FAVIER Paul

Par Christine Bouneau, Gilles Morin

Né le 11 octobre 1905 à Paris (Xe arr.) ; journaliste ; militant socialiste SFIO de la Seine et de la Seine-et-Marne, membre de la CAP (1932, 1935-1940), puis du comité directeur (1944-1946) de la SFIO ; administrateur du Populaire ; maire de Champs-sur-Marne (Seine-et-Marne) de 1935 à 1941 et de 1944 à 1945.

Paul Favier fut tout d’abord, de 1929 à 1932, l’un des principaux responsables des Jeunesses socialistes de la SFIO. Le 2 octobre 1929, secrétaire administratif du bureau fédéral du comité d’entente des Jeunesses socialistes (JS) de la Seine, il était chargé, avec Pierre Lamarque*, lors du congrès fédéral du 27 octobre, d’évoquer « l’école du propagandiste ». Secrétaire adjoint de l’Entente des Jeunesses socialistes de la Seine en janvier 1930, il devint secrétaire général du mouvement en avril 1930 et sa photographie, accompagnée de la mention « secrétaire des JS de la Seine », figure dans Le Populaire du 1er février 1931. Très actif au niveau fédéral, il était, par exemple, à la fois membre de la commission de propagande et de la commission d’éducation et des loisirs ouvriers en 1931. Il démissionna du poste de secrétaire fédéral à la fin de l’année 1931 ou au tout début de janvier 1932. Il resta membre du CFM de la Seine comme l’atteste sa présence lors de la séance du 11 février 1932 ; il y était alors désigné pour s’occuper du Bulletin des JS. Simone Favier était membre du GAF (groupe artistique fédéral [Seine]) : était-ce sa femme ou une parente ?

Paul Favier était membre du comité national mixte des JS en 1930 (il était présent à la séance du CNM du 15 janvier 1930). Il écrivait dans Le Cri des Jeunes en février 1930 sur les Assurances sociales. D’après la conférence nationale des JS de janvier-février 1931, il figurait parmi les membres du CNM les plus actifs pour les réunions de propagande, présent à toutes les séances du CNM en 1931 et 1932. Il contribua très largement, avec Mireille Osmin* et René Dumon, à l’organisation en août 1931 de la 3e semaine d’études des JS (qui s’était tenue dans la Seine).

Cette même année 1931, Paul Favier était le délégué JS à l’Internationale des JS (IJS). Il fit le « rapport sur l’Internationale » lors de la conférence nationale des JS en 1932. Désigné secrétaire à la nouvelle commission de propagande du CNM en 1932, il rédigea pour cela le « rapport de la commission de propagande » pour la conférence nationale des JS de 1933, puis fit aussi le « rapport sur l’Internationale », après avoir été le délégué français JS au congrès de l’Internationale des JS à Prague en 1932. Là, il s’opposa, avec le jeune délégué belge, à une action commune en faveur de la paix avec « certaines organisations » comme la JOC. En 1933 il ne semblait plus avoir de fonctions parmi les JS.

Paul Favier fut directeur de Révolte, revue socialiste qui publia vingt-deux numéros de février 1931 à août-septembre 1934. Située tout d’abord à la gauche du parti, la revue s’intégra à la mouvance du regroupement antiparticipationniste du centre et de la gauche de la SFIO. Paul Favier appartenait, au début des années 1930, à la tendance de la « Bataille socialiste » (BS) ; il fut notamment membre du comité d’édition de la BS en 1933.

Paul Favier, comme d’autres responsables des Jeunesses socialistes de ces années, notamment Georges Pierre-Bloch*, entreprit d’étendre le socialisme à la périphérie de Paris. Il milita à Champs-sur-Marne (Seine-et-Marne) où il fut candidat de la SFIO aux élections législatives du 1er mai 1932, puis à celles d’avril 1936 et aux cantonales de 1937 dans le Canton de Lagny. Il était alors rédacteur en chef de L’Aurore de Seine-et-Marne. Il fut élu maire de Champs-sur-Marne le 19 mai 1935.

Ce jeune activiste fut très vite désigné à des postes de responsabilité du parti adulte. Il siégea au conseil d’administration du Populaire de 1932 à 1936 et surtout fut élu membre de la commission administrative permanente de la SFIO en 1932 (suppléant pour la motion de l’Aube), puis titulaire en 1935 (motion du Nord), 1936 (motion Paul Faure), 1937 (idem) et 1938 (motion Blum).

Lorsque le risque de guerre s’affirma, Paul Favier devint un membre actif du courant paulfauriste et soutint résolument les thèses pacifistes. Il signa la motion Paul Faure pour le congrès national de Nantes des 27-30 mai 1939 et représenta la tendance à la commission administrative du parti en 1939-1940. Il défendit à la CAP les propositions de ses amis visant à l’interdiction de l’adhésion des militants socialistes aux organisations antifascistes proches du PC. Il se prononça en septembre 1939 en faveur de l’acceptation de l’offre de participation ministérielle présentée au parti par Daladier (et finalement rejetée). En mai 1939, il participa au dîner de la tendance paulfauriste, les « dîners du socialiste », refusant d’« accepter de se laisser enfermer dans le dilemme “l’esclavage ou la guerre” ». Il signa en particulier l’ordre du jour présenté en réunion du groupe parlementaire le 5 octobre 1939 par Charles Spinasse*, André Février* et Paul Faure pour inviter le gouvernement à examiner toute offre allemande de négociation. Il est noté absent à la réunion de la CAP du 8 juin 1940, comme étant « mobilisé ».

Revenu à la vie civile, le préfet de Vichy proposa de le révoquer de ses fonctions de maire en février 1941. Il siégea au conseil municipal jusqu’au 3 février, puis fut révoqué avec l’ensemble de l’assemblée municipale en mars 1941 par arrêté préfectoral. Il semble avoir participé à la Résistance socialiste.

Paul Favier reprit ses fonctions de maire lors de la séance du conseil municipal du 17 octobre 1944, jusqu’aux municipales du 18 mai 1945. Délégué au congrès des fédérations socialistes reconstituées de la SFIO en novembre 1944, il siégea à la commission presse du congrès. Membre de la CEF de la Seine-et-Marne en septembre 1945, il fut, de 1944 à 1946, administrateur du Populaire et siégeait au comité directeur. Il appartenait aussi au comité de rédaction de Gavroche.

À quel moment quitta-t-il la SFIO ? On le retrouve candidat « Républicain socialiste » dans le Cher en 1956 et vice-président du Comité national des indépendants de gauche, des républicains socialistes et des socialistes indépendants en 1956.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article24122, notice FAVIER Paul par Christine Bouneau, Gilles Morin, version mise en ligne le 2 janvier 2009, dernière modification le 4 janvier 2009.

Par Christine Bouneau, Gilles Morin

SOURCES : Arch. Nat., F/1cII/214 et 217 ; F/1a/3637. — Arch. J. Zyromski (CRHMSS), dossier Jeunesses socialistes. — Arch. OURS, correspondance Seine-et-Marne ; fonds de Moscou, inventaire 1 dossier 231. — Le Pays socialiste, 7 juillet 1939. — Rapports des congrès de la SFIO, 1944-1948. — Lettre de Maud Tallet, maire de Champs-sur-Marne, 11 octobre 2004. — Cahiers Léon Blum, n°s 6-8, décembre 1979-juillet 1980. — Notice DBMOF. — Notes de Jacques Girault, de Gilles Candar et d’Éric Nadaud.

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