DUPIN André

Par Janine Olmi

Né le 5 avril 1922 à Pont-Saint-Vincent (Meurthe-et-Moselle), mort le 23 février 2006 à Neuves-Maisons (Meurthe-et-Moselle) ; sidérurgiste à l’aciérie de Neuves-Maisons (1946-1981) : militant communiste ; secrétaire du syndicat CGT de l’usine, et animateur de l’union locale dans les années 1970 ; maire adjoint de Neuves-Maisons.

André Dupin qui vit le jour à Pont-Saint-Vincent au printemps de l’année 1922, était fils et petit-fils de sidérurgiste. À quatorze ans, à la sortie de l’école primaire, il fut embauché aux chaussures André de Nancy et prit sa première carte CGT au cœur du mouvement social de 1936, rejoignant dans une première expérience syndicale, les millions d’autres travailleurs fraîchement syndiqués. Le jeune André participa aux manifestations aux côtés de son père. Il fut membre des Jeunesses socialistes.
En 1946, au retour du STO sous férule allemande, imposé par l’occupant, André Dupin entra aux Aciéries de Neuves-Maisons. Il y resta durant trente-cinq ans. C’est en 1949 que commença sa carrière syndicale. Délégué du personnel, il fut élu au Comité d’entreprise de 1951 à 1978 où le mandat s’arrêta pour cause de préretraite. Durant ce mandat, ses compétences en matières sociales le portèrent à la fonction de secrétaire du Comité central d’Entreprise au sein de ce trust englobant 40 000 salariés.
Au sein des structures syndicales, André Dupin exerça les mandats de secrétaire de la section d’entreprise, animateur de l’Union locale entre 1968 et la mi-temps des années 1970, membre de la commission administrative de l’union départementale à partir des années 1966, ainsi que de la Fédération de la Métallurgie.
En 1951, il adhéra au Parti communiste, et y exerça des responsabilités électives, bien que l’essentiel de sa vie militante soit absorbée par la CGT. À ce titre, il fut parti prenante de tous les combats, notamment d’une grève de 65 jours aux fours à coke avec occupation survenue en 1953. Dans une interview à L’Est républicain en 1985, il rappelait avec malice que « c’était une vraie bagarre ! On couchait à l’usine et on guettait la soupe des ingénieurs pour la faucher ». Son engagement pour la classe ouvrière fut suffisamment déterminé pour lui valoir treize lettres de menaces de licenciement durant sa carrière professionnelle.
Convaincu des limites de l’action syndicale, le cégétiste Dupin pensait que les combats devaient être relayés par l’action politique et élective. Membre de la direction fédérale sud puis du bureau après la scission de 1966, le communiste Dupin était encore parmi l’équipe fédérale en 1978 au temps de la préretraite. Représentant le PCF aux élections législatives, il effectua trois mandats d’élu municipal à Pont-Saint-Vincent, et à Neuves-Maisons où il exerça la fonction d’adjoint au maire à partir de 1977 jusqu’en 1983.
En 1978, le sidérurgiste devint préretraité. Mais il resta actif au syndicat en créant la Section des Retraités de Neuves-Maisons. Il fut élu membre du bureau national de l’union fédérale des retraités des métaux en qualité de pionnier de sections de retraités dans sa branche d’industrie. En 1981, il solda sa carrière de sidérurgiste. L’âge légal du départ à soixante ans à taux plein fut voté en 1982.
Le retraité André Dupin commença « une vie nouvelle » riche de tous les loisirs qui n’avait pu exercer lors de sa vie laborieuse. Fervent de pétanque, il gagna de nombreux concours au club local.
À ses obsèques, le 25 février 2006, la présence de ses camarades et amis de l’usine, de l’union des retraités, du Parti communiste, mais aussi de la CFDT et du syndicat SIDESTAM, souligna l’estime pour « la figure emblématique de la CGT qui a consacré sa vie aux sidérurgistes de Neuves-Maisons » selon la chronique locale de L’Est Républicain.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article23373, notice DUPIN André par Janine Olmi, version mise en ligne le 25 octobre 2008, dernière modification le 3 juillet 2019.

Par Janine Olmi

SOURCES : Arch. du syndicat de Neuves-Maisons conservées par Jean-Pierre Bronner militant actif de la CGT. — Témoignages de Pierre Lamy, Joëlle Raoult (Atelier de la mémoire de Neuves-Maisons), Michel Raoult conseiller municipal de Neuves-Maisons, René Pommier (Animateur de la section des retraités de Meurthe-et-Moselle). — L’Est Républicain.

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