FABBRI Paul

Par Claude Pennetier

Né le 29 septembre 1921 à Santa Agatha Feltria (Émilie Romagne, Italie), mort le 12 mai 1990 à Villejuif (Val-de-Marne) ; ouvrier métallurgiste ; secrétaire de la fédération communiste de Meurthe-et-Moselle, membre du comité central du Parti communiste (1954-1964).

Le père de Paul Fabbri (parfois orthographié Fabri), Agostino Fabbri, avait fuit le fascisme et la misère en quittant l’Italie pour la Lorraine. Mineur de fer dans le bassin de Longwy, à Hissigney-Godbrange, il fit venir sa femme et ses quatre enfants en 1926. Tous furent naturalisés en 1939. Le père mourut au fond de la mine en 1942.

Paul Fabbri était le seul garçon. Il fréquenta l’école primaire française, obtint le certificat d’études primaires, puis, son père étant devenu veuf, fut placé entre douze et treize ans comme valet de ferme. Dès qu’il eut quatorze ans, il revint à Hussigny pour y travailler comme livreur de bière et charbons, puis ouvrier du bâtiment, avant d’entrer à l’usine Raty du groupe Wendel. Trop jeune pour être mobilisé en 1939, il passa la guerre sur place et participa avec ses camarades à des actions de sabotage.

Les Jeunesses communistes avaient reçu son adhésion en 1936 mais son ancienneté au Parti communiste fut comptée à partir de septembre 1944. Il fut dès lors un actif militant communiste et syndical. Membre du comité central d’établissement de Wendel, il fut secrétaire du syndicat CGT des métaux d’Hussigny puis de l’USTM de Meurthe-et-Moselle avec Marcel Dupont.

En 1947, Paul Fabbri était secrétaire de la section d’Hussigny et membre du comité fédéral. Son entrée au secrétariat fédéral semble dater de 1949. Une fiche établie par la section de la montée des cadres en octobre 1949, conservée à Moscou, le présente comme secrétaire fédéral chargé des cellules d’entreprises. Gabriel Adam, premier secrétaire fédéral, portait l’appréciation suivante : « Actuellement fait preuve de beaucoup de dévouement au parti. On remarque chez lui un manque d’esprit de décision et d’initiative. C’est un jeune élément ouvrier susceptible d’un grand développement, capable de beaucoup de dévouement et possédant un esprit de Parti très marqué. » La SMC notait que sa candidature avait été ratifiée pour l’École centrale de quatre mois mais qu’il ne s’était pas présenté. Ce contretemps retarda sa promotion nationale. Il était en 1951 un secrétaire fédéral influent. Il anima la campagne pour les élections législatives de 1956 qui permirent au PCF de gagner un deuxième siège, celui de Louis Dupont* s’ajoutant à celui de Maurice Kriegel-Valrimont*.

Paul Fabbri fut l’organisateur du grand rassemblement international de Verdun, en 1956, où se rencontrèrent pour le 40e anniversaire de la bataille de Verdun, des pacifistes français, allemands, anglais, italiens.

Élu membre suppléant du comité central du PCF lors du congrès d’Ivry (XIIIe congrès, 3-7 juin 1954), Paul Fabbri était intervenu lors des travaux sur l’activité du parti à l’entreprise et avait critiqué les conceptions qu’il estimait liquidatrices d’Auguste Lecœur (compte rendu, p. 858-859). Dans son intervention au congrès du Havre (XVIe congrès, 18-21 juillet 1956), il souligna l’ampleur des progrès électoraux (doublement des voix depuis 1945) et fut élu membre titulaire du comité central. Il le quitta en 1964, à quarante-trois ans.

De 1957 à 1962, à la demande de la direction du PCF, Paul Fabbri vécut et milita en Loire-Atlantique où il appartint à la direction fédérale et aida à l’activité communiste en Morbihan et dans le Finistère Sud. En 1962, il travailla au comité central, auprès de Waldeck Rochet*, à la liaison avec les fédérations. Il s’installa alors à Villejuif et fut le président de Vétérans de cette ville.

À partir de 1968, son activité se déroula dans cette localité où il devint conseiller municipal en 1971. Il développa le service d’information de la ville et son bulletin municipal tout en suivant le Mouvement de la paix, l’Université nouvelle et les Amis de Vaillant-Couturier. Il ne se représenta pas aux élections municipales de 1989 et mourut l’année suivante d’un cancer foudroyant. Il fut enterré à Villejuif.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article23840, notice FABBRI Paul par Claude Pennetier, version mise en ligne le 7 décembre 2008, dernière modification le 11 septembre 2015.

Par Claude Pennetier

SOURCES : RGASPI, Moscou, dossier personnel de Paul Fabbri, 495 270 8898. — Arch. comité national du PCF. — Arch. du Musée de la Résistance nationale. — Comptes rendus des congrès nationaux du PCF. — Renseignements communiqués à Louis Gourinal par Nicole Mayer-Fabbri, compagne de Paul Fabbri. — Renseignements fournis par Louis Gourinal.

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