EBENSTEIN Bernard

Par Jacques Girault

Né le 11 décembre 1935 à Nancy (Meurthe-et-Moselle) ; professeur ; militant communiste de Haute-Vienne ; maire adjoint de Limoges (Haute-Vienne), conseiller général.

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Issu d’une famille ouvrière juive polonaise (père, ouvrier coupeur en cuir ayant gagné les Forces françaises libres à Londres le 15 juillet 1940, puis communiste, mère mécanicienne en fourrures), Bernard Ebenstein vécut, pendant la guerre, caché à Créteil (Seine, Val-de-Marne). « Juif déjudaïsé », il resta sympathisant des associations de juifs progressistes laïcs (Presse nouvelle, anciens de la Commission centrale de l’enfance où il séjourna en maison d’enfants après la guerre). Il effectua sa scolarité jusqu’à la première partie du baccalauréat au collège moderne de Nogent-sur-Marne, puis au lycée Marcellin Berthelot (philosophie) à Saint-Maur-des-Fossés. Après avoir préparé le concours d’entrée à l’École normale supérieure de Saint-Cloud au lycée Chaptal à Paris, il termina ses études de lettres modernes à la Sorbonne et obtint le CAPES en 1958.

Bernard Ebenstein enseigna comme professeur certifié de 1958 à 1961 à Saint-Léonard-de-Noblat (Haute-Vienne), puis au lycée Gay Lussac de Limoges, où il resta, devenu agrégé de Lettres modernes, de 1964 à 1970. Nommé assistant à la Faculté des lettres récemment créée à Limoges, il devint maître-assistant en 1982, puis maître de conférences (spécialités : rhétorique, stylistique, grammaire au XVIIIe siècle) jusqu’à sa retraite en 1996. Il commença une thèse de doctorat sur « Les petits philosophes de la deuxième moitié du XVIIIe : études stylistiques » et publia des contributions sur Condorcet, d’Holbach, Helvétius, Raynal. Il fut un des fondateurs de l’Association française des professeurs de français en 1967. Il organisa en mai 1982 à Limoges un congrès international de linguistique hispanique et fut un des créateurs du Groupe d’études en histoire de la langue française rattaché au CNRS, basé à l’École normale supérieure jusqu’en 1996, initiateur d’études, de séminaires, de colloques, de publications.

Bernard Ebenstein épousa en juillet 1956 à Paris (XIVe arr.) Renée Judde, agrégée, maître de conférences en littérature comparée. Le couple eut trois enfants.

Militant du SNES puis du SNESup, Ebenstein siégea au Comité national des universités. Il signa notamment, le 20 novembre 2005, une lettre ouverte au président du jury de l’agrégation qui protestait contre la diminution des spécialistes de grammaire dans le jury.
Bernard Ebenstein adhéra au Parti communiste français en 1953. Secrétaire de la section communiste de Laurière, puis de son bureau, il entra au comité de la fédération communiste de Haute-Vienne en 1964 et y resta jusqu’en 1995. Il fut le seul conseiller général qui resta dans la direction fédérale après la dissidence de Marcel Rigout* et Ellen Constans* en 1986, lors de la division entre « orthodoxes » et « reconstructeurs. »

Bernard Ebenstein, élu conseiller général du canton de Laurière en 1964, fut réélu en 1970, en 1976, en 1982. Il fut élu de justesse au second tour en 1964, avec 7 voix d’avance sur le candidat socialiste, et réélu dès le 1er tour à tous les autres scrutins, avec de 52,8 % à 57,8 % des voix . Il fut battu de 48 voix en 1988 par le candidat de droite, ne récupérant qu’un tiers des voix socialistes du 1er tour. Il fut pendant ces mandats vice-président chargé des finances du département (1964-1988). Il présida le groupe communiste dans l’assemblée départementale de 1973 à 1988.

Bernard Ebenstein, conseiller municipal de Bersac-sur-Rivalier de 1964 à 1977, entra au conseil municipal de Limoges en 1977, réélu en 1989, en 1995, en 2001. Il fut désigné comme adjoint au maire (chargé des finances et du patrimoine municipal) de 1988 à 2008. Délégué à la Communauté d’agglomération de Limoges-Métropole, au syndicat mixte pour le haut débit en Limousin (DORSAL), vice-président du syndicat de l’aéroport de Limoges, représentant de la ville au Conseil d’université, au conseil d’administration de l’Institut universitaire de technologie, au Centre de formation de la fonction publique territoriale, il était le vice-président de la SEM des transports urbains. Doyen d’âge sur la liste de rassemblement de la gauche « Grand Limoges. Notre ville, c’est votre vie » conduite par le maire sortant socialiste Alain Rodet en 2008 qui fut réélue, il retrouva son mandat d’adjoint. Il fit partie, en 2005, du collectif régional pour le « Non à la Constitution libérale ». Il présida le groupe communiste au conseil municipal de Limoges de 1982 à 2008. Il fut candidat, sans succès, sur la liste PCF aux régionales de 1992.
Ebenstein fut en outre candidat communiste aux élections sénatoriales de 1976 et de 1990, et régionales de 1995.
Son oncle Simon Ebenstein, coupeur en cuirs dans l’entreprise aryanisée Krzykowski, 14 rue de Paradis à Paris (Xe arr.), fut arrêté pour "atteinte au matériel de l’armée allemande" en février 1943, puis interné à Drancy et déporté à Auschwitz où il mourut en octobre 1943.
Maurice Veldzland, oncle par alliance de Bernard Ebenstein, militant communiste a été fusillé comme otage le 30 avril 1942 au champ de tir de Biard près de Poitiers (Vienne).

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article23801, notice EBENSTEIN Bernard par Jacques Girault, version mise en ligne le 30 novembre 2008, dernière modification le 19 octobre 2017.

Par Jacques Girault

[Site Internet grandlimoges.fr.]

SOURCES : Arch. comité national du PCF. — Presse locale et nationale. — Renseignements fournis par l’intéressé.

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