DUPONT Claude [DUPONT Jean, Claude]

Par Alain Dalançon, Jacques Girault

Né le 13 mai 1938 à Sées (Orne) ; professeur de lettres classiques puis principal de collège ; militant syndicaliste du SNES puis du SNPDEN ; militant socialiste du PSU puis du PS, adjoint au maire de Montargis (Loiret) (1977-1983), maire de Barneville-Carteret (Manche) (2001-2008).

Maire de Barneville
Maire de Barneville
(photo transmise par l’intéressé)

Fils d’une institutrice et d’un professeur de mathématiques engagé dans l’action mutualiste (président de la section départementale de la Mutuelle générale de l’Éducation nationale de l’Orne, puis de l’Union départementale des Mutuelles), tous deux sympathisants socialistes, Claude Dupont reçut les premiers sacrements catholiques. Après des études primaires et secondaires au lycée Alain à Alençon (Orne), il fut élève en hypokhâgne et khâgne aux lycées Henri IV à Paris (1956-1958), puis Lakanal (1958-1959) à Sceaux (Seine), réussit le concours de l’Institut préparatoire aux enseignements de second degré en 1959, et obtint une licence et un diplôme d’études supérieures de lettres à la Sorbonne en 1961. De 1960 à 1963, il fut secrétaire national des étudiants du Parti socialiste unifié, responsable des questions syndicales et de la formation.

Reçu au certificat d’aptitude au professorat de l’enseignement public de second degré de Lettres classiques en 1962, il effectua son stage au centre pédagogique régional l’année suivante puis accomplit son service militaire comme soldat de 2e classe à l’École militaire préparatoire de Tulle (Corrèze), de septembre 1963 à août 1964, puis au camp de Satory (Yvelines, Seine-et-Oise) jusqu’en février 1965. Il se maria religieusement en avril 1968 à Bouc-Bel-Air (Bouches-du-Rhône) avec une professeure agrégée d’Allemand. Le couple eut deux garçons qui ne furent pas baptisés.

Claude Dupont fut initié en 1968 à la franc-maçonnerie (Grand Orient de France) à la loge de Montargis (Loiret), ville où il avait été affecté en 1965 professeur certifié au lycée en Forêt qui resta son établissement jusqu’en 1984. Cousin de Paul-Louis Letonturier, militant comme lui au PSU et au Syndicat national de l’enseignement secondaire, il figura comme candidat sur la liste A (« autonome ») pour l’élection à la commission administrative nationale en 1966, fut élu membre suppléant de la première CA du nouveau Syndicat national des enseignements de second degré, puis membre titulaire en 1967. Il signa avec Jacques Guyard d’une part et avec Jean-Jacques Marie et Pierre Roy (pour la tendance « École émancipée ») une tribune libre dans L’Université syndicaliste (n° 20, avril 1967) pour justifier le système des tendances. Il écrivit ensuite régulièrement dans le bulletin de tendance « Unité, indépendance et démocratie » des militants du SNES.

Après 1968, il devint un des principaux jeunes militants de cette tendance, devenue minoritaire dans le SNES, siégeant au bureau national de 1969 à 1975 avec Jacques Estienne, Christian Brard*, Armand Burlin et Pierre Gros. Il participa à la délégation du syndicat en voyage d’étude en Tchécoslovaquie en septembre 1970 ; insatisfait du compte rendu que la direction « Unité et Action » publia, il fit circuler un contre-rapport. Il intervenait souvent dans le domaine des libertés pour critiquer les positions des majoritaires, ce qu’il fit notamment lors du congrès de la Fédération de l’Éducation nationale de 1973, estimant qu’il fallait « être pris au sérieux quand nous proclamons que le socialisme n’est pas la bureaucratie mais l’épanouissement des libertés ». Il ne figura qu’en 19e position lors de l’élection de la CA en 1975, sur la liste « UID », conduite par Jacques Estienne mais ne fut pas élu, car il s’était investi surtout dans le militantisme politique.

En 1970-1971, Claude Dupont exerça la responsabilité de secrétaire de la fédération du Parti socialiste du Loiret, puis celle de secrétaire de la section de Montargis jusqu’en 1980. Il signa le Manifeste « École et socialisme » le 23 février 1973. Il conduisit une liste socialiste aux élections municipales de Montargis en 1977, qui arriva en seconde position au premier tour derrière celle conduite par Max Nublat, instituteur communiste ; au second tour, les deux listes fusionnèrent, ce qui permit la victoire inattendue de la liste d’union de la gauche ; de 1977 à 1983, Claude Dupont fut donc adjoint au maire de Montargis et président du district de l’agglomération.

Il se porta également candidat aux élections cantonales à Montargis en 1973 ; en 1979, il se présenta dans le même canton en concurrence avec Max Nublat et, bien que se retirant au 2e tour, ce dernier fut battu. Il se présenta aussi trois fois aux élections législatives dans la 4e circonscription de Montargis-Gien contre Xavier Deniau, l’inamovible député de 1962 à 2002 : en 1973, candidat FGDS, il obtint 8 010 voix sur 65 421 inscrits ; en 1978, candidat du PS, une nouvelle fois concurrent de Max Nublat à gauche, il obtint 11 204 voix au 1er tour sur 77 225 inscrits et, bien que se retirant au 2e tour, le communiste fut battu ; en 1981, il ne réussit toujours pas à battre Xavier Deniau.

Claude Dupont devint ensuite principal du collège de Vernouillet (Eure-et-Loir), de 1984 à 1988, et secrétaire départemental du Syndicat national des personnels de direction de l’Éducation nationale. De 1985 à 1990, il fut secrétaire de la section socialiste de Vernouillet, et était le collaborateur de Jean Poperen*, de 1988 à 1990.

Après avoir été détaché au Ministère de la Jeunesse et des Sports, chargé de l’insertion des jeunes par le sport (1990-1994), il redevint principal des collèges de Palaiseau (Essonne) de 1994 à 1997, puis Modigliani à Paris (XVe arr.) jusqu’à sa retraite en 2000.

Il fut alors élu maire de Barneville-Carteret (Manche) en 2001 et ne se représenta pas en 2008. Dans cette station balnéaire d’un peu plus de 2 000 habitants, attractive mais vieillissante, située dans une région de rare emploi, il s’employa à créer des emplois pérennes en s’appuyant sur le potentiel touristique (doublement du port de plaisance, aménagement d’une zone d’activité maritime, d’un casino, logement d’une trentaine de familles d’agents travaillant pour l’EPR à Flamanville, aménagement de zones permettant l’accession à la propriété à des prix abordables, développement du logement social).

Claude Dupont collaborait régulièrement dans les années 2000 aux publications de l’Office universitaire de recherche socialiste.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article23385, notice DUPONT Claude [DUPONT Jean, Claude] par Alain Dalançon, Jacques Girault, version mise en ligne le 25 octobre 2008, dernière modification le 3 janvier 2019.

Par Alain Dalançon, Jacques Girault

Maire de Barneville
Maire de Barneville
(photo transmise par l’intéressé)
Au congrès du SNES de 1974

ŒUVRE : Présentation de Chalette-sur-Loing. Deux siècles d’images, Association « Pour l’information des Chalettois », 1976. — Girodet. Dessins du musée, Montargis, 1983.

SOURCES : Arch. IRHSES (CA, congrès, L’Université syndicaliste). — Arch. de la DAVCC (Caen). — Arch. comité national du PCF.— Presse syndicale. — Presse politique. — Renseignements fournis par l’intéressé. — Notes de Claude Pennetier et de Michel Kister.

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