DUBOIS Jeanne [née COLETTE Jeanne]. Dite parfois COLLETTE.

Par Jacques Girault

Née le 3 septembre 1916, à Tourcoing-la-Marlière (Nord) ; ouvrière du textile ; dirigeant de l’UJFF dans le Nord ; agent de liaison clandestin de la direction du PCF et de l’Internationale communiste (1939-1940).

Fille d’un ouvrier métallurgiste d’origine wallonne et d’une ouvrière du textile d’origine flamande, habitait Neuville-en-Ferrain (Nord) à partir de 1923. Ses parents étaient des sympathisants communistes. Après avoir obtenu le Certificat d’études et suivi les cours du collège Sévigné à Tourcoing, pendant un an, elle commença à travailler dans une biscuiterie, puis entra comme ouvrière pelotonneuse à l’usine textile Desrousseaux qui employait sa mère. Au début de 1936, elle adhérait aux Jeunesses communistes et, en juin 1936, au Parti communiste.

Mariée en octobre 1937 avec Siméon Leroy, militant communiste, elle habitait Lille et travaillait dans une filature d’Hellemmes (Laurent Dufour). Organisatrice des Jeunes filles de France, déléguée au congrès constitutif de l’Union des Jeunes filles de France en 1937, à Paris, elle devint secrétaire départementale de l’organisation. Après son retour du congrès national du Parti communiste à Arles, en décembre 1937, elle était licenciée. Jusqu’à la guerre, elle participa à la constitution des comités de l’UJFF et aux diverses actions de solidarité en direction des républicains espagnols.

À partir de septembre 1939, avec son mari, elle contribua à la réorganisation clandestine du Parti communiste en liaison avec Martha Desrumeaux*. Elle fut chargée de la liaison avec la Belgique et disposa de planques, notamment à La Madeleine, à Lille et à Bruxelles. Au début de 1940, son père était arrêté comme communiste et emprisonné à Loos. Il s’évada en mai 1940 lors d’un bombardement pendant l’attaque allemande. Avec son père, elle assura alors à partir de juin 1940 des liaisons entre Paris et Bruxelles pour le compte du Parti communiste et de l’Internationale communiste. Elle entra dans la clandestinité avec son mari, après l’arrestation le 26 août 1941, de M. Desrumeaux.

À la Libération, secrétaire départementale de l’Union des Femmes françaises, elle était conseillère municipale de Lille. Ayant repris son travail à l’usine, elle fut déléguée syndicale de la Lainière de Roubaix et siégea au Comité d’entreprise. Par la suite, elle devint secrétaire du syndicat CGT du textile de Fives-Hellemmes.

Après une activité artisanale et commerciale à Tourcoing (1956-1971), elle vint habiter Sains-du-Nord en 1977. Épouse d’Alfred Dubois, elle était en 1983, trésorière de la section communiste et adjointe au maire de Sains. Secrétaire du comité de Maubeuge et environs de l’ANACR, elle était membre du comité national de cette organisation.

Chevalier de la Légion d’honneur à titre militaire, elle était en 2009 présidente d’honneur du PRCF 59 (Pôle de renaissance communiste en France).

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article23050, notice DUBOIS Jeanne [née COLETTE Jeanne]. Dite parfois COLLETTE. par Jacques Girault, version mise en ligne le 25 octobre 2008, dernière modification le 3 janvier 2010.

Par Jacques Girault

SOURCES : Renseignements fournis par l’intéressée. — Francis Crémieux, Jacques Estager, Sur le Parti 1939-1940, Temps actuels, 1983 (voir en particulier son témoignage sur les liaisons avec Bruxelles, p. 142-143).

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