ERRAÇARRET Raymond

Par Jacques Girault

Né le 6 mai 1925 à Bourg-Bigorre (Hautes-Pyrénées), mort le 15 septembre 2018 à Tarbes (Hautes-Pyrénées) ; instituteur ; militant syndicaliste du SNI, secrétaire de la section départementale ; militant communiste, conseiller général, maire de Tarbes de 1983 à 2001.

Fils d’instituteurs laïques d’opinions radicales-socialistes, Raymond Erraçarret reçut les premiers sacrements catholiques. Après avoir fréquenté le collège de Vic-Bigorre puis le lycée Théophile Gautier à Tarbes, titulaire du baccalauréat, il entra à l’École normale d’instituteurs d’Auch (Gers) pour une année en 1945-1946. Il devint instituteur à Bulan en 1946, à Galan en 1952 où il était membre du conseil d’administration du foyer rural laïque dans les années 1950, puis il fut nommé à Tarbes, école Pasteur, dans les années 1960.

Adhérent du Syndicat national des instituteurs, Raymond Erraçarret fit partie du conseil syndical, puis du bureau, de la section départementale dans les années 1960. Il devint secrétaire « Unité et Action » de la section de 1964 à 1980, déchargé d’enseignement pour remplir cette responsabilité. En décembre 1967, il fut candidat au bureau national du SNI en 21eme position sur la liste « Pour l’unité, l’action, l’efficacité du SNI ». Il adhéra au SNUIPP au début des années 1990 et resta membre du syndicat après sa retraite. Parallèlement, il militait à la Fédération des œuvres laïques.

Il se maria religieusement en septembre 1950 à Tarbes avec une institutrice, militante communiste. Le couple eut trois enfants qui ne reçurent pas de sacrements religieux.

Raymond Erraçaret adhéra au Parti communiste français en 1947 et devint le secrétaire de la section communiste de Galan. En 1963, membre du secrétariat de la section communiste de Tarbes-Ville, responsable du travail parmi les enseignants, il fut déchargé de cette tâche peu après pour qu’il puisse se consacrer à son militantisme syndical. À la fin des années 1960, membre du bureau de la section communiste de Tarbes-Ouest, il entra au comité de la fédération communiste en 1956 puis fit partie du bureau fédéral de 1959 à 1972, revint au seul comité fédéral (1972-1985), puis à nouveau au bureau fédéral (1985-1996). Il suivit l’école centrale d’un mois du PCF en août 1963 puis participa au stage central pour les instituteurs communistes en 1964. Dans les années 1980-1990, il participa à diverses contestations de la ligne de la direction du PCF.

Candidat dans le canton de Galan en 1958 (97 voix sur 1 975 inscrits), candidat dans le premier canton de Tarbes en mars 1979, alors que le sortant de droite ne se représentait pas, il arriva en tête avec 1 199 voix et fut élu au deuxième tour avec 1 954 voix ce qui ne correspondait pas à la totalité des voix de gauche du premier tour. Battu en 1985, il fut élu à nouveau conseiller général à Tarbes III en 1988 et conserva son mandat jusqu’en 2001. Il exerça les fonctions de vice-président de l’assemblée départementale.

Raymond Erraçarret se présenta sans succès lors des municipales dn 1965 et en 1971 sur une liste d’union regroupant le PCF et le Parti socialiste unifié. Élu adjoint au maire de Tarbes en 1977 dans une municipalité d’union de la gauche à direction communiste, il remplaça le maire Paul Chastellain après le décès de celui-ci, lors du dépouillement, en 1983. En 1989, son premier adjoint socialiste composa sa propre liste qui arriva largement derrière la sienne. La fusion se produisit et la liste conduite par Erraçaret l’emporta avec 54 % des suffrages. En 1995, au deuxième tour, à la suite d’un accord avec les militants écologistes, la victoire de la liste « Se rassembler pour l’avenir de Tarbes » fut plus courte (51,3 %). En mars 2001, la liste qu’il conduisait au premier tour arriva en première position ; la liste de la gauche plurielle qu’il menait au deuxième tour échoua de 24 voix contre la liste de droite. Parmi ses réalisations comme maire, figuraient la création d’une zone d’activités, la construction et des travaux d’équipements scolaires et universitaires, la rénovation du conservatoire et des installations sportives, diverses interventions d’urbanisme. En 2008, il fut le co-président du comité de soutien à la liste d’unité de la gauche conduite par le député socialiste Jean Glavany.

Candidat aux élections législatives de 1993 dans la troisième circonscription, Erraçarret obtint environ 20 % des voix, se désista en faveur de Jean Glavany. Ce dernier fut élu sans pour autant réunir la totalité des voix communistes du premier tour.
Le 19 septembre 2018, dans son carnet, l’Humanité annonçait le décès de cet ancien maire surnommé « Peppone » qui était aussi un « interprète de talent des chants traditionnels et emblématiques de Bigorre ».

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article24197, notice ERRAÇARRET Raymond par Jacques Girault, version mise en ligne le 8 janvier 2009, dernière modification le 23 novembre 2018.

Par Jacques Girault

SOURCES : Arch. comité national du PCF. — Presse locale et syndicale. — José-Ramon Cubero, Jean-François Soulet, Entretiens avec Raymond Erraçarret, Pau, Éditions Caim, Parcours, 2002. — Renseignements fournis par l’intéressé.