FAURE Paul, Émile. Pseudonyme : BROTTEAUX

Par Justinien Raymond

Né le 3 février 1878 à Périgueux (Dordogne), mort le 16 novembre 1960 à Paris (VIIIe arr.) ; publiciste ; militant guesdiste du POF puis de la SFIO après l’unité de 1905, secrétaire général du Parti socialiste SFIO du congrès de scission de Tours à la Seconde Guerre mondiale ; député de Saône-et-Loire (1924-1932, 1938-1940).

[Hubert-Rouger, Encyclopédie socialiste, op. cit.]

Bien que né hors des milieux ouvriers ou populaires qui fournissaient au socialisme la plupart de ses adhérents et militants, Paul Faure vint jeune au mouvement comme il le déclara lui-même au congrès national de la SFIO à Lyon en 1927. « J’y suis venu [au socialisme] tout jeune, quant à moi. Élevé dans la classe moyenne, vers l’âge de dix-huit ans, avec toutes mes illusions, toute mon ardeur de jeune homme, j’ai cherché un Parti, et j’ai trouvé le socialisme… » Les racines terriennes de sa famille, à Grignols (Dordogne) étaient toutes proches. Son père, avocat républicain, avait siégé au conseil général de la Dordogne. C’est au cours d’un bref passage de quelques mois à l’École de commerce de Bordeaux que fut touché par la propagande socialiste. Il allait désormais se consacrer lui-même à la propagande et à l’action socialistes, par la parole et par la plume, celle-ci devenant aussi son gagne-pain.

Dans sa confession devant le congrès de Lyon, il donnait les motifs de son adhésion au socialisme. Je n’ai pas été « enthousiasmé avouait-il à cause de l’impôt sur le revenu ou de la séparation des Églises et de l’État. Non, je suis venu au socialisme parce que les chefs du socialisme avaient mis dans leurs brochures, dans ces petites brochures à deux sous … de magnifiques exposés doctrinaux. Jules Guesde, Paul Lafargue m’ont ouvert les yeux aux âpres conflits des classes, aux nécessaires luttes révolutionnaires. Je vous le déclare, tout mon enthousiasme, toute ma foi socialiste, je les ai puisés dans les doctrines les plus nettement révolutionnaires… ». Paul Faure appartient donc à la tradition guesdiste du socialisme français. C’est à la Fédération de la Dordogne du POF qu’il adhérera dès sa constitution en 1901 sous l’égide de Raymond Lavigne, guesdiste girondin que Paul Faure avait peut-être entendu à Bordeaux. Paul Faure représentera cette Fédération au congrès national de Reims où naîtra le Parti socialiste de France dans lequel se regroupent tous les courants du socialisme qui se réclament du marxisme. En 1904, il conduisit au succès une liste de candidats aux élections municipales à Grignols, berceau de sa famille et en devint le maire pour deux ans, après lesquels il continua à siéger comme simple conseiller (1906-1908). Il représenta sa Fédération au congrès national d’unification à Paris, salle du Globe, et se trouva à son issue, au sein du Parti socialiste SFIO.

Jusqu’au lendemain de la Première Guerre mondiale, l’action de Paul Faure se déroulera dans son département natal. En 1906, avec ses camarades Édouard Beylot et Marcel Castagnier, il lança, à Périgueux, un hebdomadaire, Le Travailleur du Périgord, et en fut le rédacteur en chef. Organe socialiste, ce journal était aussi la voix de la Bourse du Travail que le militant syndicaliste Moïse Teyssandier (1865-1940) représentait au comité de rédaction. Très vite, Le Travailleur du Périgord se mua en Travailleur du Centre, organe commun des Fédérations voisines de la Corrèze, de la Creuse, de la Dordogne et du Lot qui lui doivent un précoce essor. En 1906 également, Paul Faure représenta la Dordogne au congrès national de la SFIO à Limoges où il demanda que le groupe parlementaire du Parti pratique une opposition de classe vigoureuse. En 1909, il se présenta à une élection partielle au conseil général dans le canton de Périgueux : il ne fut pas élu mais obtint 1 954 voix. Par contre, il rencontra le succès en 1912 : candidat sur une liste ouvrière au conseil municipal de Périgueux, il fut élu avec 2 700 voix. Candidat socialiste aux trois élections législatives qui précédèrent la Première Guerre mondiale dans la 1re circonscription de Périgueux, contre le député de gauche, modéré, Georges Saumande, Paul Faure porta les suffrages de son parti de 1 063 sur 15 572 inscrits en 1906 à 3 520 sur 15 322 en 1914.

Mobilisé en 1914, il resta lucide et interrogatif devant l’événement. Il écrivit dans Le Populaire du Centre. « La guerre austro-serbe devait déclencher inévitablement une guerre européenne. Y a-t-il eu, réellement, des provocations serbes intolérables et celles-ci ont-elles été suscitées par la diplomatie russe ? Est-ce, au contraire, l’impérialisme autrichien associé à celui de Berlin qui ont fait des leurs ? Il est bien difficile de le savoir maintenant et peut-être ne le saura-t-on jamais. L’histoire aura pourtant à rechercher les coupables, à établir les responsabilités, à découvrir les origines du conflit formidable, de ce crime des crimes qu’est la guerre actuelle… » Mais il souhaitait la victoire de son pays sans sombrer dans le chauvinisme : « La France, poursuivait-il, ne peut évoluer vers un état supérieur de la civilisation, qu’indépendante. La défaite de l’Allemagne et de l’Autriche permettra aux travailleurs de tout le centre de l’Europe, à la vaillante social-démocratie de l’Allemagne surtout, de se rapprocher du pouvoir. » Très réticent d’abord devant la participation socialiste aux gouvernements d’union sacrée, il se rallia, à l’exemple de son maître Jules Guesde, mais insista pour qu’on définisse clairement les buts de guerre de la France, pour qu’on n’écarte aucune chance de paix et pour qu’on maintienne les relations entre les Partis de l’Internationale socialiste. Il allait bientôt se raviser. S’il ne put signer, étant soldat, le Manifeste du 15 mai 1915 de la Fédération de la Haute-Vienne contre la politique de guerre du Parti socialiste, il avait participé à sa rédaction, et il en défendait l’esprit dans Le Populaire du Centre sous le pseudonyme de Pax, et aussi dans Le Populaire, organe du mouvement socialiste minoritaire publié à Limoges du 1er mai 1916 au 15 juillet 1917 et qui connut 59 numéros, avant d’être publié à Paris. Lorsque ce quotidien minoritaire deviendra Le Populaire de Paris, Paul Faure en demeura le collaborateur comme rédacteur en chef. Il y assura même une vivante revue de presse qu’il signait Brotteaux.

Ainsi, quand la Première Guerre mondiale prit fin, l’action de Paul Faure s’était déplacée vers la capitale et il allait prendre une stature nationale, non pas comme élu d’abord mais dans la vie alors orageuse du Parti socialiste. Depuis 1918 il siégeait à la CAP et il ne la quittera pas jusqu’en 1940. Placé au septième rang de la liste des quatorze candidats socialistes menée par Jean Longuet aux élections législatives du 16 novembre 1919 dans la 4e circonscription de la Seine (arrondissements de Saint-Denis et de Sceaux), il recueillit 112 609 voix sur 389 219 inscrits et 285 719 votants et il échoua avec tous ses colistiers, la liste du Bloc national emportant tous les sièges. Mais, au sein du Parti socialiste, il apparut comme un des protagonistes d’une des tendances qui traversaient le Parti sur le problème de l’adhésion à la IIIe Internationale. Au congrès des 20-22 avril 1919 à Paris, salle de la Bellevilloise, il anima avec Jean Longuet le courant « Reconstructeur » dont il fut le secrétaire et qui était alors majoritaire (894 mandats) : il réclamait l’épuration du mouvement socialiste, la remise en vigueur des principes de lutte de classe et d’opposition irréductible aux partis et aux gouvernements bourgeois, une nouvelle Internationale travaillant à la révolution sociale, et aussi des relations fraternelles avec l’organisation de Moscou. En face, les « résistants » de droite, Renaudel et ses amis, gagnaient 757 mandats à l’idée du maintien de la IIe Internationale. À gauche, forts de 270 mandats les ex-Kienthaliens demandaient la rupture immédiate avec la IIe Internationale. Paul Faure fit un pas de plus au congrès national de Strasbourg (25-29 février 1920), comme délégué de la Seine, en acceptant les neuf conditions alors connues pour un mariage à égalité avec Moscou comme il le rappela lui-même à Tours. Au congrès de Tours (25-30 décembre 1920), prenant la parole le 27 décembre au matin, il analysa les 21 conditions mises à l’entrée des socialistes dans la IIIe Internationale, pour les repousser : refus de la représentation proportionnelle dans le Parti ; organisations clandestines doublant les organisations publiques ; obligation de noyauter les syndicats au risque d’en briser l’unité préservée jusqu’ici ; même danger de l’infiltration dans les coopératives qui, elles, traversaient une période difficile. « Ce que nous aurions à faire, conclut-il, ce serait de nous inspirer de tout le passé de lutte de Guesde et de Jaurès pour une action commune du prolétariat français. Nous étions arrivés à cela quand la guerre éclata. » Au cours de la séance de nuit du 29 décembre 1920, parlant au nom des « Reconstructeurs », il affirma que leur exclusion du nouveau Parti était déjà décidée et que la majorité du congrès ne pouvait leur y garantir une situation pleine et libre. Comme le Comité de résistance socialiste annonça peu après par la voix de Paoli que le lendemain, à 10 heures, laissant là se tenir les assises du « premier congrès communiste », « le congrès du Parti socialiste SFIO continuera ses travaux dans la salle du Démophile, 72, rue de Lariche », la scission était consommée.

Deux partis ouvriers cœxisteront désormais en France : la « majorité » constituera le Parti socialiste SFIC qui prendra vite le nom de Parti communiste SFIC ; la « minorité » maintiendra la filiation avec le Parti socialiste SFIO ; minorité réunissant deux courants, autour de Blum et Paoli, les « Résistants », ceux qui ont toujours refusé l’adhésion à la IIIe Internationale, autour de Paul Faure et Jean Longuet ceux des « Reconstructeurs » qui ne se sont pas ralliés au comité de la IIIe Internationale. Il aurait été hasardeux en cette fin de décembre 1920, de parier sur l’avenir de ce Parti socialiste SFIO. Malgré l’affirmation qu’en lui se continuait le vieux Parti socialiste face à un Parti nouveau par sa doctrine, son organisation, sa tactique et sa discipline, le Parti socialiste SFIO issu de Tours apparaissait comme une minorité rebelle à la loi de la majorité et l’histoire du mouvement ouvrier a compté nombre de ces minorités qui se sont vite réduites à l’état de sectes avant de disparaître. Le nouveau Parti communiste fort de sa ferme condamnation de la politique du temps de guerre, bénéficiait en outre de l’enthousiasme soulevé par la révolution russe. Enfin il entraînait avec lui la masse des militants, la majorité des élus de tous rangs et le titre prestigieux du journal l’Humanité. Or, c’est à Paul Faure qu’était confié ce Parti sans avenir. Sur proposition de Sembat (« Résistant ») et de Pressemane (« Reconstructeur ») il fut nommé secrétaire général et il le demeura jusqu’en 1940, pendant près de vingt ans.

À Tours, cependant, Paul Faure avait été loin, très loin de s’imposer sur le plan doctrinal à l’égal de Léon Blum et les années passant, celui-ci apparaîtra de plus en plus comme le vrai « chef » du Parti socialiste. Mais il s’agissait d’abord de renaître, de refaire le Parti et si Léon Blum le représentait au Parlement et sur la scène internationale c’était Paul Faure qui était le maître d’œuvre dans cette tâche terre à terre et quotidienne. Il y avait partage des rôles entre deux hommes qui étaient loin d’être toujours d’accord. Paul Faure, homme de l’appareil, était, pour les militants, le vrai chef du Parti. Il n’était sans doute pas vraiment un organisateur, mais il lui suffisait d’avoir un bon administrateur à ses côtés ; il l’eut, en son secrétaire Hug. Paul Faure tint le parti par son éditorial quotidien du Populaire et par la parole qu’il porta de Fédération en Fédération, de réunion publique en réunion publique, et qui lui permit de dominer les congrès. Son éditorial publié en première page, court, sous le titre « La politique socialiste » apparaissait comme la voix du Parti. Laissant les subtiles discussions ou les analyses poursuivies jour après jour à l’article leader de Léon Blum, Paul Faure allait droit au but avec une intuition de ce que sentaient et pensaient les militants. Son éditorial visait à les encourager, à les mobiliser, et aussi à leur fournir des arguments pour faire front dans les discussions et pour la propagande. Il le dit expressément en conclusion de son éditorial du 21 juillet 1931 dans lequel, sous le titre « Doctrine universelle », il apportait aux militants les preuves textuelles que, sur la petite propriété paysanne outil de travail et non moyen d’exploitation, tous les partis de l’Internationale pensaient de même. Éditorialiste mordant ou étincelant, polémiste, Paul Faure était aussi un tribun populaire. Il ne s’imposait pas par sa stature, mais son visage hâlé et son regard ardent, son léger accent méridional, son verbe facile lui assurait d’emblée l’audience des foules. Et dans les congrès socialistes les plus houleux, il s’imposait avec la même aisance par le choix du moment, des arguments et du ton d’une intervention qui lui assurait le succès.

Ces moyens ne pouvaient garantir à Paul Faure le même succès dans une assemblée parlementaire. Il a cherché à être élu ou on l’y a poussé : il y avait intérêt pour un parti pauvre à assurer à son secrétaire général un traitement de député. Mais la tribune du Palais-Bourbon n’était pas celle qui lui convenait le mieux. Il y était à l’aise s’il parlait en militant comme le 31 janvier 1931 quand il attaqua vivement Pierre Laval, président du Conseil, et lui rappela son passé ou lorsque, à la veille des élections de 1932, le député du Creusot qu’il était, dénonça le rôle néfaste des « marchands de canons ». C’est en effet une circonscription largement ouvrière qu’il choisit en 1924. Cette année-là, second sur la liste socialiste SFIO, il fut élu député de Saône-et-Loire par 63 198 voix sur 140 822 votants, et, à la tête d’une liste socialiste il conquit le Creusot et devint, pour un mandat, maire de la ville de Schneider (1925-1929). Aux élections législatives de 1928, il fut réélu au second tour de scrutin, dans la 2e circonscription d’Autun : sur 16 071 votants, Paul Faure recueillit 6 976 voix contre 7 257 à Bataille, gauche radicale, 1 240 à Bras, communiste et 598 à Comeau, républicain de gauche ; au second tour, attirant à lui, malgré le maintien de leur candidat, un millier d’électeurs communistes, il l’emporta sur Bataille par 8 158 voix contre 7 815, Bras n’en conservant que 215. Moins heureux le 1er mai 1932, Paul Faure fut battu, dès le premier tour, par son principal adversaire de 1928, avec 6 993 voix contre 8 457 sur 15 784 inscrits. Quelques jours plus tard, le 11 mai, le groupe parlementaire socialiste lui témoigna sa sympathie en se comptant sur son nom pour l’élection du président de la République qui vit le succès d’Albert Lebrun avec 633 voix ; Paul Faure en recueillit 144, Painlevé, 12, Cachin, 8. En 1936, Paul Faure renonça à toute candidature, mais le 6 novembre 1938, à la faveur d’une élection partielle, il fut réélu, au second tour de scrutin, député de Saône-et-Loire, dans la 2e circonscription de Charolles, par 8 505 voix contre 7 918 au radical Morin. À moins d’un an de la Seconde Guerre mondiale et au cours d’une année difficile pour le Parti socialiste, l’action parlementaire de son secrétaire général fut fort réduite. Il fut également élu conseiller général de Gueugnon.

La difficile reconstruction du Parti socialiste, sorti exangue de la scission de Tours posait aussi le problème de son ancrage international. Il se disait « Section française de l’Internationale ouvrière », mais quelle Internationale ? car s’ils avaient rejeté l’adhésion à la IIIe Internationale, les Partis socialistes qui avaient opposé à Moscou le même refus que lui se regroupaient en deux organisations internationales distinctes. Le Parti ouvrier belge, le Labour Party du Royaume-Uni et la social-démocratie allemande (SPD) majoritaire, continuaient la IIe Internationale. La SFIO qui avait rompu avec cette dernière avant le congrès de Tours et les partis qui avaient pratiqué le même retrait, l’Indépendant Labour Party, les Partis socialistes autrichien et italien et l’USPD, parti social-démocrate indépendant d’Allemagne, formaient l’Internationale « deux et demi ». La réunion des deux tronçons de la IIe Internationale se trouvait posée, d’autant que, en Allemagne, l’USPD venait de rejoindre la SPD le 27 septembre 1922. Si, par la suite, Paul Faure laissa à Blum et à d’autres la représentation internationale de la SFIO, il joua un rôle notable au sein de l’Internationale « deux et demi » dans les débats préliminaires à la fusion, débats qui devaient conduire à la reconstitution d’une Internationale unique face à la IIIe, l’IOS (Internationale ouvrière socialiste) au congrès de Hambourg (mai 1923). C’est que, dans sa tâche de reconstruction, il tenait à cette clarification des liaisons internationales qui devait conforter un Parti socialiste renaissant. Il affirma que 1923 n’était pas 1904 et que la participation à des gouvernements bourgeois, était devenue inéluctable pour certains Partis socialistes. L’Internationale « deux et demi », on l’appelait aussi l’« Union de Vienne », devait le concéder à la IIe Internationale pourvu qu’on ne mélangeât pas les genres et que les socialistes devenus ministres ne fussent pas membres du Bureau exécutif international. Pour le reste, la réunion devait s’opérer sur la Charte d’Amsterdam de 1904. Paul Faure se prononça donc pour la fusion dans ce sens en acceptant la motion Adler avec tous les délégués français au congrès de Hambourg : l’Internationale « deux et demi », accepta la réunification par 99 voix contre 6 dont celle du socialiste indépendant allemand Ledebour.

Sur le plan intérieur, domaine presque exclusif de son action, jamais Paul Faure n’accepta cette idée de la participation ministérielle des socialistes, du moins tant qu’ils ne dirigeraient pas eux-mêmes le gouvernement. Dans son souci de refaire le Parti, de ne pas céder tout le terrain idéologique au Parti communiste, il veut préserver la SFIO des alliances et des contacts compromettants, pour ne pas abandonner au Parti communiste une domination exclusive sur l’électorat ouvrier, le plus radicalisé. Lui-même se garda du confusionnisme : ainsi il ne fut pas franc-maçon, comme l’étaient tant d’élus socialistes qui ne juraient que par l’union des gauches, des socialistes et des radicaux. Après la cruelle expérience faite aux élections législatives de 1919 par un Parti socialiste encore uni et porté par l’espérance populaire, il était cependant clair qu’avec le même mode de scrutin et avec un Parti communiste sur sa gauche, le Parti socialiste, tout juste convalescent, irait à la plus irrémédiable défaite, s’il n’entrait pas dans une coalition quelconque pour les élections législatives de 1924. Paul Faure le pensa avec la majorité du Parti et, comme la tactique du Parti communiste interdisait d’espérer une alliance à « gauche », il fallut bien l’envisager à « droite ». En Saône-et-Loire même où il était lui-même candidat, Paul Faure et les radicaux proposèrent au Parti communiste, la constitution d’un Cartel électoral ; sur refus de ce dernier, Paul Faure et ses camarades décidèrent de se battre seuls. C’était appliquer la tactique défendue par Paul Faure entre autres au congrès préélectoral du Parti socialiste à Marseille (janvier 1924) : puisque l’alliance à « gauche » avec le PC lui était impossible, le Parti socialiste irait seul à la bataille, sauf là où cet isolement serait un suicide et c’est la CAP, c’est-à-dire la direction du Parti, Paul Faure en tête, qui en déciderait et non les appétits électoraux locaux. Limité géographiquement, le Cartel des gauches avec les radicaux le sera aussi dans sa portée politique et là encore Paul Faure a voulu qu’il en fût ainsi. L’alliance était purement circonstancielle, limitée au jour du scrutin, sans engagement pour ses lendemains. L’alliance n’avait aucun contenu idéologique et n’était pas, sur un programme commun, la recherche d’une majorité de gouvernement. Les deux partis radical-socialiste et socialiste, ne confondaient pas leur doctrine politique et sociale, ni leur programme électoral. Ils s’unissaient pour abattre le Bloc national et mettre un terme à sa politique jugée néfaste, au-dehors et au-dedans, sur les plans financier, économique et social. Cette tactique fut payante pour le Parti socialiste : trois ans et demi après la scission de Tours, elle marqua, effet et cause, une étape de sa renaissance et, sur le plan électoral et parlementaire au moins, elle renversa le rapport de forces avec le Parti communiste. Alors qu’en 1919, le Parti socialiste toujours uni ne conquit que 68 sièges de députés, la SFIO s’en adjugea 101 en 1924, 61 sur les listes du Cartel et 40 sur les listes homogènes.

Mais Paul Faure et la majorité du Parti qui le suivait et qu’il tenait solidement ne faisaient pas de son poids électoral et parlementaire le critère essentiel de son influence. Le nombre de ses sections, le nombre et la qualité des adhérents souhaités, jeunes surtout, ouvriers et salariés de préférence, lui paraissaient les signes de santé d’un Parti socialiste qu’il voulait toujours révolutionnaire. Face à un Parti communiste rival, la participation ministérielle qui aurait fait du Parti socialiste un parti de gouvernement aurait été une politique mortelle. Mais il ne condamnait pas seulement la participation ministérielle pour des raisons tactiques ; c’était pour lui un point de doctrine, le Parti socialiste étant pour lui un parti de classe, il devait s’opposer aux partis bourgeois, au Parlement comme ailleurs. Tout au long de la législature du Cartel, comme après les élections législatives de 1928, Paul Faure combattit et contint au sein de la SFIO la tendance « participationniste » ; s’appuyant sur la majorité du Parti et sur la CAP qui en était issue, il imposa cette attitude d’opposition au groupe parlementaire dont le plus souvent la majorité souhaitait la participation. Sur le plan électoral, union des gauches au second tour en faveur du candidat « à quelque formation qu’il appartienne, qui a le plus de chance de battre la réaction… » (résolution du congrès extraordinaire de Paris, janvier 1932), mais autonomie du groupe parlementaire qui peut soutenir un gouvernement de réformes mais non s’intégrer dans une majorité.

Cette tactique ayant conduit, aux élections législatives de 1932, à une nette victoire électorale de la gauche radicale et socialiste, et à un recul communiste, le Parti socialiste, à l’unanimité de ses délégués (sauf moins de deux cents mandats) alla au-devant d’éventuelles offres de participation en y mettant comme conditions l’adhésion de ses alliés possibles à un « cahier de revendications » dit « Cahier de Huyghens » (du nom de la salle parisienne du congrès qui l’établit), que repoussèrent tour à tour Herriot, Paul-Boncour (qui avait quitté le PS) et Daladier. Mais, contre l’avis de Blum et de Auriol qui se démirent de leurs fonctions de président et de secrétaire, la majorité du groupe parlementaire socialiste passant outre aux Cahiers de Huyghens et s’étant engagée sur la voix de la participation, Paul Faure lui opposa la décision du Conseil national du Parti du 6 novembre 1932, et fit confirmer cette interdiction par le congrès extraordinaire d’Avignon (avril 1933), qui rappela que « le Parti socialiste est un parti de lutte de classe » et condamna le « ministérialisme ». Interprétant dans son sens la motion d’Avignon, le groupe parlementaire décida, le 24 mai, de voter le budget. Paul Faure riposta avec l’appui de la CAP le lendemain, mais en vain puisque, le 26 mai, le groupe maintint sa décision par 63 voix contre 28, tout en se montrant décidé à refuser toute sanction devant le congrès de Paris (juillet 1933). Paul Faure repoussa, devant le congrès, cette prétention : le problème est plus grave que la simple question du vote du budget dit-il en substance, c’est toute l’attitude de la majorité du groupe parlementaire qui est en question. À ceux qui veulent ménager la susceptibilité des élus, il rétorqua : « Et la susceptibilité du Parti ? » « Nous proposons très nettement un blâme à la majorité du groupe parlementaire, déclara le secrétaire général du Parti, et nous maintiendrons cette position jusqu’au bout », ce qu’il fit, suivi par le congrès. Les chefs de file de la rébellion du groupe parlementaire ayant opposé le 27 août 1933, à Angoulême, un « néo-socialisme » à l’idéologie du Parti, et 37 députés ayant rompu la discipline de vote en votant, en vain, au secours du cabinet Daladier (28 votant pour, 9 s’abstenant), la CAP, les déféra devant le Conseil national du Parti les 4 et 5 novembre 1933. À l’appel de Paul Faure, le Conseil national exclut les orateurs d’Angoulême, avertit tous les autres indisciplinés, et imposa à tous les élus au parlement de prendre par écrit, avant le 20 novembre, un engagement de fidélité aux décisions du Parti. Les exclus et leurs fidèles constituèrent un Parti socialiste dissident, le Parti socialiste de France. Ainsi le Parti socialiste SFIO, et très largement par la volonté de Paul Faure que les exclus appelaient le « secrétaire de la scission », s’était allégé de son aile droite « participationniste ». Un proche avenir allait montrer que certains de ces dissidents n’avaient plus rien à voir avec le socialisme.

Si Paul Faure combattit sans concession ceux des socialistes qui souhaitaient une collaboration avec les partis de démocratie bourgeoisie, il fut tout aussi ferme envers tous ceux qui, sous une forme ou une autre prétendaient mener une action en liaison avec d’autres militants de gauche et avec des communistes. À ce Conseil national des 4 et 5 novembre 1933 qui se saisit de l’indiscipline des élus, il fit condamner la participation socialiste au « Front commun » antifasciste, d’hommes comme le député Georges Monnet*, Marceau Pivert alors un des animateurs de la « Bataille socialiste », et Périgaud, de l’« Action socialiste », l’extrême gauche du Parti. Paul Faure obtint également la confirmation par ce Conseil national de l’exclusion du Parti socialiste, déjà prononcée par la Commission nationale des conflits, des militants qui n’avaient pas obtempéré à l’ordre de quitter le « comité d’Amsterdam », organisation antifasciste d’initiative communiste. L’« Action socialiste » de Périgaud se solidarisa avec ces militants frappés et quitta le Parti socialiste. Ainsi l’extrême gauche socialiste favorable à l’unité d’action avec le Parti communiste quittait la SFIO à l’heure où cette unité d’action allait être imposée par les événements intérieurs. Il est vrai qu’en ce qui concerne Paul Faure, il a davantage subi cette unité d’action qu’il n’y a adhéré de cœur.

Gardien vigilant de la discipline dans l’action et de la pleine autonomie du Parti socialiste, Paul Faure le fut aussi de son idéologie, de sa doctrine. Quelle doctrine ? C’était au fond le marxisme schématisé et vulgarisé par Guesde et ses disciples, le « marxisme » tel que le professait Paul Faure lui-même et qu’il avait appris dans ces brochures de quelques sous qui l’avaient gagné au socialisme dans son adolescence. Les courants d’idées qui remettaient ou lui semblaient remettre en cause cette vulgate ne trouvaient pas grâce devant lui. Après le départ des « néosocialistes », il lui apparut, comme à Léon Blum d’ailleurs, que le courant dit « Révolution constructive » constituait une nouvelle déviation doctrinale. Un groupe de militants, intellectuels pour la plupart, influencés par le Parti ouvrier belge qui venait d’adopter le « plan » d’action d’Henri de Man, influencés par le Labour Party et aussi par la CGT gagnée au planisme, opposèrent au réformisme à la petite semaine comme à la vision révolutionnaire, l’idée d’un régime intermédiaire entre le capitalisme et le socialisme. Ils voyaient le vrai combat socialiste, non pas au Parlement mais dans l’action coopérative, syndicale et municipale. En vue du congrès national de Toulouse (mai 1934), ils se rapprochèrent du courant de la revue Combat marxiste et de son leader Lucien Laurat sur une motion dite « Offensive socialiste ». Paul Faure coupa les ailes de ce mouvement, en dénonçant l’idée d’un régime intermédiaire d’économie mixte comme entachée de révisionnisme. Les protagonistes de ce mouvement se rattachèrent, selon leurs tempéraments et affinités, à d’autres courants de pensée.

Plus grave, parce qu’il devait aboutir à une nouvelle scission, à gauche cette fois, fut le conflit entre la majorité et la direction du Parti d’une part et la Gauche révolutionnaire d’autre part. Paul Faure se montra tout aussi intransigeant. Devant le danger fasciste au-dedans et au-dehors, s’imposera l’unité d’action du Parti socialiste et du Parti communiste et l’idée d’une participation à la défense nationale contre une agression hitlérienne. Une partie de la « Bataille socialiste » derrière Marceau Pivert se constitua en une tendance « Gauche révolutionnaire », en mars 1935, avec le mot d’ordre : « La Révolution plutôt que la guerre. » La tendance toucha rapidement la plupart des Fédérations, souvent les plus dynamiques, et gagna la Fédération de la Seine dont Marceau Pivert devint le secrétaire général. Contre la « Gauche révolutionnaire », Paul Faure dressa le barrage des statuts, obtint la dissolution de la tendance organisée puis de la Fédération de Seine qui par tracts s’était adressée directement au Parti, il obtint le retrait de toute délégation à Marceau Pivert et à ses amis qui ne purent donc personnellement participer au congrès de Royan (juin 1938) où les leaders de la « Gauche révolutionnaire » furent exclus du Parti socialiste. Marceau Pivert pouvait à bon droit conclure dans le Bulletin intérieur du Parti socialiste ouvrier et paysan (PSOP) issu de cette scission, « nous avons été vaincus par l’appareil ». L’appareil c’était d’abord Paul Faure. Mais il agissait en ce domaine en accord avec Léon Blum, comme il l’avait toujours fait sur les grands problèmes de doctrine, de stratégie et de tactique. Il n’avait pas adhéré d’un même cœur à l’unité d’action avec le Parti communiste. Quand la guerre se profilera à l’horizon, Paul Faure se sépara de Léon Blum sur la conduite à tenir devant le danger.

Paul Faure avait toujours nourri depuis la scission de Tours des sentiments de vive hostilité à l’égard du Parti communiste. Minoritaire pendant la guerre, il souffrit des conditions de la scission, où il vit d’anciens camarades de tendance tel Frossard, protagonistes de l’adhésion à la IIIe Internationale, se soumettre à des conditions d’adhésion qui lui interdisaient l’entrée dans le nouveau Parti. Dans le travail de reconstruction du Parti socialiste, il se trouvait inévitablement en compétition avec le Parti communiste, d’autant qu’il prétendait se maintenir sur le même terrain. La lutte fut vive, sans merci, et ne put qu’aviver son anticommunisme. Aussi, lorsque le danger que les Ligues faisaient courir à la démocratie et au régime parlementaire culmina dans l’émeute du 6 février 1934 et que furent pris les contacts qui devaient conduire à l’unité d’action entre les deux partis ouvriers, Paul Faure fut-il plus que réticent. Il ne voulut pas ou ne put empêcher qu’elle se réalisât et il finit par s’y rallier, d’autant que, très vite, ce rapprochement élargi au radicalisme dans le Front populaire ne laissait plus le Parti socialiste en tête à tête avec le Parti communiste. Alors qu’il avait montré très peu d’empressement à participer personnellement aux prises de contact entre socialistes et communistes, c’est lui-même qui, avec Louis Lévy*, représenta le Parti socialiste au comité d’organisation de la manifestation du 14 juillet 1935, réuni au siège du Syndicat national des instituteurs. Ce rassemblement populaire conduisit à la victoire électorale de 1936 et à l’accession du Parti socialiste aux responsabilités gouvernementales. Paul Faure n’avait plus de raison de s’y refuser. Il ne s’agissait plus d’une participation socialiste minoritaire à un gouvernement bourgeois, mais d’un gouvernement à direction socialiste. La « surenchère » communiste qu’il avait toujours redoutée semblait moins dangereuse pour le Parti socialiste ; s’il ne participait pas au gouvernement, le Parti communiste se rangeait dans la majorité. Paul Faure lui-même appartint comme ministre d’État, non seulement au premier cabinet Léon Blum (mai 1936-juin 1937) et au second (1938) mais au cabinet Chautemps de 1937. Son titre disait assez qu’il était là en qualité de secrétaire général de la SFIO, assumant la liaison entre le gouvernement et le Parti. Il ne joua pas de celui-ci pour aiguiller ou embarrasser celui-là. Le 13 juin 1937, parlant à Lyon, deux jours après le rejet par le Sénat de la demande par Blum des pleins pouvoirs financiers, il déclara : « Nous ne songeons à nous passer ni du concours des communistes, ni de celui des radicaux… Si ces appuis nous restent fidèles, nous sommes décidés, nous socialistes, devant les difficultés financières qui peuvent devenir très aiguës, à demander au Parlement les moyens de briser le cercle de fer que les forces capitalistes serrent autour de nous. » Mais le combat ne fut pas engagé, le gouvernement démissionna, et Paul Faure, dans le cabinet Chautemps, resta ministre d’État. Sans suite aussi fut son discours au congrès socialiste de Marseille (juillet 1937), demandant une relance du Front populaire sur un programme de réformes de structure.

C’est le danger de guerre devenu plus pressant qui conduisit à la rupture entre Paul Faure et Léon Blum c’est-à-dire entre les deux hommes dont l’accord réel ou voulu avait, jusqu’ici, assuré l’unité du Parti socialiste et fixé les contours de la majorité dirigeante. De formation guesdiste, Paul Faure s’était écarté de cette tradition sur la question de la guerre ou de la paix qui se posa deux fois aux hommes de sa génération. Il hésita en 1914 avant de se rallier à l’union sacrée. Il se reprit dès 1915 en rejoignant le courant minoritaire pacifiste. Dans l’entre-deux-guerres, la lutte pour la paix et la dénonciation des fauteurs de guerre, furent ses thèmes de prédilection, dans le pays, au Parlement. Lorsque les menées hitlériennes firent peser une menace croissante sur la paix, il se rangea dans le courant pacifiste qui, au sein de la SFIO, réclamait des négociations avec l’Allemagne, et repoussait toute idée d’un coup d’arrêt. Au lendemain de la remilitarisation de la Rhénanie par Hitler en 1936, il écrivit qu’« il était insensé de croire qu’un grand pays de soixante millions d’habitants supporterait, dix-sept ans après la cessation des hostilités, la démilitarisation d’une partie de son territoire sous le contrôle du vainqueur… L’hypothèse en tout cas, que nous refusons d’admettre, c’est que la guerre puisse surgir du conflit diplomatique ouvert par le coup de théâtre de Berlin ». Il ne dissimulait pas sa méfiance à l’égard de la politique extérieure de l’URSS et, en conséquence, refusait toute coalition antifasciste avec elle. Tout un courant d’opinion le soutint dans le Parti socialiste et s’exprima dans l’hebdomadaire Le Pays socialiste, alors que Blum se fit de plus en plus le porte-parole de ceux qui préconisaient une politique de fermeté. La lutte fut vive entre les deux courants. Paul Faure qui avait été très circonspect à l’égard du pacte franco-soviétique, s’opposa à l’Union nationale que Blum voulut dresser contre le danger d’agression. Il accepta de grand cœur les accords de Munich que Blum subissait. Paul Faure qui combattit dans l’action de Marceau Pivert, le pacifisme révolutionnaire, se ralliait au pacifisme « munichois », dénonçant le « bellicisme » de ses antagonistes comme si l’on était revenu en 1915, comme si le socialisme se confondait avec la non-violence.

Pour la première fois depuis la scission de Tours, le Parti socialiste SFIO dut, au congrès de Montrouge, choisir entre Blum et Paul Faure, en décembre 1938. Outre 1 014 mandats réfugiés dans l’abstention, 4 322 optèrent pour la politique de résistance préconisée par Blum et 2 837 se prononcèrent pour la politique de concessions de la motion Paul Faure. La scission morale ne conduisit pas immédiatement à la rupture. Pour l’éviter, Paul Faure et Léon Blum se rapprochèrent au congrès de Nantes (mai 1939), sur un texte qui excluait l’idée d’union nationale mais reconnaissait la nécessité d’accords militaires. Paul Faure demeura secrétaire général du Parti, mais, la guerre venue, il resta hostile à la politique qui avait prévalu en son sein. Il ne quitta pas Paris devant l’invasion et ne participa pas au vote de Vichy, le 10 juillet 1940 où une majorité de députés socialistes, fidèles à ses positions capitulèrent devant l’ennemi du dedans et du dehors. Si le Parti socialiste, en tant que tel, ne joua pas d’abord un rôle dans la Résistance, c’est que Paul Faure avait d’avance déserté la lutte. Il accepta bientôt sa nomination par Pétain au Conseil national de l’État français.

Le congrès extraordinaire des cadres du Parti socialiste rénové, tenu à Paris du 9 au 12 novembre 1944, prononça son exclusion du Parti socialiste. Retiré à Arthies, petite village de Seine-et-Oise, il se survécut politiquement pendant seize ans. Le Parti socialiste démocratique qu’il anima ne joua aucun rôle et son organe La République Libre demeura un organe confidentiel. Paul Faure rejoignit ensuite sa Dordogne natale : après des obsèques intimes à Saint-Mamet, il fut enterré à Douville.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article23729, notice FAURE Paul, Émile. Pseudonyme : BROTTEAUX par Justinien Raymond, version mise en ligne le 23 novembre 2008, dernière modification le 21 février 2010.

Par Justinien Raymond

[Hubert-Rouger, Encyclopédie socialiste, op. cit.]
Caricature de Paul Faure en 1920
Caricature de Paul Faure en 1920
[OURS]

ŒUVRE : Le Bolchevisme en France. Farce et imposture, Librairie populaire, 1921, 64 p. — Le Socialisme dans l’action. Arguments et ripostes, Librairie populaire, 1928, 32 p. — Le Socialisme et la petite propriété, Librairie populaire, s.d., 20 p. — Le Problème du désarmement, Librairie populaire, 1932, 32 p. — « Les Cahiers de Huyghens », préface de J.-B. Séverac, La politique du Parti socialiste SFIO, 31 p., 1933. — Les marchands de canons contre la paix, Librairie populaire, 1936, 32 p. — Au seuil d’une Révolution, Limoges, Imprimerie Nouvelle, 1934, 291 p. — Si tu veux la paix…, ibid. , 1935, 281 p. — De Münich à la Ve République, Édition de l’Élan, 1958, 274 p. — La correspondance de Paul Faure, 1929-1935, au titre de la Bataille socialiste (n° 87, 105, 111) a été publiée par la revue L’OURS.

SOURCES : Arch. Ass. Nat., Dossier biographique. — La presse citée dans la biographie. — Le Pays Socialiste, 1939, directeur : Paul Faure. — Comptes rendus des congrès nationaux du Parti socialiste. — Confession de Barbasse (Mémoires de Moïse Teyssandier, militant syndicaliste, 1865-1940). — Tony Judt, La Reconstruction du Parti socialiste : 1921-1926, Presses de la Fondation nationale des sciences politiques (travaux et recherches de science politique : n° 39), 1976, 232 p., préface de Annie Kriegel. — Georges Lefranc, Le Mouvement socialiste sous la IIIe République, op. cit, et Histoire du Front populaire, op. cit. — Le Monde, 19 novembre 1960 et 16-17 avril 1961. — Jean Jolly, Dictionnaire biographique des Parlementaires français, t. V, p. 1663-1665. — Marc Sadoun, Les socialistes sous l’Occupation, FNSP, 1982. — Frank Georgi, La première « Bataille socialiste », Histoire et portrait d’une tendance dans le Parti socialiste, 1927-1935, mémoire de maîtrise, Paris I, 1983. — Thierry Hohl, « Paul Faure, secrétaire général du Parti socialiste SFIO (1921-1940), élément pour une biographie », Recherche socialiste, n° 19, juin 2002.

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