ARNAUD Antoine, Jules, dit Arnault

Né le 20 avril 1831 à Lyon (Rhône), mort le 18 septembre 1885 ; employé de chemin de fer, puis rédacteur à la Marseillaise de Henri Rochefort ; membre de l’Internationale ; délégué au Comité central de la Garde nationale pour le IIIe arrondissement ; élu membre de la Commune de Paris.

Après avoir fait d’assez bonnes études, Antoine Arnaud fut employé, d’avril 1859 à mars 1870, à la Compagnie du chemin de fer PLM et résida un temps à Limoges (Haute-Vienne). À partir de 1869, il vécut à Paris, fréquenta les réunions publiques, prit souvent la parole et collabora à la Marseillaise où il entreprit une campagne contre les administrations des chemins de fer. Il fut alors révoqué.

Affilié à l’Internationale, il était président d’une section. Il fut un des fondateurs, dans le IIIe arr., de la Ligue de Défense à outrance, 23-25 novembre 1870. Délégué, en octobre 1870, au Comité central de la Garde nationale pour le IIIe arr., il en fut un des membres les plus actifs jusqu’à mi-avril 1871. Il figura parmi les signataires de l’Affiche rouge - 6 janvier 1871 - proclamation au peuple de Paris pour dénoncer la faillite du gouvernement du 4 septembre et qui se termine par les mots : « Place au peuple ! Place à la Commune ! » (Voir Armand Ansel).

Arnaud, qui est qualifié par Clère (cf. Les Hommes de la Commune) « un des membres les plus estimés dans l’Internationale », se présentait alors ainsi : « De taille moyenne, il portait toute sa barbe et mettait des lunettes. Il semblait réservé, méfiant et avait la mine d’un conspirateur. »

Arnaud fut élu, le 26 mars, membre de la Commune par le IIIe arrondissement (8 912 voix). Avec Ulysse Parent, il fut secrétaire de séances jusqu’au 11 avril (cf. Procès-Verbaux de la Commune, t. I, p. 8, et t. II, p. 17). Il fit partie de la Commission des relations extérieures (29 mars) chargée d’entretenir des relations amicales avec les communes de France et les divers États, et de la Commission des services publics (21 avril). Il fut élu en tête des cinq membres du comité de Salut public, le 1er mai 1871. Il signa souvent avec Charles Amouroux comme secrétaire de séance.

Après la défaite de la Commune, Arnaud réussit à gagner Londres en septembre 1871.

Par contumace, le 4e conseil de guerre le condamna à mort le 13 octobre 1874, et le 5e conseil, le 23 novembre de la même année, lui infligea vingt ans de travaux forcés, la dégradation civique et 5 000 F d’amende.
À Londres, Arnaud fit partie de la commission administrative de la Société des réfugiés de la Commune qui comprenait avec lui Jean-François Berton, Lapie (voir Désiré Lapie), Alphonse Mongin, Armand Moreau, la commission de contrôle étant composée de Georges Bertin, Garnier (voir Jean Garnier) et Henri Mortier (cf. L’Union démocratique, quotidien français paraissant à Londres, 31 août 1872). Il fut admis, le 21 novembre 1871, au Conseil général de l’Internationale avec ses amis blanquistes Frédéric Cournet et Gabriel Ranvier et signa en cette qualité la 3e édition française de la Guerre civile en France.

Arnaud fut délégué au congrès de l’Internationale tenu à La Haye, 2-7 septembre 1872, où il représenta la section de Carouge (Genève). Il vota les pleins pouvoirs au Conseil général, mais se prononça contre le transfert de son siège à New York. Avec ses amis blanquistes, il se retira de l’Internationale sans abandonner l’action, et signa la brochure Internationale et Révolution. De Londres, en octobre 1879, il adressa, avec un groupe de communards exilés, ses encouragements aux participants du congrès ouvrier de Marseille (cf. c.r. du congrès, p. 378-386).
Le 7 juillet 1880, L’Égalité publiait une lettre d’Antoine Arnaud protestant contre les erreurs et calomnies d’un récent article du journal Le Gaulois. Il habitait alors au 176 Blackfriars Road, à Londres. Il rentra à Paris quelques jours plus tard.

Marié, père d’un enfant, Antoine Arnaud mourut le 18 septembre 1885 et fut enterré civilement. Il était alors un des vice-présidents de la « Ligue de l’intérêt public ». Charles Longuet prononça un discours à ses obsèques, discours en partie reproduit dans la Revue socialiste, n° 10, octobre 1885.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article224, notice ARNAUD Antoine, Jules, dit Arnault, version mise en ligne le 30 juin 2008, dernière modification le 26 avril 2019.

ŒUVRE : Internationale et Révolution. À propos du Congrès de La Haye, Londres, 1872, in-16, 16 p. Brochure signée par Antoine Arnaud, Frédéric Cournet, Édouard Marguerittes, Constant Martin, Gabriel Ranvier, Édouard Vaillant (Bibl. Nat., Lb 57/3756).

SOURCES ET BIBLIOGRAPHIE : Arch. Nat., BB 24/850, n° 7519. — Arch. Min. Guerre, 4e conseil. — Procès-Verbaux de la Commune de 1871 édités par Georges Bourgin et G. Henriot, t. I, 1924, t. II, 1945, Paris, STHVP. — J. Clère, Les Hommes de la Commune, Paris, Dentu 1872. — Karl Marx, La Guerre civile en France, Paris, 1925. — La Première Internationale sous dir. J, Freymond, 2 vol. Genève, Droz, 1962. — Archives Bakounine, vol. II, IISG, Leiden, 1965. — L’Intransigeant, 21 septembre 1885. — La Revue socialiste, octobre 1885. — Le Conseil général de la 1re Internationale. Minutes, vol. 4, Moscou 1965. — Notes de J. Chuzeville.

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