistes, réduit le Cosmos à n’être qu’un songe de Brahma, un tourbillon d’apparences incorporelles » (op. cit.). Léon Émery affirmait en outre « l’existence d’une essence humaine reconnaissable partout et toujours », un humanisme dualiste qui ouvrait sur une conception du monde essentiellement esthétique, radicalement opposée à celle que produit le matérialisme dialectique, favorable au contraire à une vue de l’histoire « subjectiviste et finaliste » qui donne « la prééminence aux valeurs les plus constantes et les plus pures, celles de la création littéraire et artistique et, à travers ce musée des formes, celles de la morale universelle… » (op. cit.).

Propos qui éclairent le jugement que Léon Émery formulait sur son action passée, dans une lettre du 29 août 1977, en réponse à une demande de précisions sur sa biographie : « J’ai toujours eu horreur de la masse ou des masses, n’étant d’ailleurs pas du tout marxiste, et je n’ai jamais conçu le syndicalisme autrement que comme un moyen de formation d’une élite ouvrière, d’esprit libre et cultivé, ce que d’ailleurs la suite de mes déceptions m’induit à considérer maintenant comme illusoire. C’est dire que mon travail principal a été dirigé surtout vers les tentatives et les moyens d’éducation populaire comme l’École libératrice, les Éditions SUDEL et les Collèges du Travail. »

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article24314, notice ÉMERY Léon [ÉMERY Paul, Léon] par Maurice Moissonnier, version mise en ligne le 18 janvier 2009, dernière modification le 16 octobre 2019.

Par Maurice Moissonnier

ŒUVRE : Outre les ouvrages cités dans la notice biographique, le dernier livre de L. Émery publié en décembre 1976, Étapes et rencontre donne la liste des publications encore disponibles à cette époque, classées par grands thèmes :
1) LA COMPRÉHENSION DE NOTRE TEMPS : Sept témoins : la crise de l’esprit vue à travers Thomas Mann, Valéry, Spengler, Huxley, Malraux. — Propos sur notre destin : une psychanalyse de la société technologique, 1970.
2) LES PRINCIPES — PHILOSOPHIE ET CULTURE : Options philosophiques. — Culture et pensée. — Les mythes. — Doctrines et croyance. — Mémoires impersonnels. — Clartés philosophiques.
3) DES PRINCIPES À LEUR APPLICATION : Retour à la Culture humaine, Retour aux chefs-d’œuvre. — Culture esthétique et Monde moderne. — Vocation de l’École.
4) LA LEÇON DES MAÎTRES : Balzac en sa création. — Beethoven, J.-J. Rousseau l’annonciateur. — Sagesse de Gœthe. — Molière. Du métier à la pensée. — La vision shakespearienne du monde et de l’homme. — Wagner, poète-mage. — Corneille le superbe et le sage. — Malègue, romancier inactuel. — Victor Hugo en son siècle. — Claudel. — Trois poètes cosmiques : Gœthe, Hugo, Claudel. — Les chansons de Victor Hugo. — Vision et pensée chez Victor Hugo (2e édition).
5) LA VIE DES IDÉES — GENÈSE, MÉTAMORPHOSES, ENCHAINEMENTS : L’âge romantique (2 vol.). — L’âge classique. — Miroir d’un siècle : l’évolution morale du XIXe siècle à la lumière des créations symboliques de ses romanciers. — De Montaigne à Teilhard de Chardin via Pascal et Rousseau.
6) HISTOIRE : Civilisation. — Genèse de l’Europe. — La Révolution Française. — Un siècle de Républiques (1870-1968). — De Pétain à Giscard (éd. Albatros).
7) POUR COMPRENDRE LA POLITIQUE : Structure et physiologie des sociétés : le Gros Animal.Deux essais.
8) INITIATION À LA MUSIQUE : Harmonies.
À cette liste il convient d’ajouter un ouvrage qui éclaire la démarche d’Émery sous l’Occupation : La IIIe République, Paris, Inter France, 1943 (préface de Dominique Sordet). Léon Émery tient une place particulière dans les ouvrages de Pascal Ory, Les Collaborateurs (1940-1945), Éditions du Seuil, 1976 et La France allemande, paroles du collaborationnisme français, Colin, coll. « Archives », 1977. — Est et Ouest, janvier 1982, supplément au n° 659 est entièrement consacré à Léon Émery. — Roger Martin, Idéologie et action syndicale : les instituteurs de l’entre-deux-guerres, PUL, 1982.

SOURCES : Arch. Nat., F17/27286 (dépouillement par J. Girault). — Arch. de l’UD-CGT du Rhône. — Arch. de la Bourse du Travail de Lyon. — Étapes et rencontre, À travers les tumultes d’un siècle, Lyon, 1976, Audin imprimeur. — Documents transmis par Jacques Girault. — Témoignages oraux d’anciens élèves et de contemporains. — Presse locale : Le Progrès de Lyon, Lyon républicain, La Voix du Peuple pour la période 1933-1939 ; Le Progrès de Lyon, Le Patriote, La Marseillaise, La Voix du Peuple pour la période 1944-1947.

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