FROMENTIN Louis, Eugène

Par Jacques Girault

Né le 17 novembre 1900 à Chassagnes (Ardèche), mort le 17 juin 1992 à Bellegarde (Gard) ; instituteur ; militant syndicaliste ; militant communiste en Ardèche ; résistant.

Fils d’un paysan républicain net anticlérical, Louis Fromentin, après trois ans à l’Ecole normale d’instituteurs de Privas (1917-1920) où il eut comme enseignant Elie Reynier et deux années de service militaire qu’il termina comme sous-lieutenant, épousa en septembre 1922 à Saint-Jean-de-Valeriscle (Gard) une institutrice, née Berthe Ferrier. Ils exercèrent, à partir d’octobre 1922, dans des communes du plateau ardéchois (Sagnes et Goudoulet, Laboule et Valos, Sablières) avant d’être nommés en octobre1928 à Saint-Sauveur-de-Cruzières, où ils pratiquèrent les méthodes de l’Ecole moderne en relations avec Célestin Freinet.

Louis Fromentin, adhérent au syndicat de la Fédération CGTU de l’enseignement dès 1921, devint secrétaire de la section départementale du syndicat en 1926-1927. Il intervint à plusieurs reprises dans la presse syndicale sur la question des postes déshérités.

Le couple Fromentin fut nommé à Beaulieu en 1931. Il créa avec ses élèves le journal Le Cri de Beaulieu. Son épouse décéda en 1936.

Sympathisant communiste, il partagea les luttes des communistes sous le Front populaire.

Mobilisé au début de la guerre comme aérostier sur le front des Alpes, Fromentin fut relevé de ses fonctions d’instituteur et mis à la retraite d’office, le 10 janvier 1941. Il encadra alors les chantiers de jeunesse et des centres d’apprentissage. Chef technique d’un office séricicole à Tornac (Gard), il épousa en mars 1942 une institutrice Julienne Girot dont il eut trois enfants. À partir de 1942, responsable du Front national dans plusieurs cantons des Cévennes, il devint le chef d’une compagnie des Corps francs de Libération, sous le pseudonyme de « Jacques » et participa à la libération du Gard. D’octobre 1944 à juillet 1945, il dirigea l’école de cadres FFI, caserne Montcalm à Nîmes.

En octobre 1944, Louis Fromentin avait été réintégré dans l’enseignement en Ardèche. Après avoir été détaché comme directeur du centre d’apprentissage de l’usine Lafarge à Viviers (octobre 1946-septembre 1948), nommé en juin 1948, il termina sa carrière en décembre 1956 comme directeur de l’école de Cruas, administrée par l’instituteur communiste Henri Chaze, son ami.

Louis Fromentin se retira à Saumane (Gard) d’où son épouse était originaire. S’occupant de culture et d’apiculture, il créa la cellule communiste de Saint-Jean-du-Gard.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article23904, notice FROMENTIN Louis, Eugène par Jacques Girault, version mise en ligne le 11 juin 2009, dernière modification le 6 janvier 2016.

Par Jacques Girault

SOURCES : Arch. Dép. Ardèche, 1 T 769. — F. Bernard, L. Bouët, M. Dommanget, G. Serret, Le syndicalisme dans l’enseignement. Histoire de la Fédération de l’enseignement des origines à l’unification de 1935, Institut d’études politiques de Grenoble, s.d. — Renseignements fournis par la fille de l’intéressé et par Pierre Gros. — Envol, n° 655, décembre 2015, article de Jean-Louis Issarte.

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