DEROIDE Émile

Par Jean-Pierre Bonnet

Inspecteur à l’Exploitation ; secrétaire général adjoint de la Fédération des cadres en 1938 ; résistant ; cheminot ; président de l’Union Nord (1951-1955) ; membre du bureau de la Fédération des cadres (1947-1955).

Entré au chemin de fer à la Compagnie du Nord, Émile Deroide fit toute sa carrière dans le service Exploitation et arriva à la retraite comme inspecteur divisionnaire. Militant actif de la Fédération des cadres et responsable de la Région Nord, il fut dans les années 1930 l’un des plus ardents partisans de l’unité avec les autres organisations de cheminots. Au congrès de juin 1934, il demanda que l’on précise les modalités d’une unité d’action, qui lui paraissait souhaitable et inévitable dans la conjoncture du moment. Il renouvela ses propositions au congrès de 1935. En juin 1938, lorsque fut enfin acquise l’entrée à la CGT réunifiée, il devint secrétaire général adjoint de la Fédération des cadres.
Président du syndicat des cadres du Nord, Émile Deroide prit position en 1940 pour le maintien de la présence du syndicalisme dans la situation nouvelle. Parallèlement il entra très tôt dans la Résistance, d’abord dans la région de Douai (Nord) puis dans celle d’Hirson (Aisne). Menacé d’arrestation en 1943, il quitta le Nord, traversa clandestinement la France et l’Espagne et gagna Alger, où il se mit au service du Comité français de Libération nationale. Cette action lui valut en février 1945 d’être décoré de la médaille de la Résistance. Dans le prolongement de son engagement à Alger, Émile Deroide fut en 1945 membre du cabinet de René Mayer, ministre des Travaux publics.
Revenu au syndicalisme en 1947, il retrouva ses fonctions au bureau de l’Union Nord, dont il devint vice-président en mai 1949, puis président en mai 1951. Il conserva cette fonction jusqu’en 1955. Parallèlement il fut vice-président de la Fédération des cadres au titre de l’Union Nord de juin 1951 à 1955 et siégea au comité mixte professionnel Exploitation comme premier délégué titulaire de la Fédération de juillet 1949 à 1955. Durant toutes ces années, il continuait à fournir des contributions régulières à la presse fédérale, s’exprimant volontiers sur la stratégie syndicale. Émile Deroide, qui avait été le pionnier de l’unité syndicale chez les cadres dans les années 1930, recommandait maintenant la plus grande prudence dans le rapprochement avec les autres organisations.
Il quitta la vie active et les responsabilités syndicales en 1955.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article22368, notice DEROIDE Émile par Jean-Pierre Bonnet, version mise en ligne le 25 octobre 2008, dernière modification le 25 octobre 2008.

Par Jean-Pierre Bonnet

SOURCES : Comptes rendus des congrès fédéraux. — Les cadres des chemins de fer. — Jacques Mallet, président de la FMC de 1983 à 1997, Esquisse d’une histoire de la Fédération des cadres, inédit. — Notes de Georges Ribeill.

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