DUFFOUR Michel, Élie

Par Jacques Girault

Né le 8 novembre 1940 à Paris (XIIe arr.) ; instituteur ; dirigeant communiste de Seine-et-Oise puis des Hauts-de-Seine ; conseiller général des Hauts-de-Seine (1967-1973, 1998-2004) ; sénateur (1997-2000) ; secrétaire d’État chargé du patrimoine et de la décentralisation culturelle (2000-2002).

[Sénat]

Fils d’un inspecteur des PTT, sympathisant communiste, Michel Duffour, après avoir fréquenté le lycée Charlemagne à Paris, puis celui de Saint-Germain-en-Laye (Seine-et-Oise, Yvelines), obtint le baccalauréat « philosophie » au lycée de Nanterre (Seine, Hauts-de-Seine). Inscrit à la Faculté des lettres, surveillant d’externat au lycée Marcel-Roby de Saint-Germain-en-Laye, il devint instituteur en Seine-et-Oise, successivement à Meudon (1962-1963), à Rueil-Malmaison (1963-1964), à Bezons (1964-1966), puis à nouveau à Rueil à partir de septembre 1966. Adhérent du Syndicat national des instituteurs depuis son entrée dans la profession, il se maria en juillet 1962 à Rueil avec une institutrice puis directrice d’école maternelle. Le couple habita Rueil jusqu’en 1990 et eut deux enfants.

Michel Duffour adhéra au Parti communiste français en 1959, devint membre du comité de la section communiste de Rueil en 1962, puis fut secrétaire de cette section de 1964 à 1969. Membre du comité de la fédération communiste des Hauts-de-Seine en 1968, il suivit les cours de l’école centrale du PCF d’un mois en août 1966 à Choisy-le-Roi. Devenu permanent du parti en septembre 1968 pour suivre l’activité politique à l’Université de Paris X-Nanterre et parmi les enseignants, lors de la conférence fédérale de 1970, il entra au secrétariat fédéral. Il conserva cette responsabilité pendant cinq ans, responsable des intellectuels, puis, à partir de 1972, de la propagande. Il suivit les cours de l’école de quatre mois à Viroflay au printemps 1971.

Permanent au comité central du PCF en septembre 1975, membre du comité central lors du 22e congrès en 1976, Michel Duffour y fut constamment réélu jusqu’à sa transformation en comité national dont il resta membre. Il collabora à la section des intellectuels avec la responsabilité du travail du parti en direction des enseignants sous la responsabilité de Jacques Chambaz*. Sur décision du bureau politique, le 28 septembre 1979, ce secteur fut réorganisé. Il devint l’adjoint du nouveau responsable des intellectuels et de la culture, Guy Hermier, tout en demeurant responsable du secteur enseignement avec René Maurice. En juin 1982, il quitta ces responsabilités pour devenir premier secrétaire de la fédération des Hauts-de-Seine en remplacement de Pierre Sotura, fonction qu’il garda jusqu’en janvier 1998. Il demeura par la suite membre du comité fédéral.

Sur le plan local, Michel Duffour, candidat communiste aux élections cantonales dans le canton de Rueil, en 1967, arriva en tête des candidats de gauche au premier tour avec 4 628 voix avant de l’emporter avec 6 934 voix. Il participa à la quatrième commission (Enseignement, problèmes culturels, jeunesse et sports). En 1973, à nouveau candidat, en deuxième position avec 3 867 voix, il ne retrouvait pas son siège, échec qui se renouvela en 1979 où il obtint successivement 3 879 puis 7 408 voix. Aux élections municipales de Rueil en 1971 et en 1977, il conduisait les listes de gauche.

Candidat aux élections législatives dans la 8e circonscription des Hauts-de-Seine (Rueil-Saint-Cloud) en 1967, Michel Duffour arrivait en tête des candidats de gauche avec 9 958 voix sur 54 734 inscrits et était battu au deuxième tour, avec 16 959 voix. En 1968, il obtenait successivement sur 53 295 inscrits, 8 956 et 13 823 voix. En 1973, en troisième position avec 8 938 voix sur 58 858 inscrits, il se désistait pour le candidat socialiste. À nouveau candidat en 1978, le même scénario se reproduisait, avec 8 648 voix sur 70 249 inscrits. La presse, lors de ces deux élections, soulignait le recul des pourcentages de voix communistes. Il fut à nouveau candidat en juin 1981 aux élections législatives de la circonscription de Rueil.

Michel Duffour, qui habitait Nanterre au début des années 1990, devint conseiller municipal de cette ville en mars 1989 sur la liste d’union de la gauche à direction communiste. Il devint adjoint au maire chargé des affaires culturelles. Pendant son mandat, se réalisa la Maison de la musique. Réélu simplement conseiller municipal en 1995, il ne se représenta pas en fin de mandat en 2001.

Figurant en seconde position sur la liste communiste derrière Jacqueline Fraysse pour les élections sénatoriales en septembre 1995, il la remplaça comme sénateur quand cette dernière devint député en 1997 et participa à la commission des lois constitutionnelles, de législation, du suffrage universel, du règlement et de l’administration générale dont il fut le vice-président. Élu conseiller général du canton Nanterre-Sud-Ouest en mars 1998, il participa à la commission « culture, jeunesse et sports » de l’assemblée départementale. Il ne se représenta pas en 2004.

Michel Duffour entra au gouvernement fin mars 2000 comme secrétaire d’État chargé du patrimoine et de la décentralisation culturelle. Cette nomination visait à associer plus étroitement le Parti communiste à la gestion des affaires et coïncidait avec la nomination de Laurent Fabius dans le gouvernement. La presse assura qu’il s’agissait d’un rééquilibrage imaginé par la direction du Parti socialiste pour diminuer l’influence de Fabius. Duffour fut chargé de la mise en place de protocoles de décentralisation culturelle, de la préparation des lois sur l’archéologie préventive et sur les Établissements publics de coopération culturelle, assura le maintien par vote du statut de l’intermittence. Il rapporta dans un colloque sur les nouveaux territoires de l’art (friches et lieux alternatifs).

Membre du bureau national du PCF en 1997 à la suite d’un remaniement de la direction, il fut réélu au collège exécutif du Parti communiste lors du congrès de Martigues, en mars 2000, marquant la victoire de la « mutation » initiée par Robert Hue. Animateur du travail sur le projet communiste, il rapporta sur ce thème au 31e congrès en octobre 2001 et devint président du conseil national de 2003 après le non-renouvellement de R. Hue à la présidence. Il la quitta en mars 2006 tout en conservant une forte influence dans la direction communiste, comme président de la commission des conflits.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article23208, notice DUFFOUR Michel, Élie par Jacques Girault, version mise en ligne le 25 octobre 2008, dernière modification le 11 novembre 2015.

Par Jacques Girault

[Sénat]

SOURCES : Arch. comité national du PCF. — Presse nationale. — Divers sites Internet. — Renseignements fournis par l’intéressé.

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