FAYET Pierre

Par Jean Maitron, Claude Pennetier

Né le 12 février 1887 à Beaucaire (Gard), mort le 31 octobre 1977 au Kremlin-Bicêtre (Val-de-Marne) ; ouvrier ébéniste ; syndicaliste CGT, CGTU puis CGT réunifiée et militant socialiste (1906-1920) puis communiste de la Seine puis d’Algérie, secrétaire de la Fédération CGTU du Bois, membre de la commission exécutive de la CGTU (1923-1935), membre du comité central du Parti communiste (1925-1929) ; député d’Alger (1945-1955).

[Assemblée nationale, Notices et portraits, 1946]

Pierre Fayet (dit parfois Jean) aurait adhéré à la 13e section de la fédération socialiste de la Seine en 1906 et milité aux Jeunesses. Sa mère, domiciliée 51 rue de Patay (XIIIe arr.) le logea jusqu’en 1940. Mobilisé au début de la Première Guerre mondiale, il combattit au front, fut blessé et fait prisonnier.

Redevenu militant après sa libération, il se prononça pour l’adhésion du Parti socialiste à la IIIe Internationale à l’époque du congrès de Tours (décembre 1920) et entraîna le syndicat des ébénistes de la Seine – dont il assurait le secrétariat depuis octobre 1921 – à la CGTU au début de l’année 1922.

Fondateur en février 1922 et gérant du journal L’Ouvrier en meubles, Pierre Fayet entra à la Commission exécutive de la CGTU lors du congrès de Bourges (novembre 1923) et y resta jusqu’à l’unité. Les militants de l’Ameublement participèrent à la Fédération unitaire de l’Industrie du bois dont le journal L’Ouvrier du bois eut Fayet comme gérant à partir de 1924. Le 12 avril suivant, il devenait secrétaire général appointé de la fédération, fonction qu’il conserva jusqu’en 1935. Il avait été élu en septembre 1928 administrateur de la société de secours mutuel dite « Caisse nationale syndicale de solidarité ouvrière ».

Militant communiste du XIIIe arrondissement, Pierre Fayet participa activement à la lutte contre l’occupation de la Ruhr. Son influence était suffisamment grande dans le Parti communiste pour qu’il fût élu membre suppléant du comité central au congrès de Clichy (janvier 1925) et titulaire au congrès de Lille (juin 1926). Son nom n’apparaît pas dans la liste – il est vrai peu fiable, du congrès de Saint-Denis (mars-avril 1929). Cette absence surprend d’autant que Fayet fut, en août 1929, chargé du secrétariat provisoire de la Région communiste parisienne. Vassart* le cite comme membre de la section syndicale centrale du Parti communiste en 1933 (Mémoires, op. cit.). Collaborateur occasionnel de l’Humanité et de La Vie ouvrière, il était considéré comme un orateur très dynamique.

En 1934, la CGTU le désigna comme secrétaire de sa commission confédérale coloniale et le chargea d’animer la propagande parmi les travailleurs originaires d’outre-mer, en relation avec André Ferrat, dirigeant de la section coloniale du PCF. La CGTU l’envoya en Algérie au début de l’année 1934 pour prendre la fonction de secrétaire de l’Union régionale unitaire. André Ferrat se souvient avoir milité avec lui en Algérie dès mars 1934 ; la police signale par contre son arrivée en 1935 seulement (Arch. J. Maitron, fiche Pierre Fayet). Il resta secrétaire de l’UD-CGT d’Algérie de 1936 à 1939 et entra au bureau politique du Parti communiste algérien lors de sa constitution en octobre 1936. Selon l’historien Stéphane Courtois, il fut, de 1936 à 1939 puis de 1944 à 1946, secrétaire de la Fédération CGT du Papier-carton (thèse, op. cit., annexe n° 18).

Selon un rapport des RG d’Alger du 7 janvier 1940, le couple Fayet avait quitté l’Algérie pour Paris où ils résidaient rue de Patay dans le XIIIe arr. La police parisienne signale qu’il exploitait avec sa femme en 1939-1940 un commerce d’huile d’olive 4 rue Esquirol (XIIIe arr.). Ses activités communistes passées provoquèrent l’ouverture d’une information, mais une perquisition, effectuée à son domicile en janvier 1940 s’avéra infructueuse. Il fut cependant arrêté le 5 mars 1940, interné au château de Baillet (Seine-et-Oise), et envoyé en Algérie au camp de Bossuet puis de Djelfa d’où il sortit en 1943 après l’arrivée des troupes anglo-américaines. Délégué de la CGT auprès du gouvernement d’Alger, en mai 1943, avec Albert Bouzanquet, Georges Buisson, Gazier* et Ambroise Croizat, il représenta la CGT à l’Assemblée consultative avec ce dernier, à partir du 3 novembre 1943. Il fut élu député communiste d’Alger en 1945, le 10 mai 1946 et le 17 juin 1951. Son mandat prit fin le 1er décembre 1955. Sa dernière initiative politique connue date de 1957 : il avait signé, en compagnie d’Alice Sportisse*, elle aussi ancienne députée d’Algérie, un télégramme indiquant que « seule la négociation pourra mettre fin à l’effusion de sang ».

Pierre Fayet avait épousé Szesia Zyngier (voir Sophie Fayet) le 8 décembre 1934. Elle mourut en déportation.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article24126, notice FAYET Pierre par Jean Maitron, Claude Pennetier, version mise en ligne le 2 janvier 2009, dernière modification le 16 octobre 2019.

Par Jean Maitron, Claude Pennetier

[Assemblée nationale, Notices et portraits, 1946]

SOURCES : Arch. PPo. 300 et 313. — Arch. d’Outre-Mer, 9 H 49. — Arch. J. Maitron, fiche Pierre Fayet. — La Lutte sociale, 1936. — Stéphane Courtois, thèse, op. cit., annexe n° 18. — Renseignements fournis par les archives de l’Assemblée nationale.

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