DREYFUS Georgette [épouse GUÉGUEN Georgette, dite GUÉGUEN-DREYFUS Georgette]

Par Claude Pennetier

Née le 26 mai 1892 à Brest (Finistère), morte le 7 octobre 1973 à Tulle (Corrèze) ; journaliste et écrivain ; militante communiste ; résistante.

Georgette Guéguen-Dreyfus
Georgette Guéguen-Dreyfus
Cliché Martine Garcin

Originaire de Nantes, Georgette Guégen-Dreyfus était l’épouse de Georges Dreyfus*. Tous les deux vinrent habiter en région parisienne, à Athis-Mons puis à Draveil, au début des années trente. Militants à partir de 1931, ils entrèrent officiellement au Parti communiste à la fin de l’année 1932 puis furent membres de l’AEAR et des Amis de l’Union soviétique.

Georgette Guégen-Dreyfus était liée à Hélène Parmelin et Édouard Pignon. L’Humanité publia en feuilleton son roman intitulé Tu seras ouvrier, édité en 1935, qui étudie l’influence du milieu, dans la veine du réalisme socialiste. Deux camarades d’école vivent, l’un dans un environnement petit bourgeois et l’autre dans une famille ouvrière. Le premier, programmé pour être ingénieur, prédit à son ami « tu seras ouvrier ». La traduction du livre en russe et sa publication leur permirent de passer plusieurs mois en URSS vers 1936. Georgette Guégen-Dreyfus y resta pendant le séjour de son mari en Espagne dans le rang de Brigades internationales.

Georges Dreyfus ayant été mobilisé en septembre 1939, elle travailla comme professeur de français dans l’enseignement public. Maroussia Naïtchenko, qui fit alors sa connaissance, la décrit comme une femme, sans enfant, sensible et attentive aux autres, l’encourageant à écrire et à mettre en valeur ses qualités de dessinatrice.

La débâcle ayant conduit Georges Dreyfus à Châteauroux (Indre), elle le rejoignit, participa à la Résistance et même au maquis. Georges fut tué en mission le 30 août 1944 près de Châteauroux. En janvier 1945, Georgette Guéguen-Dreyfus se rendit dans la poche de Saint-Nazaire.

Elle dirigea le secrétariat du Front national dans l’Indre, fut journaliste et publia un ouvrage sur la Résistance dans l’Indre et la vallée du Cher, basé sur la mise en forme de témoignages.

Président de l’Union des femmes françaises de Corrèze, elle vécut à Tulle et y mourut le 7 octobre 1973 à Tulle, dans sa maison des Fages.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article22969, notice DREYFUS Georgette [épouse GUÉGUEN Georgette, dite GUÉGUEN-DREYFUS Georgette] par Claude Pennetier, version mise en ligne le 25 octobre 2008, dernière modification le 5 décembre 2017.

Par Claude Pennetier

Georgette Guéguen-Dreyfus
Georgette Guéguen-Dreyfus
Cliché Martine Garcin

ŒUVRE : Tu seras ouvrier, Éditions sociales internationales, collection « Horizons du roman international », 1935, illustrations (gravures sur bois) de Frans Masereel ; une des éditions sera préfacée par Romain Rolland. — Résistance Indre et vallée du Cher, Éd. sociales, 1970-1972 ; 2e édition publiée par l’ANACR en 1984. — Femmes de peine, Éd. de l’État à Moscou. — P’tit Bébert, Éd. de la Jeune Garde. — Et la Seine fut barrée, Sagittaire, 1946. — La vie romancée des mariniers de la Seine.

SOURCES : Cahiers de l’Institut Maurice Thorezr, n° 23, 3e trimestre 1971. — Fernand Grenier, Ce Bonheur-là, p. 142-143. — M. Jouanneau, L’organisation de la Résistance dans l’Indre, Franconville, 1975. — Georgette Guégen-Dreyfus, Résistance Indre et vallée du Cher, op. cit. — Maroussia Naïtchenko, Une jeune fille en guerre. La Lutte antifasciste d’une génération, Témoignage, Imago, 2003, p. 156-157. — Site « draveil-resistance.com » (notes de Martine Garcin).

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