FAVRO Antoine, Marius, Léon

Par Jacques Girault

Né 4 mai 1886 à Draguignan (Var), mort le 7 décembre 1967 à Draguignan ; commerçant ; militant socialiste SFIO du Var ; conseiller général du canton de Draguignan (1937-1940, 1945-1951), maire de Draguignan (1953-1959).

Son père, tailleur d’habits, était originaire des Hautes-Alpes ; il participait en 1907 au comité d’union socialiste de Draguignan lors de l’élection au conseil général. Son épouse était couturière.

Antoine Favro se maria à Marseille (Bouches-du-Rhône) en juillet 1909 où il était employé. Franc-maçon, commerçant, distillateur et liquoriste selon les sources, il devint conseiller municipal de Draguignan le 5 mai 1929, sur la liste d’Union des gauches avec 1 311 voix sur 2 630 inscrits. Il était parmi les dix-sept membres de la SFIO. Il devint adjoint supplémentaire en cours de mandat. Le 18 octobre 1931, il s’était présenté comme SFIO au conseil général dans le canton d’Aups et avait obtenu 119 voix sur 859 inscrits. Le 3 décembre 1933, il avait été désigné, par le congrès de reconstitution de la SFIO, comme membre du comité fédéral. Le 26 décembre, il participait aux réunions données par Théo Bretin. Toutefois, il ne se représenta pas aux élections municipales de 1935. Aucune explication ne fut donnée. Il appartenait pourtant toujours à la commission exécutive de la section SFIO locale.

Pour le renouvellement du conseil général en 1937, le conseiller sortant USR dans le canton de Draguignan ne se représentait pas. Antoine Favro, candidat SFIO, obtint, le 10 octobre, 1 091 voix et fut élu au deuxième tour avec 1 617 voix. Il fut membre de la deuxième commission (Travaux publics, bâtiments départementaux, vicinalité) et de la commission des transports. Il fut délégué au conseil départemental de l’Instruction primaire, au conseil de famille des pupilles de l’Assistance publique, à la commission de classement des demandes de bureaux de tabacs de deuxième classe, au comité pour la prophylaxie antituberculeuse, à la commission départementale d’appel des lois d’assistance, à la commission de coordination des transports ferroviaires et routiers.

Antoine Favro avait de bons rapports avec toutes les forces de gauche. Il présidait par exemple, en janvier 1938, une réunion de Paix et Liberté.

À la Libération, lors de la première réunion du comité fédéral de la SFIO le 4 décembre 1944, il était indiqué que Favro avait été membre du comité fédéral du Parti socialiste clandestin. Aussi était-il exempté de comparaître devant l’instance fédérale pour être maintenu au Parti. On le retrouva membre du comité fédéral et il fut désigné comme délégué au congrès national. Le 23 septembre 1945, il fut réélu conseiller général avec 3 116 voix sur 9 422 inscrits contre un seul adversaire communiste. Il devint membre de la commission départementale et la présida à partir de la décision des conseillers généraux socialistes le 27 octobre 1945. En outre, il était membre des commissions des Finances, d’électrification des campagnes, de l’hydraulique, des bourses scolaires. Il représentait le conseil général au conseil de famille des pupilles de l’Assistance publique, aux commissions des investigations, de classement des demandes de bureaux de tabacs, des allocations militaires, d’appel des lois d’assistance, des colonies de vacances. À partir de 1948, s’y ajoutaient notamment ses participations au conseil départemental de l’enseignement primaire, au comité technique départemental des transports, au conseil d’administration des Écoles normales, à la commission de l’amélioration de l’habitat et au conseil d’administration de l’Office départemental des anciens combattants et victimes de la guerre.

Lors du renouvellement de 1951, la candidature d’Antoine Favro ne semble pas avoir recueilli l’assentiment de la section socialiste qui lui préféra Fabre* le 8 septembre. Favro déposa tout de même sa candidature et obtint le 7 octobre, 318 voix sur 8 926 inscrits. Il appela à voter Fabre au deuxième tour.

Antoine Favro avait été élu conseiller municipal, le 25 octobre 1947 en quatrième position. Pour le renouvellement du 26 avril 1953, il fut réélu. Le maire sortant Bousquié se représentait mais fut battu. Il accusa alors Favro d’avoir intrigué contre lui et d’avoir, avec la solidarité maçonnique, obtenu de nombreux bulletins où le nom de Bousquié était rayé (lettres à J. Charlot, 2 juin et 28 juin 1953). Favro se présenta comme maire le 13 mai. Il fut élu au troisième tour avec 13 voix contre 7 voix à son adversaire communiste et 7 voix au candidat de droite.

Antoine Favro se présenta en avril 1958 au conseil général contre le conseiller sortant SFIO Maurel* dans le canton de Comps. Il fut exclu du Parti et ne brigua pas de nouveau mandat de maire en 1959. Il aurait adhéré au Parti socialiste unifié (PSU).

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article23742, notice FAVRO Antoine, Marius, Léon par Jacques Girault, version mise en ligne le 24 novembre 2008, dernière modification le 24 novembre 2008.

Par Jacques Girault

SOURCES : Arch. Dép. Var, 2 M 3.52, 2 M 5.2, 19, 2 M 5.280, 2 M 5.292, 2 M 5.293, 2 M 7.32.1, 4 M 49.4.3, 4 M 50, 18 M 13. — Arch. Com. Draguignan. — Arch. J. Charlot (CRHMSS). — Presse locale. — Sources orales. — Renseignements communiqués par J.-M. Guillon.

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