DESCAMPS Paul, Gaston

Par Daniel Grason, Alain Petit

Né le 6 mars 1903 à Bruay-en-Artois (Pas-de-Calais), fusillé le 5 novembre 1942 à Arras (Pas-de-Calais) ; houilleur à la Compagnie des mines de Bruay ; militant communiste à Bruay-en-Artois ; résistant FTPF.

Fils d’Henri, marqueur, et de Saviny, née Petit, Paul Descamps vivait 32 rue du Brésil dans sa ville natale. Il épousa Jeanne Dugarin le 12 novembre 1927 et eut un fils, Henri. Il était déjà militant communiste, actif propagandiste, lorsqu’il rallia le Parti communiste clandestin fin août 1939. Il prit part à l’organisation de la grande grève des mineurs de mai-juin 1941 à Bruay, en relation avec Charles Debarge et Eugène Lespagnol.
Recherché par la police, il prit la fuite le 10 avril 1942, et devint clandestin après la perquisition de son domicile par les Allemands qui le recherchaient pour sabotages sur les chemins de fer, détention de munitions. Il fut alors recruté par Henri Bodelot, responsable « P » [politique] du secteur ; lorsque ce dernier fut arrêté, Paul Descamps le remplaça.
Membre des FTP, il participa à de nombreuses actions dont les plus spectaculaires furent l’attaque de la voiture des Mines de Lens qui transportait la paie des ouvriers le 9 avril 1942 ou l’attaque de la cantine allemande à Bruay. Les Allemands arrêtèrent son épouse Jeanne pour faire pression sur le fugitif. Jeanne Descamps fut dès novembre 1942 emprisonnée à Bruxelles, Aix-la-Chapelle, Jauer, puis Aichach d’où elle fut libérée le 29 avril 1945.
Hébergé par Gustave Gauthier, Paul Descamps fut arrêté le 19 août 1942 vers 6 heures avec Julie Caron chez les époux Gauthier à Haisnes-lez-la-Bassée (Pas-de-Calais), par des policiers d’Harnes et des gendarmes de Cambrin. Détenus au commissariat, tous les deux furent livrés à la Gestapo. Deux fois condamné à mort par contumace, il comparut le 22 octobre 1942 devant le tribunal 670 de la Feldkommandantur d’Arras. Il fut condamné à mort pour « activité bolcheviste, sabotage, détention d’armes », et Julie Caron à deux ans de prison. Il fut passé par les armes le 5 novembre 1942 dans les fossés de la citadelle d’Arras. La veille, Eugène Lespagnol avait été exécuté au même endroit.
Son fils Henri Descamps, gardien de la paix au commissariat de Montrouge (Seine, Hauts-de-Seine), s’adressa le 30 août 1945 au préfet de police du département de la Seine pour connaître les circonstances de l’arrestation de son père. En septembre et octobre furent auditionnés Julie Caron, Marguerite Renard et Gustave Gauthier. Selon les témoins, Paul Descamps était sous les ordres de Charles Debarge. Sur le procès-verbal du 22 octobre 1945, Gustave Gauthier déclara n’avoir « aucun soupçon quant aux dénonciations » dont ils avaient « fait l’objet ».
Le nom de Paul Descamps figure sur le mur des fusillés de la citadelle d’Arras et sur la plaque commémorative des morts de 1939-1945 apposée dans la mairie de Bruay.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article22423, notice DESCAMPS Paul, Gaston par Daniel Grason, Alain Petit, version mise en ligne le 25 octobre 2008, dernière modification le 18 septembre 2019.

Par Daniel Grason, Alain Petit

SOURCES : Arch. Dép. Pas-de-Calais : M 5022/2, 1Z677. – Arch. PPo. 1W 0408. – DAVCC, Caen, B VIII dossier 3 (Notes Thomas Pouty). – Jean-Marie Fossier, Zone interdite, op. cit. – FMD, Livre-Mémorial, op. cit. – Mémorial GenWeb. – État civil, Bruay-en-Artois (Bruay-la-Buissière).

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