DUPAS François, Henri

Par Alain Dalançon, Jacques Girault

Né le 2 octobre 1884 à Féchain (Nord), mort le 1er mars 1947 à Poix-du-Nord (Nord), enterré à Féchain le 6 mars 1947 ; professeur ; militant socialiste et syndicaliste du SNEPS puis du SNCM.

Fils de Pierre Joseph Dupas et de Charlotte Dominique, cabaretiers à Féchain, François Dupas fut élève-maître à l’École normale d’instituteurs de Douai (Nord) de 1902 à 1905. Après avoir été instituteur quelques mois à Faumont, il effectua une quatrième année à l’École normale d’instituteurs de Nancy (Meurthe-et-Moselle) en 1905-1906. Outre le brevet supérieur, il acquit le certificat d’aptitude à l’enseignement des travaux manuels. Nommé instituteur adjoint à l’EPS de La Flèche (Sarthe) en 1906-1907, il entra à l’École normale supérieure (sciences) de Saint-Cloud (1907-1909). Il se maria en août 1909 avec une institutrice. Le couple eut quatre enfants. Toujours instituteur adjoint à l’EPS de Bohain (Aisne, 1909-1912), il enseignait les mathématiques et les sciences.

François Dupas, membre du groupe socialiste de Bohain en 1911, appartenait à la commission d’organisation et de direction de L’Aurore sociale, paraissant à partir de mai 1911, où son nom figurait en tête, et participa à l’organisation d’une manifestation contre les retraites ouvrières et contre la loi de 3 ans. Le directeur de l’EPS le critiqua, d’autant que le journal contenait des articles le visant, s’appuyant aussi sur une plainte de la municipalité au sujet de l’organisation de la section industrielle à l’EPS.

L’inspecteur général demanda des sanctions si les fautes étaient avérées, tandis que l’inspecteur d’Académie demanda de ne pas renouveler sa délégation. François Dupas se défendit, affirmant, lettres du conseiller général et du secrétaire de la section socialiste à l’appui, qu’il avait quitté le groupe socialiste en juillet 1911, qu’il ne pouvait avoir participé au comité d’organisation de la manifestation, puisqu’il passait un concours à Paris et qu’il n’était pas à l’origine des articles contre la direction de l’école, et que le journal avait cessé de paraître en juillet 1911.

Ayant obtenu le certificat d’aptitude « sciences appliquées » au professorat dans les écoles normales et les EPS en 1912, il fut nommé professeur à l’EPS d’Albert (Somme). Exempté du service militaire en 1905 pour raison médicale, son exemption fut maintenue en décembre 1914 et à nouveau en avril 1917. Il fut détaché à partir de 1916, jusqu’à la fin de la guerre, à l’EPS de Chalon-sur-Saône. En 1919, il obtint à la faculté de Dijon un certificat de mathématiques et fut nommé professeur à l’EPS Jules Ferry de Douai, chargé de l’enseignement des mathématiques dans la classe préparatoire aux Arts et Métiers. Professeur de sciences appliquées à partir de 1930, il prit sa retraite au collège moderne de Douai en novembre 1946.

François Dupas militait à l’Association amicale des fonctionnaires des EPS de France et des colonies, et en était le délégué académique en 1920. Il gravit rapidement tous les échelons, de membre du bureau national (1920-1923) chargé de représenter les régions libérées, il devint secrétaire adjoint de 1922 à 1925 puis secrétaire général de 1925 à 1931, le président étant Bontoux de Marseille de 1922 à 1931.

Il fit voter en 1931 la transformation de l’amicale des EPS en syndicat et l’adhésion à la CGT. Mais il défendit le refus d’associer le syndicat à l’abstention des examens en 1931, conformément à la décision de la Fédération générale de l’Enseignement, ce qui entraîna une vive altercation avec Ludovic Zoretti, secrétaire fédéral, et la menace d’exclusion de son syndicat de la fédération. Aux élections internes à la direction nationale de1931, sa liste fut battue par celle de l’opposition menée par Alcée Marseillan. Dupas resta néanmoins secrétaire du SNEPS du Nord jusqu’à la fin des années 1930. Il redevint membre du BN à partir de 1937 quand Gustave Pacquez devint secrétaire général, chargé du secrétariat corporatif des professeurs, puis chargé du bulletin à partir du congrès de 1938. Il se prononça pour la motion Delmas à la CCN de la CGT du 21 septembre 1938 dans sa section départementale.

En 1940, François Dupas, pris comme otage par les Allemands, fut incarcéré durant plusieurs mois. Il fit partie des réseaux en lien avec Pierre Neumeyer. À la Libération, il fut adjoint au maire socialiste de Douai. Il retrouva sa place dans le bureau du nouveau Syndicat national des collèges modernes, dont il avait fait partie du bureau clandestin à partir d’avril 1944. Il resta toujours gérant du bulletin. Il fut élu titulaire du Comité consultatif de l’Enseignement du second degré en mars 1945, il était membre des représentants permanents.

Militant laïque convaincu, François Dupas était aussi actif dans les œuvres d’éducation populaire, le mouvement coopératif.

Une rue porte son nom à Douai.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article23363, notice DUPAS François, Henri par Alain Dalançon, Jacques Girault, version mise en ligne le 25 octobre 2008, dernière modification le 18 janvier 2018.

Par Alain Dalançon, Jacques Girault

SOURCES : Arch. Nat, F/ 17 25181. — Arch. Dép. Nord (Etat civil et registres matricules) — Bulletins du SNEPS et du SNCM, Hommages par R. Ringot secrétaire du S2 du Nord du SNCM et de G. Pacquez dans le Bulletin du SNCM de 1947.

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