DÉTRAVES Guillaume [DÉTRAVES Lucien, Antoine, Guillaume]

Par Robert Balland, Jean Maitron, Claude Pennetier

Né le 26 novembre 1887 à Sarlat (Dordogne), mort le 20 juin 1971 à Paris (XVIIIe arr.) ; inspecteur divisionnaire ; déporté à Auschwitz, puis à Buchenwald (Allemagne) ; militant socialiste SFIO ; conseiller municipal (1928-1941, 1945-1958) et maire (1930-1941, 1945) de Houilles (Seine-et-Oise, Yvelines) ; député (1945-1946).

Fils d’un employé de recette, Guillaume Détraves fit ses études au collège de Sarlat (Dordogne) et vint à Paris, à l’âge de dix-sept ans, pour préparer une licence de droit. Le groupe des étudiants collectivistes fondé par Jean Longuet* reçut son adhésion en 1904. Titulaire de la licence en juillet 1907, il partit au service militaire puis travailla, jusqu’en 1913 comme clerc d’huissier à Paris. De retour dans le Sud-Ouest, Guillaume Détraves entra aux chemins de fer de l’État et s’inscrivit à la section socialiste de Saintes (Charente-Inférieure), mais la déclaration de la Première Guerre mondiale en août 1914 provoqua son incorporation dans un régiment d’infanterie. Présent dans la Somme, à Verdun, en Argonne, il combattit pendant toute la guerre et obtint la croix de guerre avec palme et la Légion d’honneur. La guerre terminée, Guillaume Détraves milita à la section socialiste d’Asnières (Seine), mais, après le congrès de Tours (décembre 1920), découragé par la division, il se retira pendant plusieurs mois. Ce n’est qu’à la fin de l’année 1922 qu’il revint à la politique active en aidant à la reconstitution d’une section socialiste à Asnières qui le présenta aux élections municipales de mai 1925. Installé à Houilles (Seine-et-Oise) en 1926, il prit aussitôt le secrétariat de la section socialiste locale. Élu conseiller municipal lors d’une élection partielle en 1928, réélu en mai 1929 et nommé troisième adjoint au maire, il accéda à la première magistrature municipale après la démission du maire. Le Parti socialiste le présenta aux élections législatives du 1er mai 1932 dans la 1re circonscription de Versailles (Argenteuil). Il recueillit 2 366 voix sur 31 080 inscrits et 26 558 votants et se retira en faveur du communiste Gabriel Péri (7 930 voix) qui fut élu au second tour (12 222 voix). C’est Weber qui représenta le Parti socialiste dans cette circonscription en avril 1936.

Mobilisé en 1939 comme capitaine de réserve, Guillaume Détraves commanda la compagnie de réservistes de Saint-Denis (Seine). Le gouvernement de Vichy le révoqua de son mandat électif en 1941. Entré dans la Résistance en 1941 (réseau Jade Fitzroy), il participa à la reconstruction du Parti socialiste. Il fut arrêté par les Allemands à Paris le 29 novembre 1943, interné à Fresnes puis à Compiègne, déporté en Allemagne le 27 avril 1944, à Auschwitz puis à Buchenwald le 30 septembre 1944 et libéré par les Américains le 11 avril 1945. Son fils aîné Jean Détraves (né le 9 janvier 1913, ingénieur des mines) avait été lui aussi arrêté par les Allemands le 20 mai 1944 et déporté à Buchenwald. Il mourut d’épuisement le 21 avril 1945 en Tchécoslovaquie.

Guillaume Détraves retrouva son mandat de maire, mais ne fut plus que conseiller municipal d’Houilles de mai 1945 à 1958. Élu député socialiste SFIO de Seine-et-Oise (1re circonscription) à la première Assemblée nationale constituante en octobre 1945, il fut vice-président de la commission des transports. À la seconde Assemblée nationale constituante qui siégea de juin à novembre 1946, il appartint à la commission de la Constitution. Le Groupe socialiste le désigna pour siéger à la Haute-Cour de Justice le 21 juin 1946. En tant que député, il œuvra en faveur des nationalisations. Max Lejeune le prit comme chef de cabinet au secrétariat d’État aux Anciens combattants de décembre 1946 à février 1947, et Paul Ramadier le chargea de mission au cabinet du président du conseil de février à septembre 1947. Il assura la fonction de secrétaire administratif du groupe socialiste à l’Assemblée nationale de septembre 1947 à septembre 1948 avant de siéger à l’Assemblée de l’Union française de 1948 à 1958. Membre du bureau fédéral de Seine-et-Oise en 1946 et 1947, de la commission exécutive en 1954, il quitta la SFIO en 1960 pour rejoindre le Parti socialiste unifié (PSU).

Guillaume Détraves s’était marié en avril 1911 à Paris (XIVe arr.) avec Jeanne Cousinou.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article22586, notice DÉTRAVES Guillaume [DÉTRAVES Lucien, Antoine, Guillaume] par Robert Balland, Jean Maitron, Claude Pennetier, version mise en ligne le 25 octobre 2008, dernière modification le 28 novembre 2008.

Par Robert Balland, Jean Maitron, Claude Pennetier

SOURCES : Arch. Dép. Seine-et-Oise, 2 M 30-34. — Arch. de l’OURS, correspondance Basses-Pyrénées, dossier biographique. — Profession de foi pour les élections d’octobre 1945. — Bulletin fédéral de la Seine-et-Oise, 1946-1947. — Le Monde, 25 juin 1971. — Notice DBMOF. — Dictionnaire des parlementaires français, op. cit. — Rapports des congrès de la SFIO, 1944-1967. — Notes de Gilles Morin. — État civil.

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