DUNAND Joseph, Émile

Par Jean Reynaud

Né le 12 avril 1922 à Montmélian (Savoie), mort le 21 octobre 1980 à Marseille (Bouches-du-Rhône) ; professeur ; résistant ; militant socialiste et syndicaliste (courant « Unité et Action ») du Syndicat national de l’enseignement secondaire et de la Fédération de l’éducation nationale.

Joseph Dunand
Joseph Dunand
Etats généraux du SNES en 1967

Fils d’agriculteurs-teinturiers, Joseph Dunand, après ses études secondaires, entama des études de médecine avant d’entrer en khâgne. Il participa à la Résistance en Savoie. Dès octobre 1942, alors élève en khâgne au lycée de Grenoble (Isère), il devint instructeur ; en juillet 1943, il monta au maquis puis redescendit comme chef de trentaine à Montmélian ; d’août à octobre 1944, il participa aux combats contre les Allemands en Maurienne, au pied du col du Petit-Saint-Bernard. Il obtint pour cela la Médaille de la Résistance. D’octobre 1944 à février 1945, il fut aspirant à l’école militaire d’Uriage, puis participa à la libération de l’Alsace et à l’occupation de l’Allemagne.

Reprenant ses études, Joseph Dunand fut biadmissible à l’agrégation de philosophie. Il enseigna d’abord le français, le latin et le grec au lycée Carnot de Tunis de 1947 à 1956. Il était alors adhérent du Parti socialiste SFIO, très critique envers le Parti communiste ; mais il fut l’un des dix professeurs de son lycée à faire grève en décembre 1947 et vota pour le maintien à la CGT au référendum interne au SNES en février 1948.

Rentré en métropole quand la Tunisie accéda à l’indépendance, il fut muté à Marseille où il enseigna la philosophie au lycée Pierre Puget (1956-1959) puis au lycée Périer (1959-1980). Devenu agrégé par promotion interne, il enseigna en parallèle à l’Université d’Aix en Provence, où il était chargé de cours.

Secrétaire départemental des Bouches-du-Rhône (liste B) du SNES (classique et moderne), dans les années 1960, Joseph Dunand devint co-secrétaire académique du nouveau Syndicat national des enseignements de second degré (classique, moderne, technique), avec Jean Reynaud, secrétaire académique (UASE) du Syndicat national de l’enseignement technique et secrétaire départemental de la FEN (Bouches-du-Rhône), à la suite des élections à la commission administrative académique de décembre 1966 gagnées par la liste Unité et Action contre celle des Autonomes conduite par l’ancien secrétaire académique du SNES, Jean-Marie Lecœuvre. Il demeura ensuite au secrétariat académique jusqu’à son décès.

Membre de la CA nationale du SNES (classique et moderne) sur la liste « B » depuis 1964, Joseph Dunand participa activement aux réunions de la commission préparatoire à la fusion SNES-SNET, puis devint un membre Unité et Action influent de la CA du SNES unifié, de 1966 à 1975. Militant du bureau de la section départementale de la FEN, il participa à de nombreux congrès du SNES et de la FEN. Élu du SNES aux commissions paritaires, au Conseil académique, son rayonnement lui donnait une grande efficacité. Choisi comme avocat par Roger Leroy et Josette Laplace, professeurs, qui, sur la lancée de 1968, avaient refusé d’être inspectés, il joua un rôle décisif pour empêcher la révocation demandée par le recteur devant le Conseil académique d’Aix-Marseille.

Il participait au groupe de travail de l’Association des professeurs de Philosophie, et militait à la Fédération des conseils de parents d’élèves.

Il n’hésita pas à s’engager dans les débats politiques : membre du comité Audin contre la torture en Algérie ou plus tard, candidat en 1977, sur la liste d’Union (socialistes dissidents, communistes...) conduite par Daniel Matalon, contre Gaston Defferre, aux élections municipales de Marseille.

Joseph Dunand épousa, en décembre 1946 à Montmélian, Marguerite André, née à Saïgon le 8 août 1922, successivement professeure d’enseignement ménager à Paris, institutrice puis libraire à Marseille ; il eurent quatre enfants.

Il fut inhumé le 22 octobre 1980 à Montmélian. La section académique s’inclinait « devant la mémoire d’un camarade qui a beaucoup fait pour l’autorité, le rayonnement, l’efficacité du SNES parce qu’il s’était mis résolument au service des jeunes, au service de l’École, au service des aspirations populaires à plus de justice, à plus de démocratie ».

Marguerite Dunand était en maison de retraite en 2007.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article23356, notice DUNAND Joseph, Émile par Jean Reynaud, version mise en ligne le 25 octobre 2008, dernière modification le 18 janvier 2018.

Par Jean Reynaud

Joseph Dunand
Joseph Dunand
Etats généraux du SNES en 1967

SOURCES : Arch. S3 d’Aix, arch. IRHSES (congrès SNES, L’Université syndicaliste). — Éléments transmis par son épouse et ses enfants.

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