DUVERNOIS Eugénie [née MONEDERO Eugénie]

Par Nadia Ténine-Michel

Née le 21 septembre 1909 à Nice (Alpes-Maritimes), morte de 11 mai 1983 à Toulouse (Haute-Garonne) ; infirmière ; résistante ; militante communiste ; députée de Seine-et-Oise (1946-1958).

Eugénie Duvernois dans les années 1950
Eugénie Duvernois dans les années 1950
Assemblée nationale, Notices et portraits, 1956

Membre du Parti communiste depuis 1936, Eugénie Duvernois résidait à Vigneux (Seine-et-Oise, Essonne) où son mari Henri Duvernois était secrétaire de mairie et secrétaire de la section communiste et où elle était elle-même employée par la commune comme infirmière.
Elle prit une part très active à la Résistance : responsable sanitaire des FTPF ainsi que d’un comité de femmes à Paris et agent de liaison sous le pseudonyme de Viviane. Elle fut associée aux côtés de Lise Ricol-London* à une prise de parole au marché de la rue Daguerre, le 1er août 1942. Arrêtée en janvier 1944, elle fut déportée à Ravensbrück (Allemagne) puis Mauthausen (Autriche) et devait apprendre à son retour que son mari, révoqué, qui avait été condamné à cinq ans de prison par le tribunal militaire de Paris et qui était en fuite avait été arrêté et déporté à Mauthausen où il mourut le 10 avril 1944.

Dès sa libération, Eugénie Duvernois fut une militante communiste très en vue de Seine-et-Oise, la seule femme membre du secrétariat fédéral ayant à la fois des responsabilités au sein du parti et un mandat parlementaire. La seule aussi à rester membre de la direction fédérale après le remplacement à sa tête de Robert Ballanger* par Michel Vandel*.

En 1945, elle fut élue deuxième adjointe de Vigneux, puis maire le 9 août 1946 remplaçant Henri Charon, élu en 1935 et mort en déportation. Elle fut battue aux élections municipales de 1947 et 1953 à Vigneux et s’installa en 1955 à Villeneuve-Saint-Georges (Seine-et-Oise, Val-de-Marne). Candidate aux deux assemblées constituantes d’octobre 1945 et juin 1946, elle fut élue députée de la deuxième circonscription de Seine-et-Oise le 10 novembre 1946 ; elle fut réélue députée (en deuxième place sur la liste communiste) en 1951 et 1956 et intervint à l’Assemblée sur les questions sociales et la défense des déportés politiques.

Elle resta durant cette période membre de la direction du PCF de Seine-et-Oise : au bureau fédéral en 1945 et 1950, au secrétariat fédéral de 1951 à 1954, puis à nouveau au bureau fédéral jusqu’en 1957. Elle était en 1958 vice-présidente départementale du Secours populaire. En 1953, elle avait conduit la délégation des jeunes filles de Seine-et-Oise au festival mondial de la jeunesse à Bucarest (Roumanie).

Oratrice parfois passionnée, elle fut en 1958, comme la plupart des députés communistes, touchée par le changement de régime et de mode de scrutin : elle fut battue dans la treizième circonscription de Seine-et-Oise par l’UNR Armand Cachat. Elle se retira alors dans la région toulousaine

Elle était décorée de la Médaille de la Résistance et de la Croix du combattant volontaire de la Résistance.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article23590, notice DUVERNOIS Eugénie [née MONEDERO Eugénie] par Nadia Ténine-Michel, version mise en ligne le 25 octobre 2008, dernière modification le 26 novembre 2008.

Par Nadia Ténine-Michel

Eugénie Duvernois dans les années 1950
Eugénie Duvernois dans les années 1950
Assemblée nationale, Notices et portraits, 1956

SOURCES : Seine-et-Oise et Yvelines, I W 149, 957, 960, 962, 967, 1025, 1047, 1094, 1141, 1104 W 26, 97-98-100, 106. — Arch. comité national du PCF. — L’Humanité, 13 juin 1951. — Renaissance de Seine-et-Oise, 7 janvier et 25 mars 1950 ; 28 avril et 19 mai 1951 ; 25 avril 1952. — DPF, 1940-1958, op. cit. — Lise London, La mégère de la rue Daguerre, Le Seuil, 1995, p. 158, 160, 320, 396. — Témoignage de Michel Vandel, novembre 2002.

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