DENIS Alphonse, Léon

Par Claude Pennetier

Né le 5 mars 1906 à Limoges (Haute-Vienne), mort le 19 avril 1997 à Limoges ; ouvrier porcelainier puis employé de commerce ; membre de la première et de la seconde Assemblée nationale constituante (Haute-Vienne) ; député communiste de la Haute-Vienne (1946-1958).

Alphonse Denis était fils d’un typographe et d’une porcelainière. Titulaire du certificat d’études primaires, il devint apprenti puis ouvrier en chaussures. En suivant les cours du soir, il put se faire embaucher comme employé de commerce puis comme voyageur de commerce. Il adhéra au Parti communiste en 1934 et milita à la Fédération nationale des VRP de la CGT à partir de 1936.
Mobilisé de l’été 1939 à l’été 1940, il entra par la suite dans l’action clandestine au titre du PCF, de la CGT puis du Secours populaire français. Membre du comité de coordination des mouvements et réseaux de résistance limousine, il prit l’initiative d’une manifestation silencieuse à Limoges le 12 octobre 1942 contre le premier départ pour l’Allemagne dans le cadre du travail obligatoire. Son action alla bien au-delà de la Haute-Vienne et toucha notamment la Dordogne. Il fut responsable du Front national en Languedoc, lieutenant-colonel de FFI et secrétaire du Comité régional de Libération. Il obtint la médaille de la Résistance
Fondateur du journal Valmy, organe du Front national, devenu L’Écho du Centre, et conseiller municipal de Limoges, Alphonse Denis fut élu à la première Constituante, le 21 octobre 1945, en seconde place sur la liste du PCF menée par Marcel Paul*. Il fut réélu le 2 juin 1946 et le 10 novembre 1946 à la première Assemblée législative de la IVe République. Il resta à l’Assemblée nationale à l’issue des élections du 27 juin 1951, malgré la loi sur les apparentements qui défavorisait le Parti communiste. Réélu le 2 janvier 1956, il perdit son siège en 1958.
Alphonse Denis avait été membre de la commission de la justice, de la commission des affaires économiques et de la commission du ravitaillement dans la seconde Assemblée. Il fut également juré à la Haute-Cour de justice. Il joua un rôle actif lors du procès des responsables du massacre d’Oradour-sur-Glane ; il manifesta des doutes sur l’incorporation forcée des Alsaciens dans l’armée allemande et, en 1955, s’indigna de l’amnistie accordée aux Alsaciens condamnés pour ce drame.
Alphonse Denis n’intervint dans la crise ultime de la IVe République que par un soutien à la révision constitutionnelle du 27 mai 1958 et un vote contre le général de Gaulle les 1er et 2 juin 1958.
Son nom disparut du bureau fédéral communiste en 1961 mais il resta membre du comité fédéral jusqu’en 1968 au moins. Il était alors permanent, conseiller général, secrétaire départemental du Secours populaire, vice-président de l’ANACR et responsable de l’association des élus.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article22262, notice DENIS Alphonse, Léon par Claude Pennetier, version mise en ligne le 25 octobre 2008, dernière modification le 25 octobre 2008.

Par Claude Pennetier

SOURCES : Arch. comité national du PCF. — DPF 1940-1958, op. cit.

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