PFEFFER Fischel [Pseudonyme : Félix]

Par Jean-Sébastien Chorin, Claude Pennetier

Né le 4 mars 1908 ou 1909 à Czestochowa (Pologne), fusillé le 27 mars 1944 au fort de la Duchère, Lyon (Rhône) ; tailleur ; combattant volontaire en Espagne ; résistant au sein des FTP-MOI dans le bataillon Carmagnole à Lyon.

Fischel Pfeffer était Juif polonais. Il travailla très jeune dans un atelier de tailleur et devint membre d’un syndicat. Il arriva à Paris vers 1935. En 1937, il partit en Espagne et s’engagea dans les Brigades internationales. Sa participation aux combats dans le bataillon Tchapaiev lui valut une décoration. Après la défaite des républicains, de retour en France, il fut interné au camp de Gurs (Basses-Pyrénées, Pyrénées-Atlantiques). Au début de la guerre, il s’engagea comme volontaire dans l’armée française. Démobilisé après l’armistice, il rejoignit Lyon et s’engagea pendant deux ans dans le mouvement Solidarité et des groupes de combat juifs. Il participa également au mouvement syndical clandestin. Fischel Pfeffer demeura 66 cours de la République à Villeurbanne (Rhône) et 17 rue Antoinette à Lyon (IIIe arr.). Il était marié et avait un enfant.
Il fut incorporé au début de l’année 1943 dans les Francs-tireurs et partisans-Main-d’œuvre immigrée (FTP-MOI) du bataillon Carmagnole sous le matricule 94074 et sous le pseudonyme de Félix. La direction des FTP lui confia la responsabilité politique d’un groupe. Le 10 janvier 1944 à 12 h 45, Fischel Pfeffer participa à l’attaque de trois Feldgendarmes. Les Allemands furent abattus et deux mitraillettes, deux revolvers et une sacoche pleine de documents furent récupérés.
Le 9 mars 1944, lors d’une opération de récupération d’armes (à cette occasion dix-huit gardiens de la paix et un membre des Groupes mobiles de réserve furent désarmés ou subirent des tentatives de désarmement par les résistants), le FTP-MOI Nathan Saks (dit Raymond) fut arrêté. Le lendemain, les policiers français surveillèrent sa « planque » (située au 48 bis cours Eugénie à Lyon) et appréhendèrent Fischel Pfeffer et Gajewski* (dit Simon Tokar). Une grenade fut trouvée sur Fischel Pfeffer. Gajewski* ne put résister à la torture. Il donna des informations qui entraînèrent l’arrestation de Tibor Weisz et Étienne Goldberger.
Fischel Pfeffer, Gajewski*, Étienne Goldberger et Tibor Weisz furent transférés le 14 mars à la prison Saint-Paul (Lyon). Le 27 mars, ils comparurent devant la cour martiale du secrétariat général au maintien de l’ordre, siégeant à la prison Saint-Paul. Ils furent condamnés à mort et conduits immédiatement après dans les fossés du fort de la Duchère (Lyon, IXe arr.) où des Français (vraisemblablement des GMR) les fusillèrent.
Fischer Pfeffer reçut à titre posthume la Médaille de la Résistance, la Médaille militaire et la Croix de guerre avec palme et citation.

Lyon, fort de la Duchère (19 février - 4 août 1944)

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article23888, notice PFEFFER Fischel [Pseudonyme : Félix] par Jean-Sébastien Chorin, Claude Pennetier, version mise en ligne le 10 décembre 2008, dernière modification le 21 décembre 2018.

Par Jean-Sébastien Chorin, Claude Pennetier

SOURCES : Arch. Dép. Rhône, 3678W19. – CHRD, Lyon, Art. 1167. – Renseignements communiqués par M. Grojnowski. – David Diamant, Combattants juifs dans l’armée républicaine espagnole, 1936-1939, 1979 ; Combattants, héros et martyrs de la Résistance, 1984. – Carmagnole Liberté, Francs-tireurs et partisans de la Main-d’œuvre Immigrée (FTP-MOI), 1985. – Virginie Sansico, La justice du pire, les cours martiales sous Vichy, 2002. – Annette Wieviorka, Ils étaient juifs, résistants, communistes, 1986. – Bruno Permezel, Résistants à Lyon, Villeurbanne et aux alentours, 2 824 engagements, 2003. – Amicale des Anciens francs-tireurs et partisans de la Main d’œuvre immigrée, Carmagnole Liberté, 1995.

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