EBERHARD Jacques

Par Jean-Pierre Besse, Claude Pennetier

Né le 25 mai 1919 au Havre (Seine-Inférieure, Seine-Maritime) mort le 28 juillet 2009 à l’hôpital de Montivilliers (Seine-Maritime) ; ouvrier métallurgiste ; secrétaire de la fédération communiste de Seine-Maritime ; maire de Gonfreville-l’Orcher ; sénateur de Seine-Maritime (1969-1986).

[Sénat]

Fils d’un cordonnier qui fut sympathisant communiste et d’une couturière, Jacques Eberhard obtint le certificat d’études primaires puis le CAP d’ajusteur et travailla à l’Atelier de construction du Havre. Il adhéra aux Jeunesses communistes en mai 1937. La nouvelle du Pacte germano-soviétique le surprit : « Les premiers jours je n’ai pas bien compris mais ma confiance n’a jamais quitté l’Union soviétique seul pays où le capitalisme a cessé de régner. » Il resta donc en contact avec la JC jusqu’à son départ aux armées.

Caporal dans l’Infanterie de novembre 1939 au 21 juin 1940, Jacques Eberhard fut fait prisonnier et emmené en Allemagne : Stalag II D juillet 1940 à août 1941, Stalag II A août 1941 à septembre 1943. Alors qu’il travaillait au moulin de Potsdam, il réussit à se procurer des vêtements civils, à gagner Berlin et à se cacher dans un train de soldats allemands. Recueilli par des cheminots de Pantin, Jacques Eberhard rejoignit le domicile d’une tante à Plessis-Robinson et entra en relation avec la JC clandestine par l’intermédiaire de René Bourdet en décembre 1943. Il vécut dans les environs de Maryville mais perdit le contact avec la JC en mars 1944 en raison de la disparition de militants.

Le Parti communiste reçut l’adhésion de Jacques Eberhard en septembre 1944. Il entra au comité de section de Gonfreville en mai 1945, devint secrétaire de section en mars 1946, fut promu au comité fédéral en avril 1946. Son séjour à l’École centrale de quatre mois, de novembre 1948 à mars 1949, permit de souligner ses qualités d’« homme de masse » mais aussi la nécessité de renforcer sa culture politique. Jacques Eberhard fit également le stage des élus municipaux. Membre du bureau fédéral en 1953, il se consacra essentiellement à ses fonctions de maire de Gonfreville l’Orcher ( 1953-1978) et fut particulièrement actif dans le soutien aux grévistes pendant l’été 1953. Le délégué du comité central Fernand Dupuy* lui reprocha cependant des erreurs opportunistes comme l’invitation du consul anglais aux fêtes de la Libération et une trop grande ouverture dans les discussions sur les patronages catholiques. Jacques Eberhard entra au secrétariat fédéral en juin 1956, en quatrième position de l’équipe animée par Roland Leroy* avec Henri Levillain* et André Duroméa*. Il y resta jusqu’en décembre 1966. Il siégea ensuite au comité fédéral jusqu’en 1990. Le Parti communiste le présenta en diverses occasions : conseil de la République (1958), législatives. Il fut conseiller général de Montivilliers de 1964 à 1982.

Devenu sénateur le 13 septembre 1969 en remplacement de Léon Rogé, Jacques Eberhard fut réélu le 25 septembre 1977. Il ne se représenta pas en octobre 1986.

Jacques Eberhard s’était marié à Harfleur (Seine-Maritime) en octobre 1944 avec Gilberte Fenêtre et était père de famille.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article23802, notice EBERHARD Jacques par Jean-Pierre Besse, Claude Pennetier, version mise en ligne le 30 novembre 2008, dernière modification le 8 juin 2015.

Par Jean-Pierre Besse, Claude Pennetier

[Sénat]

SOURCES : Arch. comité national du PCF. — État civil du Havre.- L’Humanité, juillet 2009.

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